BENOIT ILLASSA : Ambassadeur ou blogueur ?: «L’homme qu’il faut à la place qu’il faut» ?

BENOIT ILLASSA : Ambassadeur ou blogueur ?: «L’homme qu’il faut à la place qu’il faut» ?

Monsieur Benoît Illassa était un blogueur bien connu sur la place de Paris, où j’ai eu l’occasion de le croiser plus d’une fois.

Verbatim: Tous les députés ont reçu de l’argent selon Rosine Soglo

Avec sa nomination en conseil des ministres le 14 septembre 2016, en qualité d’Ambassadeur, Délégué permanent du Bénin près l’OIF à Paris, je croyais qu’il allait mettre entre parenthèses, ses activités sur son Blog (illassa-benoit.over-blog.com). Il n’en a rien été car, à ma grande surprise, je viens de lire un de ses billets qui remonte au 19 mars 2017, c’est-à-dire au plus fort des débats autour du projet de révision constitutionnelle porté par le Garde des Sceaux Joseph Djogbénou, et transmis à l’Assemblée nationale par le Gouvernement Talon.

Je me permets de reproduire intégralement le passage en cause : «Certains intellectuels  terroristes et marginaux (….). Certains de ceux qui s’autoproclament spécialistes de telle ou telle discipline devraient avoir la modestie de reconnaître que, scientifiquement, on attend encore leurs contributions universelles aux sciences juridiques, constitutionnelles, politiques et, en général, en droit public», pour dire qu’il y a de quoi s’y attarder, non pas parce que, d’entrée de jeu, M. Illassa a affirmé : «Oui, je suis pour le projet de la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 proposée par le Gouvernement du «Bénin» Révélé».

Mais auparavant, il y a lieu de relever une petite confusion dans le billet de notre ambassadeur qui attribue la paternité de la constitution de décembre 1990 au général Kérékou. Il se trompe d’époque puisque la constitution ou la Loi fondamentale d’août 1977  est celle du PRPB, tandis que la constitution de décembre 1990 est bien celle qui a institué le régime du Renouveau démocratique.

L’exégèse du texte du billet montre à souhait qu’il s’en est pris à certains des universitaires (juristes et / ou politologues) et aux vrais praticiens du droit que sont les magistrats, qui ont animé ou participé aux débats relatifs audit projet de révision, en montrant les faiblesses du document gouvernemental. Pour lui, leurs prises de position ou réserves ont fait d’eux des terroristes intellectuels et marginaux. Cette réaction fait penser au vieux principe judéo-chrétien selon lequel, qui n’est pas avec nous ou ne pense pas comme nous, est contre nous. Quel manichéisme de la part de l’Ambassadeur Illassa !

La téléologie du texte est claire. Notre compatriote se pose en défenseur du chef de l’Etat pour s’en prendre à quiconque oserait critiquer ses choix, toute chose permise en régime démocratique. Rien que par ce texte, l’intéressé vient de descendre dans l’arène politique, où, tout en donnant des coups, il s’expose à en prendre de toutes parts, ce qui n’est pas à son avantage.

  1. Benoît Illassa affirme que ces universitaires et autres, se sont autoproclamés spécialistes. En clair, ils ne le seraient pas d’après lui, au motif, non seulement qu’ils n’auraient pas les qualifications requises, mais aussi, parce qu’ils n’auraient pas apporté ou fait de contributions universelles à leurs sciences (…). C’est tout simplement une injure pour laquelle, il mériterait d’être poursuivi devant les tribunaux.

Si notre ambassadeur croit être à l’abri de son statut diplomatique pour se livrer à des attaques en règle contre ceux qu’il traite d’opposants au projet de révision, il se trompe lourdement car , immunité ne signifie pas impunité ! Certes, il ne peut être poursuivi en France où il jouit de l’immunité de juridiction. Mais  il oublie qu’il pourra, à tout moment, être poursuivi devant les tribunaux béninois. C’est à se demander s’il réalise son changement de statut depuis qu’il a pris fonction à l’Organisation Internationale de la Francophonie à Paris ?

Manifestement, M. B. Illassa n’a pas encore pris toute la mesure de sa nomination, comme le représentant personnel du Président Patrice Talon, au Conseil Permanent de la Francophonie, où il n’est pas le seul représentant comme on a pu  lire sur les réseaux sociaux,  il y a quelques semaines.

En postant le billet sur son Blog personnel, comme il l’a fait, il est manifestement sorti de son rôle d’ambassadeur près la Francophonie pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’il l’a posté sur son Blog personnel et non sur celui de la Francophonie. Ensuite, parce que le contenu de son billet n’a rien à voir avec ses activités à La Francophonie. En effet, c’est le lieu de rappeler, qu’à l’issue de la première réunion du Groupe des Ambassadeurs francophones de France, qui compte une trentaine de représentants auprès de la République Française, et de représentants personnels au CPF, l’Ambassadeur Christian Ter-Stépania, représentant personnel du président de l’Arménie au CPF, avait, en sa qualité de président dudit groupe, déclaré : «Il nous importera à présent d’œuvrer au rayonnement de la Francophonie sur l’ensemble du territoire français».

En continuant de poster des billets sur son Blog personnel, l’Ambassadeur Illassa ne fait pas la part des choses, entre sa mission au CPF, et ses activités privées qui sont difficilement conciliables. C’est à croire qu’il fait preuve d’amateurisme car, il rappelle l’empereur romain Caligula (31 août 12 au 24 janvier 41) qui, nomma consul son cheval préféré INCITATUS, (l’équivalent d’un ministre d’Etat). Entendons-nous bien, le Président P. Talon n’est pas empereur, et l’Ambassadeur B. Illassa n’est pas non plus un cheval. En effet, certains de nos compatriotes reprochent au chef de l’Etat, d’avoir nommé essentiellement ses parents et beaux-parents,  ou de personnes issues de familles parentes ou alliées, bien que certaines de ces personnalités soient bien qualifiées. Ces désignations sont le symbole,  ou mieux, la caricature de la politique sur la compétence, car il s’agirait de nominations motivées par des raisons et des objectifs politiques, voire politiciens : caser celui-ci, amadouer celui-là. Pour ne pas apporter de l’eau à leur moulin, l’Ambassadeur B. Illassa doit, dès à présent, choisir entre son poste à l’OIF, et ses activités de blogueur.

Déjà, il y a une clarification qui s’impose, puisque le chef de l’Etat du Bénin a nommé deux personnalités pour le représenter à l’OIF ; ce qui laisse penser à un conflit d’attribution. Or, traditionnellement, c’est l’ambassadeur du Bénin près la République Française qui représente son pays près l’OIF car disposant de cadres spécialement affectés aux dossiers ayant trait à la Francophonie. Qui a dit que le Bénin est un désert de compétences ? Si tel était le cas, nos responsables politiques doivent revoir l’usage qu’ils font du petit nombre de cadres compétents dont dispose notre pays.

Poursuivre ses activités sur son Blog, reviendrait  à faire croire qu’il se tourne les pouces à la Francophonie. Et si tel était le cas, il pourrait, pour tuer le temps, s’inscrire en formation continue dans une des structures présentes à Paris, et pourquoi pas à l’Académie Diplomatique Internationale (4 bis, avenue Hoche) qui propose des programmes de formation et de renforcement de compétences pour les diplomates, fonctionnaires et autres professionnels des relations internationales, déjà en poste. Il ne m’appartient pas de dire si l’intéressé est l’homme qu’il faut, à la place qu’il faut. Ceci  relève de la responsabilité du chef de l’Etat. En revanche, ce qui est certain, c’est que je peux dire haut et fort, qu’en poursuivant ses activités de blogueur, il oublie qu’il est tenu à l’obligation de réserve qui s’impose à tout représentant ayant le titre d’ambassadeur.  Et pour tout dire, il méconnaît tout simplement les maîtres mots de la diplomatie que sont : la PRUDENCE,  le REALISME et  la DISCRETION.

En attendant et dès à présent,  notre ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci doit recadrer monsieur Benoît Illassa, et le mettre en demeure de cesser ses activités sur son Blog. En cas de refus, ce sera au chef de l’Etat, M. Patrice Talon, qu’il appartiendra de le rappeler, car qui peut le plus, peut le moins.

 

Paris-Ile-de-France, le 19 mai 2017

Emilien d’Almeida, msa (Contribution)

Commentaires

Commentaires du site 5
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    Joeleplombier 1 mois

    Émilien D’almeida; qui ne connaît pas mo soir Illassa à Paris. Laissez-moi vous dire que ce n’est pas son blog qui faisait sa popularité. Notre ami Benoit traînait partout à Paris dans les restaurants Africains et les maquis de la place pour s’adonner à l’alcool . Il était vraiment dans la précarité .
    C’est une bouffée d’oxygène pour lui l’emploi fictif d’ambassadeur offert par Talon.
    Il a loupé de peu la clochardisation . Ne soyez donc pas surpris de son indiscrétion .
    Sur ce coup; Talon a tiré à terre. Une humiliation pour notre pays.

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      Joeleplombier 1 mois

      Lire: monsieur

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        Hummm, Mister Joe fait fort.
        Puisque’il n’y a plus personne pour dénoncer les dérives des pirahans qui nous dirigent.
        Il y a quelques jours voici ce qu’il a publié sur sa page Facebook ” Qu’ils reviennent dans la patrie de Ghezo et nous leur montrerons la Porte du salut, ces apatrides.” et après “Djimakplon kèdè!!!”
        Et le président Talon va dire qu’il aime s’entourer des gens compétents?

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      Gouvènon 1 mois

      “Notre ami Benoit traînait partout à Paris dans les restaurants Africains et les maquis de la place pour s’adonner à l’alcool . Il était vraiment dans la précarité “.

      Ah bon! Là son cas est sérieux et devient une urgence absolue!
      Terrible

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    Gouvènon 1 mois

    Je vous remercie cher Emilien d’Almeida.

    Benoît Illassa est un individu extrêmement dangereux, genre bélier casse-cou, prêt à tout!
    Il y a lieu de faire en sorte de porter cette information à l’attention de l’OIF, afin que la haute administration de cette organisation sache dire stop à cet ambassadeur aux antipodes des valeurs de fraternité et d’ouverture à l’autre que prône l’OIF.
    S’il le faut nous lancerons rapidement une pétition pour appeler à son débarquement et remplacement pur et simple de son poste.
    En effet, parce que de valeureux juristes et autres intellectuels et personnes de sagesse ne partagent pas les points de vues erronés de son mentor et lui, il les baptise et les traite comme des terroristes.
    C’est absolument grave, très grave. Car si nous poussons l’analyse plus loin, quel est le traitement réservé à un terroriste?
    Il y a lieu d’appeler à la démission immédiate de Illassa. Qu’il retourne à son blog. Illassa, cet homme est dangereux!
    Vigilance