Conflits d’intérêts : Patrice Talon et Donald Trump, mêmes difficultés

Conflits d’intérêts : Patrice Talon et Donald Trump, mêmes difficultés

Devenus de plus en plus des accusations aussi bien aux Etats-Unis que chez nous ici au Bénin, ces soupçons soulignent avec insistance et preuves que Trump et Talon, élus présidents de leurs pays respectifs, ont des difficultés à se séparer de la gestion de leurs affaires comme le leur impose leur constitution.

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Le 20 mars 2017, j’ai publié dans votre journal un article intitulé ‘’Qui est PVI, qui est gouvernement? ‘’, dans lequel je faisais un parallèle entre le chef de l’Etat béninois Patrice Talon et le président américain Donald Trump, par rapport aux conflits d’intérêts dont sont soupçonnés ouvertement, chacun dans son pays, les deux dirigeants qui sont de richissimes hommes d’affaires bien connus.

C’est vrai que Trump a désigné officiellement ses enfants comme les nouveaux dirigeants de son empire commercial, ce qui n’est pas le cas au Bénin. Et j’indiquais dans mon article du 20 mars que malgré cette désignation, les Américains surveillent leur président ‘’comme du lait sur le feu, prêts à le traduire en justice en cas de violation de la constitution’’.

Cela se confirme aujourd’hui après moins de trois mois. En effet, le lundi 12 juin 2017, les ministres de la Justice de deux Etats américains, le Maryland et le District de Columbia, ont porté plainte contre le président des Etats-Unis en vue d’obtenir un audit des affaires de Trump, mais aussi une ‘’divulgation  de ses déclarations de revenus qui n’ont jamais été rendues publiques, contrairement à une tradition datant des années 1970’’.

‘’Jamais dans l’histoire de ce pays nous n’avons eu un président empêtré dans les affaires à ce point, ou un président qui refuse de prendre ses distances avec ses entreprises. Les affaires du président Trump violent les textes anti-corruption de notre constitution’’, affirme Karl Racine, ministre de la Justice du District de Columbia.

Cette plainte ainsi que celle contre son premier décret sur l’immigration dès son investiture en janvier 2017 (rejeté finalement par la justice), et en particulier celle qui pourrait découler de l’enquête du Sénat après la récente audition de l’ancien directeur du FBI limogé, James Comey, sur l’intrusion présumée de la Russie dans la dernière élection présidentielle américaine en 2016, pourraient éventuellement pousser les adversaires de Trump à demander une procédure de destitution (impeachmen) contre lui, comme ce fut le cas du président républicain Richard Nixon destitué en 1974.

Conflit d’intérêt

Toutes ces procédures judiciaires contre le président des Etats-Unis montrent le niveau très avancé de la démocratie américaine où le juge d’un seul Etat peut suspendre ou bloquer un décret du chef de l’exécutif. Mais ce n’est pas le cas au Bénin où malgré les dénonciations de plus en plus répétées contre les conflits d’intérêts, le régime de Talon continue de faire comme bon lui semble, ignorant même des lois rejetées par la Cour constitutionnelle comme contraires à la constitution.

La dernière dénonciation vigoureuse vient du député Valentin Djènontin-Agossou  qui a déclaré dimanche dernier sur Soleil Fm: ‘’Il y a un énorme conflit d’intérêt’’ dans la gestion du Programme de vérification des importations (PVI)  par Bénin Control SA au Port de Cotonou, dont la reprise de  l’activité en avril 2017, a été autorisée par le gouvernement de Talon qui est propriétaire de la société.

L’ancien ministre de l’Economie maritime et de la Justice du président Boni Yayi a affirmé que le PVI avait même repris ses activités avec le nom de Patrice Talon comme président du Conseil d’administration de Bénin Control, avant d’être remplacé, à la sauvette, par celui de son ami et intermédiaire Olivier Boko; ce qui révèle le caractère louche et irrégulier de l’opération. Djènontin-Agossou a accusé le ministre des Finances Romuald Wadagni de ne pas maîtriser le dossier du PVI, et d’entretenir une confusion sur les exonérations accordées à Bénin Control et à ses sociétés affiliées. Wadagni s’en défend, mais il est incapable de publier le contenu du nouveau contrat du PVI pour mieux rassurer les Béninois.

De même, le député Amadou Issifou a, dans une interpellation du gouvernement devant l’Assemblée nationale, le 9 juin 2017, dénoncé un autre conflit d’intérêt flagrant dans le secteur coton. Selon lui, le Centre d’achat des intrants agricoles (CAIA) a été liquidé par le gouvernement de la Rupture, et ses prérogatives attribuées à l’AIC (Agence interprofessionnelle du coton), qui a lancé l’appel d’offres de cette année pour les intrants de la prochaine campagne cotonnière. Et la SODECO, a elle allègrement gagné l’appel d’offres d’une vingtaine de milliards de FCFA. Une société qui comme l’AIC appartient à Talon. Plus flagrant encore, la SODECO est une simple entreprise d’égrenage de coton.

Autant de conflits d’intérêts et d’anomalies de gouvernance qu’un juge ne peut suspendre ou bloquer au Bénin, contrairement aux Etats-Unis. Mais en attendant que notre démocratie arrive à ce niveau souhaitable, notre parlement, dans sa mission de contrôle des actions du gouvernement, pourrait bien prendre des résolutions pour le mettre en garde et s’opposer à la violation de l’intérêt général consacré par notre constitution. Les séances de questions orales ou écrites au parlement ne sont que des activités théâtrales qui n’ont aucun effet sur ce gouvernement qui ne connaît que le passage en force contre les intérêts du peuple béninois.

Ali Idrissou-Touré
Journaliste indépendant

Commentaires

Commentaires du site 11
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    Tundé 1 mois

    Encore un enfumeur!!!!! Il faut oser pour faire ce genre de parallèle. Cet écrit, n’est pas un travail scientifique. Un ramassis de niaiseries. Talon a bien désigné ses héritiers.

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    GbetoMagnon 1 mois

    Il me semble que ce que dit tout le monde ici, chacun à sa manière, c’est que la Démocratie Béninoise, n’a pas encore intégré de contre pouvoirs et de dispositions pour
    1) contrôler et empêcher un fou (quel qu’il soit), de faire ce qu’il veut et de saccager le pays,

    2) démettre un homme/femme (ou pouvoir) dont il serait prouvé, par la Justice selon les termes de la Loi, qu’il est coupable de forfaiture envers la Nation et le Peuple qui l’a élu.

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    sonagnon 1 mois

    Moi je crois qu’une procédure de destitution de Patrice TALON est la seule réponse appropriée à la situation que nous vivons au Bénin.

    Mais si les élus et les organes de contre pouvoir ne prennent pas leurs responsabilités, la force de la rue dictera sa loi.

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      OLLA OUMAR 1 mois

      Sonagnon où tu as vu ” procédure de destitution ” dans notre constitution ?
      Pour nous débarrasser du monstre es.croc de talon , c’est soit la nature , la rue , où ceux qui portent les …..

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        sonagnon 1 mois

        En tout cas, j’ai lu hier celui qu’on considère comme le grand prêtre du fâ au Bénin.
        Il dit que la vacance du pouvoir est bien possible avec le développement actuel.
        Si ça pouvait être une réalité!!!

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    Joeleplombier 1 mois

    Comparaison n’est pas raison. Je ne vois pas le rapport.
    L’auteur de cet article fait de la gymnastique et contorsion intellectuelle.
    Malheureusement.

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    OLLA OUMAR 1 mois

    Comme quoi l’es.croc de talon ” président ” au benin est plus heureux et libre de piller le pays , que ne l’est Trump , autre es.croc mégalo , président des USA