Vacances scolaires au Bénin: Entre activités lucratives et révisions

Vacances scolaires au Bénin: Entre activités lucratives et révisions

Après les résultats de fin d’année, place aux vacances scolaires. Si pour certains élèves ces vacances sont une occasion de révisions pour mieux préparer la rentrée scolaire à venir, d’autres estiment plutôt qu’elles sont une opportunité d’exercer des activités lucratives

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Ceci, pour venir en aide aux parents dans les dépenses scolaires. C’est le constat fait par une équipe de notre rédaction, lors d’une descente dans les villes de Cotonou et Abomey-Calavi.

Depuis le début des vacances scolaires, les élèves s’occupent. Si certains sont encore plongés dans les cahiers, pour d’autres c’est l’occasion de se faire de l’argent. Mieux, ces derniers estiment qu’une autre lecture doit être faite des vacances scolaires. Marlène Sinzogan est une élève en classe de seconde au Collège d’enseignement général (Ceg) ‘’Le Nokoué’’ à Cotonou. Nous l’avons rencontrée au carrefour Vêdoko avec des portables et accessoires en main, faisant de la vente ambulante.

Aider les parents, la raison fondamentale

C’est dans l’optique d’aider mes parents à faire face à mes frais de scolarité et autres dépenses y afférentes nous a-t-elle confié. Ajoutant : j’ai décidé de faire de la vente ambulante de portables et accessoires parce que je n’ai pas voulu rester oisive durant les vacances de cette année.

« Je vous avoue que ce n’est pas facile de se promener pour vendre, surtout lorsqu’il fait soleil », a déclaré la brevetée pour exprimer les difficultés que rencontrent les personnes qui en ont fait un métier.

Répondant à la question de savoir combien elle gagne la journée, elle a indiqué que sa paye journalière est au prorata du nombre de portables ou d’accessoires vendus. Serge Nicolas Adikonou, lui, passe en classe de Terminale au Ceg 1 d’Abomey-Calavi. Nous l’avons surpris dans un atelier de menuiserie. Abondant dans le même sens que Marlène Sizogan, il fait savoir que la menuiserie lui permet d’avoir non seulement un peu d’argent, mais aussi d’apprendre un métier.

« J’ai choisi la menuiserie parce que c’est un métier qui nécessite beaucoup de concentration et de réflexion » a-t-il souligné, ajoutant qu’il est à 500f par jour en dehors de sa restauration.

Comme activité de vacances, Aziz Adinan, élève en classe de seconde au Ceg Akassato, a pour sa part choisi la maçonnerie. Comme ses camarades, il déclare le faire afin d’avoir un peu d’argent pour contribuer aux dépenses afférentes à sa scolarité. Par ailleurs, il trouve ce métier très noble.

« Si mes parents ne m’avaient pas mis à l’école, c’est ce métier que je choisirai » a laissé entendre Aziz Adinan.

S’agissant de sa paye journalière, il a fait savoir qu’en fin de journée il rentre avec un peu plus de 500f.

Les vacances scolaires, « une occasion de révision»

Contrairement aux prédécesseurs, Justine Gbèdolo, élève en classe de première au Complexe scolaire clé de la réussite à Cotonou, estime que les vacances sont faites pour se reposer. De plus, explique-t-elle, c’est une occasion de comprendre les leçons mal assimilées au cours de l’année scolaire : « Je ne trouve pas mauvais les jobs de vacances, mais je pense que l’idéal serait que ces élèves, à défaut de faire des cours de vacances, cherchent à mieux comprendre les cours reçu pendant l’année scolaire ».

Abondant dans son sens, Odette Agbenahin, élève au collège ‘’Le Faucon’’ à Abomey-Calavi, pense que les cours de vacances permettent aux élèves de mieux aborder l’année scolaire à venir. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle-même y participe. « Cela ne voudra pas dire que ceux qui ne le font pas sont inconscients », a-t-elle poursuivi, pour clarifier sa position vis-à-vis des élèves qui s’adonnent à d’autres activités

 

Commentaires

Commentaires du site 1
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    GbetoMagnon 2 semaines

    La situation au Bénin régresse partout et les difficultés de faire des études compromettent grandement l’avenir.
    Etant élève au bénin, les plus modestes bénéficiaient de bourses ou de secours scolaire. Je n’ai pas de souvenir d’élèves si jeunes des grandes villes, obligés de travailler pour payer, collège ou lycée…

    Ces jeunes qui tentent de faire face aux dépenses de leurs études pour aider leurs parents méritent toute notre considération.
    Pendant ce temps, les caisses de l’Etat sont vidées de plusieurs milliards par des gens, enrichis grâce à des combines, dont ils veulent éliminer ceux qui en ont connaissance et à qui ils doivent d’en avoir profité.