An 1 de Talon: Un premier anniversaire de pouvoir la queue entre les jambes

An 1 de Talon: Un premier anniversaire de pouvoir la queue entre les jambes

Le gâteau d'anniversaire de l'an 1 de leur accession au pouvoir a un goût plutôt amer pour Patrice Talon et ses ministres

An un de Talon: Un an d’affairisme au sommet de l’Etat

Un an après l’entrée en fonction du chef d’Etat, l’euphorie et l’espoir suscités par  son élection commencent à laisser place à un sentiment d’insatisfaction et d’incompréhension, voire de désolation. Et le régime du “nouveau départ” passe mal le premier anniversaire de son accession au pouvoir. Tableau.

Le gâteau d’anniversaire de l’an 1 de leur accession au pouvoir a un goût plutôt amer pour Patrice Talon et ses ministres. Le régime de la Rupture pour un “nouveau départ” ne pouvait pas recevoir le coup de massue à un plus mauvais moment. Réunie en plénière mardi 04 avril, à deux jours du premier anniversaire, l’Assemblée Nationale béninoise a rejeté la recevabilité du projet de révision de la Constitution du président de la république. Le vote du rapport de la commission des lois s’est soldé par 60 voix pour, 22 voix contre et 1 abstention.

Le projet n’a pas reçu l’adhésion des 3/4 des membres du Parlement, soit 63 députés, nécessaire pour être pris en considération, selon la constitution. Dans la soirée de ce mardi 04 avril, le président Talon échouait ainsi, en premier coup d’essai, à passer la réforme centrale de son projet de société. Thème phare de sa campagne présidentielle, le chef d’Etat béninois a fait de la révision de la constitution une priorité de sa première année d’exercice du pouvoir.

Dans ce projet, le gouvernement a subi un double revers. Avant ce vote contre la recevabilité, les députés avait rejeté moins de deux semaines plus tôt, le 24 mars, la demande d’étude du dossier en procédure d’urgence, telle que signifiée dans la lettre de transmission à l’Assemblée Nationale. Et pourtant, le gouvernement avait l’assurance que le topo se jouerait en sa faveur au Parlement.

« Il y a un aspect sans doute d’imprévisibilité que nous n’avons pas pris en compte. Nous étions très assurés de ce nous obtiendrons les ¾ », a confié le ministre de la Justice Joseph Djogbénou à Rfi ce jeudi.

Une semaine avant cette déculottée au Parlement, le président Patrice Talon était lâché par l’un de ses plus importants soutiens politiques. Candide Azannai, ministre délégué à la défense nationale, démissionnait du gouvernement à cause des « derniers développements de l’actualité politique dans notre pays »; notamment le processus de réforme constitutionnelle. En novembre 2016, son grand allié politique Sébastien Ajavon, se séparait de lui suite à une affaire de 18 kg de cocaïne retrouvés dans un conteneur destiné à son entreprise Cajaf Comon.

Après une semaine de garde à vue, le roi de la volaille, troisième au premier du tour de la présidentielle de mars 2016 avec 23% des voix, tout juste derrière Talon, avait été relaxé par la justice « au bénéfice du doute ». Le chef du patronat ivoirien criait au complot politique. « Je m’éloigne de la gestion du pouvoir. Je ne sais pas s’il faut appeler cela faire de l’opposition. Cela ne veut pas dire que je vais critiquer systématiquement tout ce que Patrice Talon fera. Si ce sont de bonnes choses, je le dirai, sinon je le dénoncerai », prévenait, dans les colonnes du journal Le Monde, mi-novembre 2016 celui qui avait appelé à voter pour Talon huit mois plutôt.

Pour bon nombre d’observateurs, le divorce Talon-Ajavon est le résultat d’une stratégie visant à mettre à l’écart un allié trop encombrant. La démission de Candide Azannai est perçue comme la preuve d’un malaise profond au sein de l’équipe gouvernementale. Mais surtout, la conduite du processus de révision de la Constitution a permis au régime de Talon de se rendre compte du sentiment général d’insatisfaction et de colère dans le pays. Malgré la communication du pouvoir, le projet de réforme a fait l’objet de vives contestations et est désavoué par les milieux de la société civile, les syndicats, la communauté universitaire ainsi que des leaders politiques ayant contribué à l’avènement du régime.

Mesures fortes, réformes courageuses

Et pourtant, durant les premières semaines de gouvernance, Patrice Talon et son gouvernement avaient multiplié des actions très applaudies. Il s’est employé à corriger certaines déviances héritées du régime défunt. Actions fortes: la suppression de concours frauduleux d’entrée à la fonction publique, l’abrogation de plusieurs décrets à visée électoraliste pris à la veille de l’élection présidentielle, la suppression d’institutions jugées budgétivores, la suppression de certains postes jugés contre-productifs dans les cabinets ministériels, la réduction du nombre de portefeuilles ministériels, la désignation des chef lieux des 06 nouveaux départements et la nomination des préfets…

Fallait-il être surpris par les mesures fortes du gouvernement Talon qualifiées « d’antinationales » et « d’antisociales » par l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb) ? Patrice Talon avait lui-même prévenu que son mandat unique de cinq ans serait « un mandat de transition et de réformes structurelles courageuses ». Seulement, certaines réformes du régime ont engendré des suppressions massives d’emplois. Selon l’ancien ministre d’Etat de l’économie et des finances de Boni Yayi, depuis son avènement, le régime Talon a supprimé plus d’emplois qu’il n’en a créés.  Le gouvernement est accusé de priver certaines familles de leurs sources de revenues à travers des opérations comme la « libération des espaces publics illégalement occupés ».

« C’est vrai qu’il y a la morosité économique. Le président a pris des mesures fortes pour remettre le pays sur les rails. Celles-ci ont aggravé la situation économique de certaines familles. Mais les effets positifs sur l’ensemble de la population se feront ressentir dans quelques années, peut-être même après le mandat de Talon », analyse un observateur de la vie publique béninoise.

Serrez-vous la ceinture, nous on mange

«Mes compatriotes qui ont fondé tant d’espoir dans mon élection, ont l’impression que les 7 mois qui viennent de s’écouler constituent déjà presque tout le mandat. Et c’est à raison qu’ils sont si impatients parce que nous manquons de tout », constatait le président Talon lors de son déplacement à Parakou en novembre 2016.

« Mais on a beau avoir faim, il n’est pas convenable de manger un plat mal préparé. Il est convenable d’avoir la patience d’attendre qu’il y ait les ingrédients. Que les ingrédients soient mélangés pour être portés au feu, que la sauce mijote et que le repas soit digeste. », a-t-il rassuré.

« Nous invitons le Président Patrice Talon et son gouvernement à faire en sorte qu’un délai soit accordé pour que la sauce ne dure longtemps à mijoter au feu, et que le repas ne soit prêt que lorsque la faim aurait pris le dessus sur nous tous», a réagi Gustave Assah, président du réseau Social Watch. « Il est également important de signaler au Président de la République et à son gouvernement, de veiller à ce que, pendant que d’autres attendent patiemment la sauce qui serait en train de mijoter, d’autres, par des raccourcis, ne se servent avant tout le monde », complète cet acteur majeur de la société civile béninoise.

« La vérité est que pendant que Talon demande aux Béninois de se serrer la ceinture, on a l’impression que ses amis hommes d’affaires et lui profitent du pays », renchérit sous anonymat un autre acteur de la société civile.

En moins d’un an de pouvoir, le Chef de l’Etat a pu repositionner dans les secteurs stratégiques de l’économie ses (anciennes) entreprises, qu’il a assuré avoir légué à ses proches (Usines Sodeco, Bénin Control, etc). Entre temps déchu par son prédécesseur et ennemi intime Thomas Boni Yayi, Patrice Talon est redevenu roi du coton et du port par procuration. Il se susurre dans certains milieux que ses proches étendent leurs tentacules dans d’autres secteurs d’affaires dont le cajou et la sécurité aéroportuaire.

Le 16 décembre 2016, par une cérémonie très scénique, le gouvernement a lancé au Palais de la présidence son programme d’action. Un « ambitieux programme » quinquennal de 9000 milliards Fcfa, dont la mise en œuvre permettra de « créer 500 000 emplois, de garantir l’accès à l’eau potable et aux soins de santé de base à tous ; et de révéler le Bénin aux Béninois et au monde ».

Dans une interview accordée à nos confrères de « Le Monde » en mai 2016, Patrice Talon exprimait son rêve d’être porté en triomphe par ses compatriotes au soir de son mandat unique.  A l’an un de son règne, rien ne présage de cela. Il est peut-être trop tôt pour apprécier. Mais une chose est évidente, Patrice Talon, ce « compétiteur né» obsédé par une la quête de la gloire personnelle, passe l’an 1 de son arrivée triomphale au pouvoir, dans un contexte éprouvant, d’échecs et de contestations

Commentaires

Commentaires du site 9
  • Avatar commentaire
    GbetoMagnon 7 mois

    Avis personnel: Ce tire n’a pas sa place dans les colonnes d’un journal qui occupe aujourd’hui la place de “lnt” dans l’espace médiatique béninois.

    “lnt” est devenue un media (Un mot n’intègre pas une langue avec les règles de grammaire de la langue d’origine. Donc pas “medium” mais “media”. Sinon il faudrait écrire un “album”, des “alba”, un “taleb”, des “taliban”, etc…).

    “lnt” donc, est devenue un media incontournable, dont l’audience appelle VRAIMENT, une élévation du niveau (fautes de grammaire, de frappe, adjectifs, etc…).

    La rançon de la gloire autrement dit.

  • Avatar commentaire
    aziz 7 mois

    Titre…de l’article…suspect..

    Talon la queue entre les jambes…???!!! dites vous

    On voit bien ses jambes..ça c’est sur..mais sa queue..là c’est une autre histoire

    Et je jure..qu’il n’a pas de queue….juste un petit truc de souris…

    meme joe..est plus doté d’attribut..que notre talon

    Pour etre direct…je dirai que la queue talon..ne cassera pas des briques

    • Avatar commentaire
      CODJO ATAKOUN 7 mois

      Le chien qui a peur, fuit la queue entre les jambes, mais Patrice Talon ? Que vient faire sa queue ici, même si c’est avec elle qu’il est en train de b.aiser le peuple béninois.

  • Avatar commentaire

    Le probleme des beninois, c est les beninois eux meme. On le constate depuis un moment a la nouvelle tribune. Triste

    • Avatar commentaire
      CODJO ATAKOUN 7 mois

      Vous avez oublié de dire que la solution ne viendra que des Béninois eux-mêmes lorsqu’ils seront prêts !

  • Avatar commentaire
    bito 7 mois

    La nouvelle tribune mon journal préféré devient progressivement ennuyeux, quand, je consulte le site, il n’y a que les articles anti-Talon, moi je ne suis pas un supporter de la rupture mais je me demande s’il n’y a plus d’autres informations, c’est simplement pour le plaisir de la lecture, je ne sais pas si la corruption à gagner le journal la nouvelle tribune, faite attention pour ne perdre votre crédibilité

    • Avatar commentaire
      CODJO ATAKOUN 7 mois

      Vous pouvez leur proposer des sujets ou des thèmes à traiter.

  • Avatar commentaire
    Alexjosel 7 mois

    STOP NOW!!!
    IL Y A DE LA MALHONNETETE INTELLECTUELLE DE QUELQUES UNS DES DETRACTEURS DE TALON…AVOUONS LE TOUT CE QU’IL A FAIT PENDANT CES DOUNERES MOIS N’EST PAS MAUVAIS.
    DU COURAGE MONSIEUR LE PRESIDENT!

    • Avatar commentaire
      Napoléon1 7 mois

      Vous appelez cela malhonnêteté intellectuelle de la part des détracteurs de Talon, quand bien même c’est vrai que le peuple a faim et désespéré et que lui pendant ce temps s’achète à lui-même une maison bâtie sur un domaine privé que l’Etat n’a pas mis à vendre, mais que lui a décidé d’acheter pour un patocle de près de 1 milliard (900.000.000 FCFA)? Partout dans la fonction publique, où ce ne sont pas ses amis ou les membres de son clan ou de sa clientèle qui sont employés, il supprime simplement par sa plume ses emplois là. Ikl en a supprimé des milliers d’emplois au ministère de l’Agriculture. Avec une fougue jamais connue au Béin, il cassé et brisé le Petit commerce et les affaires de fortune qui donnent à manger à des milliers des femmes et leur famille dans le pays, sans leur procurer une autre source de gsagne-pain. A quelle convenance, a-t-il voulu ainsi satisfaire?