SBEE : le Pcb invite les béninois à se dresser contre une privatisation déguisée

SBEE : le Pcb invite les béninois à se dresser contre une privatisation déguisée

Le Parti communiste du Bénin s'est exprimé sur le dossier SBEE. Il appelle le peuple béninois à réagir.

Affaire Léhady Soglo : le PCB critique Toboula, Djogbénou et Talon

Face à la décision du gouvernement béninois de mettre en place un dispositif performant de gestion déléguée à la Société béninoise d’énergie électrique (SBEE), le Parti communiste du Bénin (Pcb) pense qu’il s’agit d’une privatisation de cette société.

Alors, il fait appel à toutes les forces patriotiques, tous les travailleurs et à tout le peuple béninois, pour s’opposer à cette décision scélérate du gouvernement de Talon, et dire non à la privatisation rampante de la Sbee.

QUE TOUT LE PEUPLE SE LEVE COMME UN SEUL HOMME POUR S’OPPOSER A LA PRIVATISATION DE LA SBEE

Le gouvernement de Patrice Talon en conseil des ministres en date du 12 Mai dernier vient de décider «  de la mise en place…d’un dispositif performant de gestion déléguée à la Société béninoise d’énergie électrique(SBEE) »

Face à la réaction qu’une telle décision ne peut manquer de susciter, deux ministres du gouvernement en l’occurrence, les ministres Bio Tchané (du développement) et Jean Claude Houssou (de l’énergie) sont montés au créneau le lundi 15 Mai 2017 pour s’expliquer. Selon le ministre de l’énergie, « le contrat de gestion est un engagement contractuel par lequel une entité privée prend la responsabilité de la gestion d’une entreprise publique moyennant paiement d’un montant pour la prestation de service mais toujours avec l’effectif de l’entreprise….La propriété des décisions d’investissements demeure du ressort de la partie publique. Le risque opérationnel est entièrement supporté par l’autorité publique » 5 La Nouvelle Tribune du16 mai 2017).Et pour faire place nette à ce privé qui prendra la gestion de la SBEE, le gouvernement a décidé de l’effacement de la « créance de l’Etat sur la SBEE d’un montant de 25 milliardsde CFA ».

Enfin comme mesure prise pour « améliorer la gestion » de la SBEE, il sera installé un Conseil d’administration « capable d’exercer un pouvoir décisionnel sur toutes les grandes orientations et dont les membres disposent de compétences de haut niveau en matière administrative, financière technique » 5Le Matinal du 16 Mai).

D’abord une précision s’impose : le grave problème énergétique dont souffre le Bénin n’est nullement dû en premier lieu à la mauvaise gestion de la SBEE ; il est d’une part la conséquence de l’absence depolitique prévisionnelle en la matière par les différents gouvernements de notre pays depuis 1960 et d’autre part aux graves scandales qui ont émaillé l’histoire du ministère en charge de l’énergie. L’exemple de Maria Gléta est là pour illustrer. Et parmi les responsables de ces scandales, bon nombre se trouvent encore dans l’entourage immédiat de Talon tels Emile Paraiso (éternel PCA de la SBEE/SONEB), Saka Lafia et autres AdjanohounCélestine pour ne citer que ceux-là.

Au lieu de faire rendre gorge les auteurs connus des grands scandales de gestion qui ont occasionné de grandes pertes à la SBEE dont les 25 milliards de dettes de la SBEE vis-à-vis de l’Etat, on préfère « décider de ne pas regarder dans le rétroviseur » (sic) et faire supporter ces dettes par le contribuable béninois en « effaçant » purement et simplement cette créance.

Deuxième précision : Qu’est-ce qui fait que le Conseil d’Administration actuel n’est pas « capable d’exercer un pouvoir décisionnel sur toutes les grandes orientations et dont les membres disposent de compétences de haut niveau en matière administrative, financière, technique » ? Et qu’est-ce qui empêche même de recourir à des expertises privées tout en maintenant la gestion publique de l’entreprise publique ? Du reste, le Bénin ne dispose-t-il pas d’assez « de compétences de haut niveau en matière administrative, financière, technique » pour qu’on aille nous en importer de l’extérieur. Tout cela est à l’antipode du développement de notre patrie, à l’antipode du patriotisme de bon aloi. C’est simplement inacceptable.

De tout cela, il revient ceci :

1°- L’on veutpermettre à des capitaux privés (monopoles étrangers généralement) de venir s’engraisser sans aucun effort sur le dos du peuple béninois en se faisant payer ses services sans courir aucun risque : puisque les investissements demeurent à la charge de l’Etat et « le risque opérationnel est entièrement supporté par l’autorité publique ».

2°- L’on assistera à un renchérissement inévitable du coût de l’énergie au détriment des masses populaires.

En effet, il est dit que la gestion se fera avec le maintien du personnel actuel. Ce qui est normal et juste. Mais,aux charges actuelles en personnel qui seront maintenues et donc constantes vont s’ajouter les charges nouvelles représentant la prestation des services de l’opérateur privé. Ce qui signifie un alourdissement général des charges et un renchérissement du coût de l’énergie qui seront en définitive répercutés sur le consommateur.

3°- L’intervention d’un gestionnaire privé surtout d’un monopole étranger constituerait une grave limite à notre souveraineté dans un secteur stratégique comme  l’énergie.

L’histoire de la SBEE fait partie de l’histoire des combats du peuple béninois pour sa souveraineté contre l’impérialisme français. En effet l’actuelle SBEE était une création coloniale française aux mains d’un groupe privé français et s’appelait d’abord Compagnie Coloniale d’Electricité et d’Eau, puis Compagnie Commerciale Dahoméenne d’Electricité et d’Eau (CCDEE). Et ceci jusqu’en 1972. Tous les mouvements démocratiques d’alors avaient mené une lutte ferme contre cet état de chose qu’un groupe privé français contrôle le secteur super-stratégique qu’est l’énergie et l’eau. Ce mouvement protestataire a obligé les putschistes du GMR dirigés par Mathieu Kérékou de prononcer sa nationalisation en décembre 1972. Ainsi fut créée la Compagnie Dahoméenne d’Electricité et d’Eau (CCDEE) devenue SBEE après le changement du nom du pays en 1975. Depuis lors, les monopoles français ont toujours tenté de remettre la main sur cette société. Il s’agit notamment de l’EDF (Electricité de France) qui a cherché à s’accaparer de l’Energie au Bénin. N’est-ce pas l’occasion maintenant  si l’on sait que le ministre de l’Energie Jean Claude Houssou est un Agent de l’EDF en détachement au Bénin. N’est-il pas en mission pour cette entreprise publique française ?

Il y a donc longtemps que l’on cherche à privatiser le secteur de l’énergie au Bénin. Nous n’allons pas accepter. Les expériences dans la sous-région n’ont rien apporté de bon pour les peuples et les pays qui les ont connues.

La décision de gestion déléguée de la SBEE est de la même veine que « l’affermage des hôpitaux » e

Pour toutes ces raisons, le Parti Communiste du Bénin appelle toutes les forces patriotiques, tous les travailleurs et leurs organisations, tout le peuple à se lever comme un seul homme pour s’opposer à cette décision scélérate du gouvernement de Talon et dire non à la privatisation rampante du secteur stratégique de l’énergie au Bénin.

Cotonou le 17 Mai 2017.
Le Parti Communiste du Bénin

Commentaires

Commentaires du site 3
  • Avatar commentaire
    Napoléon1 4 mois

    La SBEE pouvait bien être privatisée. Il faudrait seulement que cela puisse se passer dans les règles de l´art.

    Longtemps l’on a pensé dans le monde entier que des secteurs comme la télécommunication, la poste, les chemins de de fer, la production de l’énergie, son transport et sa distribution sont des secteurs clé, vitaux pour chaque pays et devaient ainsi rester dans le giron de l’Etat.

    Cependant le monde a évolué et de nos jours, partout dans le monde, il est désormais convenu que ces secteurs soient soumis eux aussi aux lois de la compétivité de l’échange libre du marché.

    Partout, où cela s’est bien passé, les consommateurs en ont profité et l’Etat s’est débarrassé du fardeau générateur des coûts exhorbitants qui toujous plongeaient le budget national.

    La soumission du secteur à la compétition et la régulation par incitation fait rabaisser les coûts, favorisent les investissements et fait gagner les consommateurs.

    Souhaitons qu’au Bénin nous sachions mettre à l’épreuve ce savoir-faire.

  • Avatar commentaire
    `Le Boss 4 mois

    amaury de quelle gestion parles tu ? talon donne avec la main droite (gouvernement) et prend avec la main gauche. vouloir injecter 25milliards et les reprendrent pour son compte. c’est la rupture. je plains beaucoup le sort reserve a pik, abt et autres dans l’avenir. pour faire campagne en 2021 ceux la ne pourront plus se presenter au peuple.

  • Avatar commentaire
    Amaury 4 mois

    Il faut privatiser cette société pour une meilleure gestion, de meilleures prestations et de meilleures performances.