Côte d’Ivoire : un différend entre Arafat et Asalfo réveille les vieux démons

En Côte d’ivoire, depuis la crise qui a conduit à la chute de Laurent Gbagbo grâce notamment à l’aide des français, la tension ne semble pas avoir baissé d’intensité. En effet, tout porte à croire qu’Alassane Dramane Ouattara n’a pas réussi à réconcilier le peuple ivoirien, malgré ses promesses.

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Et pour cause, un différend entre artistes semble réveiller les vieux démons. De quels artistes s’agit-il? Asalfo du populaire groupe Magic System, et DJ Arafat, l’un des plus grands chanteurs du pays, plusieurs fois récompensé à l’étranger. En effet, à la faveur du retour de la BAD en Côte d’Ivoire, les autorités du pays ont décidé d’organiser un concert géant pour célébrer cet événement. C’est ce concert qui est à l’origine de la discorde entre ces deux artistes. 

Dj Arafat reprochant à son aîné, comme il l’appelle, de l’avoir écarté du show sans raisons valables. Ce que Asalfo a nié en vain; le premier affirmant détenir des preuves contre le second. Il n’en a pas fallu plus pour que la toile s’enflamme et se divise en deux camps bien distincts : ceux qui soutiennent Arafat et ceux qui penchent du côté d’Asalfo de Magic System. Mais cette polarisation vite été pollué par les débats sur Gbagbo et Ouattara. Certains internautes rappelant le fait qu’au plus fort de la crise, sous la présidence de Laurent Gbagbo, le même Asalfo (qui est originaire du Burkina Faso) avait refusé de participer à des événements invitant les artistes à promouvoir la réconciliation nationale. Pourtant, dès la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara, il a accepté de participer à des événements similaires. Même si les deux protagonistes n’ont pas débordé sur ce terrain-là, les fans n’ont pas hésité à le faire, créant depuis plusieurs jours une situation de tension quasi-quotidienne sur la toile ivoirienne. Il faut aussi dire que les pro-Gbagbo reprochent à Asalfo d’être venu soutenir son frère Ouattara, essayant d’écarter les artistes qui ne lui plaisent pas. Pour la plupart, ils ont ressorti les origines burkinabe du chanteur, lui demandant de respecter son pays d’accueil. Du côté des soutiens d’Asalfo, on parle de haine inutiles contre des citoyens du pays, tout simplement parce qu’ils ne seraient pas favorables à l’ancien président.

Cette polarisation du débat socio-politique, qui ne date pas de la période Gbagbo, mais de celle d’Henri Conan Bédié montre l’échec de la politique de réconciliation nationale tant prônée par Alassane Ouattara. Un échec visible non seulement sur le plan de la justice nationale ivoirienne qui ne juge que des pro-Gbagbo, mais aussi sur le plan de la justice dite internationale qui ne fait pas mieux. Ces échecs successifs et le refus de les reconnaître comme tels entraînent une situation de polarisation malsaine du débat socio-politique en Côte d’Ivoire, pendant que, hélas, les politiciens en place continuent de se voiler la face. 

On ne sait qui d’Arafat ou d’Asalfo ont raison, mais on sait d’où vient ce débat, et ce que les autorités en place peuvent faire pour tenter d’y mettre fin…

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