Bénin : Le vrai faux combat de Talon contre la corruption

Bénin : Le vrai faux combat de Talon contre la corruption

Corruption au Bénin : Le gouvernement Talon soupçonné de lutte sélective

Depuis le 06 avril 2016, Patrice Talon était attendu sur le chantier de la lutte contre la corruption. Se basant sur un rapport d’audit, le gouvernement a décidé que des poursuites judiciaires soient lancées contre certaines personnes.

Seulement, à y voir de près, cette décision s’apparente plus à une intimidation qu’une volonté sincère de lutte contre la prévarication. Tant le caractère sélectif des dossiers, la période et la nature des mis en cause laissent à désirer.

Les chantres de la lutte implacable contre la corruption avaient commencé à désespérer du Chef de l’Etat lorsque celui-ci envoie un premier signal. Lors du conseil des ministres du mercredi 28 juin, d’importantes décisions ont été prises à l’encontre de certaines personnalités impliquées dans la gestion des campagnes 2013-2014, 2014-2015 et 2015-2016.

En somme, après avoir énuméré de nombreux griefs, le Conseil des ministres a instruit le garde des sceaux à l’effet « d’engager les poursuites judiciaires appropriées et de faire prendre des mesures de saisies conservatoires pour assurer le remboursement » par ces différents mis en cause, dès que leur « responsabilité serait établie ».

Bravo dirait-on en lisant ces extraits du Conseil des ministres. Mais lorsqu’on analyse les choses en profondeur, on se rend compte très vite que l’action du mercredi apparaît plus comme  une opération de charme qu’une lutte réelle contre l’impunité. En effet, on se demande pourquoi c’est uniquement ces trois campagnes qui intéressent le gouvernement ?

Pour rappel, ce sont les seules campagnes cotonnières depuis près de deux décennies auxquelles n’ont pas pris part l’Association interprofessionnelle du coton (Aic), la Sdi, la Sodeco et toutes les autres entreprises de l’empire économique de Patrice Talon. En 2012, le gouvernement du président Yayi avait pris la décision de rompre l’accord cadre qui le lie à l’Aic et a écarté Patrice Talon de la gestion de la filière. La circonscription de l’audit à ces trois campagnes ravive la thèse de ceux qui pensent que le gouvernement a choisi subtilement de se venger contre ceux qui ont pris les choses en main une fois que les entreprises de l’homme d’affaires Patrice Talon ont été évincées par le président Yayi, après la mésentente survenue entre eux. D’autres bizarreries interpellent plus d’un Béninois. Beaucoup n’arrivent pas à comprendre comment et pourquoi on choisit de publier le rapport  d’un audit fait sur des structures qu’on a liquidées à l’avance et qui n’existent plus juridiquement donc. Tout porte à croire que le rapport du cabinet Mazars dont seulement un extrait a été publié en Conseil des ministres, vise d’autres intérêts que la lutte réelle contre la corruption. En effet, on se rend compte que les députés Valentin Djènontin, Idrissou Bako, etc. cités dans le dossier sont tous des députés de l’opposition qui, en plus d’avoir voté contre le projet de révision de la constitution, critiquent fréquemment les actions du gouvernement. Idem pour le ministre Komi Koutché, l’ancien ministre des finances qui n’a pas manqué par le passé de critiquer quelques actions du gouvernement. On se demande alors si la publication n’a pas été faite contre des gens qui prennent trop de liberté à critiquer le pouvoir.

Deux poids, deux mesures

En publiant cette décision dans le communiqué du Conseil des ministres, le gouvernement affiche une véritable volonté de lutter contre la corruption. Or, dans plusieurs dossiers de prévarication précédents, le gouvernement ne s’est pas tant empressé. Au contraire, il a trainé les pas et donné l’impression d’un désintéressement total pour la lutte contre la corruption. L’exemple le plus éloquent est celui du Ppea2. Ce scandale avait failli

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Commentaires

Commentaires du site 4
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    Karl 5 mois

    Ce gouvernement à défaut d’avancer dans ses reformes et de trouver les moyens de sa politique verse dans le diversion et ravale ses vomissures à chaque occassion donnée. la preuve, Bio Tchané nous signale enfin que le Césarienne est systématiquement reconduite. Les micro crédits également. Comme quoi, tout n’était aps mauvais sous Yayi.Si combat contre la corruption il doit avoir que cela soit entier et non sélectif. Soit on regarde dans le retroviseur à chaque fois, soit on arrête et on se concentre sur l’avant.

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    OLLA OUMAR 5 mois

    Le corupteur-né , qui dit combattre la corruption ; ” on est là “

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    Boni YAYA 5 mois

    trois période de campagne parce que c’est ce qui est recommande par les textes. C’est le Bilan des trois dernières années qui sont déposés aux impôts et la banque.

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    TOUCHO 5 mois

    le roi de la rupture s’amuse avec le peuple béninois, il disait je connais le bénin et les béninois. Il a donné au béninois ceux qu’ils veulent. je pose la question aux béninois est ce que un corrompu de rang du roi de la rupture peut faire quelque chose contre la corruption?