Le Bénin appelle à faire des frontières africaines des passerelles et non des barrières

À l’occasion de la 16ᵉ édition de la Journée Africaine des Frontières, célébrée ce 7 juin 2026, le ministre béninois de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé, a adressé un message à la nation appelant à repenser le rôle des frontières comme espaces d’intégration et de coopération.

Le Bénin a marqué ce dimanche la Journée Africaine des Frontières (JAF), une commémoration annuelle fixée au 7 juin par l’Union africaine. Cette édition coïncide avec le 13ᵉ anniversaire de la Semaine des Frontières Béninoises (SFB), organisée cette année sous le thème : « Populations frontalières et sécurité nationale : construire ensemble des territoires résilients ».

Des activités déployées dans cinq communes frontalières

Pour marquer l’événement, plusieurs actions sont prévues sur le terrain. Des ateliers de sensibilisation sur le rôle de l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers (ABeGIEF) sont organisés dans les communes de Kérou, Tchaourou, Dogbo, Savalou et Savè. Des consultations médicales foraines sont également programmées à Tchaourou, tandis que des sessions de sensibilisation ciblant les acteurs universitaires portent sur les facteurs de vulnérabilité et les mécanismes de résilience communautaire.

Ces initiatives relèvent du Programme de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers (PGIEF), que le gouvernement béninois, sous la présidence de Romuald Wadagni, pilote pour réduire les vulnérabilités des populations riveraines et consolider leur ancrage national.

La libre circulation, défi de l’intégration africaine

La célébration intervient dans un cadre où la libre circulation des personnes et des biens demeure l’un des chantiers les plus sensibles du continent. Selon la Banque africaine de développement (BAD) et l’Union africaine, le commerce intra-africain reste structurellement faible, notamment en raison de barrières aux frontières qui freinent les échanges. Si le Protocole de l’UA sur la libre circulation des personnes, adopté en 2018, a été signé par 33 États membres, seuls quatre l’ont ratifié à ce jour. Le Bénin, lui, figure parmi les rares pays du continent à afficher un score parfait dans l’Africa Visa Openness Index 2024, garantissant un accès sans visa à l’ensemble des ressortissants africains.

C’est dans cette dynamique que le ministre Djibril Mama Cissé a appelé à une révision du rapport aux frontières : «La Journée Africaine des Frontières constitue une belle opportunité pour rappeler à la communauté africaine que, loin d’être de simples lignes de démarcation, les frontières doivent servir de passerelles et d’interconnexion entre les communautés

Le ministre a par ailleurs exhorté les États africains à renforcer leurs mécanismes de coopération transfrontalière, présentant la stabilité et la cohésion sociale comme des conditions préalables à tout développement durable — une position alignée sur l’initiative de l’Union africaine « faire taire les armes ». Les prochaines étapes du PGIEF, dont les projets sont annoncés en direction des zones frontalières septentrionales du pays, seront suivies de près.

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