Bénin : «Le sport universitaire est en train de mourir» dixit Stéphane Zossoungbo

Bénin : «Le sport universitaire est en train de mourir»  dixit Stéphane Zossoungbo

A la faveur d’un entretien, Stéphane Zossoungbo président de l’Ensemble sportif des étudiants (Ese), mandature 2016-2017, parle des difficultés auxquelles l’institution estudiantine est confrontée.

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Il invite la directrice du Cous/Ac, la ministre de l’enseignement supérieur, le directeur de l’Obssu et le Ministre des sports, à avoir un regard précieux sur leurs difficultés afin de sauver les sports universitaires d’une mort programmée.

Comment appréciez-vous l’état actuel de l’Ensemble sportif des étudiants (Ese)?

Je ne vais pas tout de suite dire que le sport universitaire est mort depuis quelques temps, mais je dirai que le sport universitaire est en train de mourir. L’Ese est confronté à d’énormes difficultés, puisqu’il n’a bénéficié d’aucune subvention la saison 2015-2016. Ces subventions censées l’aider à mener à bien ses activités et faire les formalités administratives nécessaires à ces différentes équipes sportives pour prendre part aux différents championnats sportifs. C’est la situation qui prévalait au temps de la directrice du Centre des œuvres universitaires et sociales (Cous), Christelle Houndonougbo. On est entré en pourparlers pour entrer en possession de nos subventions, ce qui n’a pas été fait jusqu’à ce qu’elle parte. Nous en étions là quand le 5 octobre 2016, le gouvernement a pris la décision portant cessation des activités des associations estudiantines. Du coup, le Cous a coupé tout contact avec l’Ese par rapport à la situation. Aujourd’hui, toutes nos démarches sont vaines.

Au fait, nous ne réclamons pas les subventions de la saison 2016-2017, mais plutôt celles de la saison 2015-2016, puisqu’il faudrait que nous entrions en possession de ces subventions, du fait que nous avons préfinancé nos activités. Nous devons rembourser des prestataires et des dettes, afin de continuer les activités. Aujourd’hui, nous essayons tant bien que mal d’exister et d’encourager les athlètes de rester. Parce que tout le monde est découragé. On a plein de primes de matchs gagnés qui sont restées impayées depuis  la saison 2015-2016. A cette allure, le sport universitaire risque de mourir totalement. C’est de la désolation aujourd’hui. La preuve palpable est l’ensemble des résultats obtenus par les différentes équipes sportives de l’Université. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un autre problème : la participation de l’équipe de l’Uac Fc au championnat national de football de Ligue 2 (qui a démarré samedi 15 juillet 2017, et l’équipe s’est déplacée sur Aplahoué, ndlr). Nous n’avons même pas de bus. Nous sommes contraints d’aller frapper à la porte de mécènes pour qu’ils puissent nous aider dans le déplacement, afin de répondre présents au championnat. C’est à ces difficultés que nous sommes confrontées. Mais je ne voudrais pas seulement m’en arrêter à l’équipe de football, car les difficultés sont les mêmes au niveau du handball, de basket-ball, du volley-ball, et au niveau de toutes les autres sections sportives que l’Ese à en son sein.

Avez-vous essayé d’entrer en contact avec l’actuelle directrice de Cous/Uac ?

Je peux vous dire que nous avons déposé beaucoup de lettres de demande d’audience. Mais elle ne nous a pas reçus jusque-là. On a entre-temps échangé avec le Chef service affaires administratives, artistiques, culturelles et sportives du Cous/AC du nom de Léopold Ganhoumédé, et le Directeur adjoint du Cous, mais ces autorités nous ont dit que tant que le gouvernement ne prendra pas un autre décret, elles ne pourront rien faire. Ils se cachent aujourd’hui derrière cette décision pour ne pas nous permettre d’entrer en possession de nos subventions de la saison 2015-2016, et ne pas nous accompagner dans les différents championnats de la saison en cours.

Que prévoient les textes dans une telle situation?

Depuis la création de l’Ese en 1977 et l’année 1992 où il a été enregistré comme Association omnisport et Association estudiantine spécialisée, nous avons toujours bénéficié des subventions du gouvernement. Elles transitaient par le CENOU d’alors, le Cous/Ac d’aujourd’hui Cet aspect n’est donc plus à négocier. Cette année, une ligne est bien prévue pour le sport dans les lignes budgétaires du Cous. Cette année-ci, 2016-2017, il y a une partie pour le sport à l’Université. Je ne comprends pas pourquoi les autorités ne veulent toujours pas nous permettre de rentrer en possession de ces subventions, et de surcroît elles ne daignent pas nous recevoir.

Quel appel voulez-vous lancer aux autorités?

Je leur dirai de prendre notre problème à cœur. Je conçois mal qu’on ne fasse pas du sport à l’Université qui est le vivier, le grand laboratoire de nos sélections nationales, toutes disciplines confondues. Mais aujourd’hui, les équipes universitaires ne sont plus en mesure de rivaliser avec d’autres club du pays, c’est déplorable. Je lance aussi un appel au Ministre de l’enseignement supérieur pour qu’elle se penche un peu sur la question du sport universitaire. J’en appelle ensuite à la conscience du Directeur général de l’Obssu (Office béninois des sports scolaires et universitaires) et du Ministre des sports, puisque nous parlons de sport. Si rien n’est fait, le sport universitaire va complètement mourir.

Commentaires

Commentaires du site 1
  • Avatar commentaire
    Le mercure 4 semaines

    C’ est contre toutes les valeurs du peuple béninois. En Afrique, les vieux sont une mine de sagesse. En occident aussi, la plupart de leur dirigeants sont des personnes âgés. Alors qui voulons nous imiter. Les 70 sont véritablement une aberration. Le faux est devenu l’un de nos fondements. Ce n’est pas étonnant que notre démocratie se transforme en corruption et en anarchie.