Aboutissement des revendications de l’opposition au Togo: La nécessité de maintenir la pression populaire

Aboutissement des revendications de l’opposition au Togo: La nécessité de maintenir la pression populaire

A l’allure où vont les évènements, il semble impossible à l’opposition togolaise d’obtenir satisfaction des revendications qu’elle a formulées à l’endroit du gouvernement.

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Ce sont des positions inconciliables qu’adopte chaque camp au sujet de l’application de la limitation du nombre de mandats à deux. A ce niveau, seul le maintien de la pression populaire peut jouer en sa faveur.

Tout semblait pourtant aller lorsque le gouvernement sous la pression, a cédé aux revendications de l’opposition en adoptant lors du conseil des ministres de fin août 2017, le projet de révision de la constitution. Cette révision prévoyait la modification des articles 52, 59 et 30 de la constitution encore en vigueur. Ces modifications ont pour objectif, la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux ainsi que l’instauration d’un mode scrutin à deux tours pour les élections présidentielles.

Contre toute attente, la session extraordinaire convoquée le lundi 11 septembre 2017, a eu lieu sans que ce projet de révision de la constitution ne soit inscrit à l’ordre du jour. Il a fallu une autre pression des militants de l’opposition, celle des députés de l’opposition à l’intérieur du parlement pour que le président de l’Assemblée nationale trouve nécessaire de suspendre ladite session pour la remettre au lendemain mardi 12 septembre 2017.

La valeur du combat

C’est cette reprise de la session de mardi qui a vu l’inscription à l’ordre du jour du projet de révision de la constitution d’abord au niveau de la conférence du bureau de l’Assemblée et de la conférence des présidents. Puis le point retenu a été transmis à la commission des lois qui l’a transmis en plénière pour vote. Pour ce faire, la loi prévoit que pour l’adoption de ce texte, le vote au 4/5. Mais visiblement, même si ce projet de la révision de la constitution est voté en l’état, c’est-à-dire avec les deux modifications attendues, il restera toujours une difficulté. C’est celle portant sur le désaccord persistant qui divise l’opposition et le gouvernement sur l’interprétation de la limitation des deux mandats. L’opposition veut que sur ce point, on revienne à la constitution de 1992. Ce qui induit qu’à la fin de son mandat actuel, le président Faure Gnassingbé ne pourra plus se représenter. Une thèse à laquelle le gouvernement oppose une fin de non recevoir. Estimant que la limitation des mandats ne s’appliquera pas de façon rétroactive.  Il s’agira seulement de remettre les compteurs à zéro pour tous les candidats y compris le président actuel.

Maintenir la pression

Cette position du pouvoir exprime le malaise qui résulte de ces deux positions inconciliables. Mais c’est surtout du côté du pouvoir qu’il faut observer la mauvaise foi et son obsession à s’enkyster au pouvoir. Le Président aux affaires ne veut pas entendre raison en écoutant la colère du peuple qui crie son ras-le-bol sur cette gouvernance dynastique qui cumule déjà 50 ans. La seule issue qui s’offre actuellement à l’opposition, est de maintenir la pression populaire.

Il s’agit des mouvements denses de protestation du nord au sud du pays. C’est seulement par la grogne populaire que ce régime dynastique perçoit la colère de la masse qui a déjà fait ses preuves dans un pays voisin. D’ailleurs, huit organisations africaines de la société civile viennent de signer une déclaration commune de soutien aux actions  de l’opposition togolaise. Ce sont des organisations comme : Lucha de la Rdc, Y’en a marre du Sénégal, Iyina du Tchad, Le balai citoyen du Burkina qui exigent les réformes et le départ inconditionnel du pouvoir  de Faure Gnassingbé. L’opposition togolaise doit donc  capitaliser tous ces soutiens pour pousser ce régime sourd et obsédé par le pouvoir, à comprendre que «la voix du peuple est la voix de Dieu».

Commentaires

Commentaires du site 2
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    OLLA OUMAR 3 mois

    La bête est touchée , il faut à l’opposition togolaise de l’achever ; elle doit maintenir la pression afin que Faure dégage du pouvoir

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      Joeleplombier 3 mois

      Hein !!! La bête est touchée. Oui mais; le pouvoir ne se ramasse pas par terre. Pour déboulonner le baobab, l’opposition Togolaise a encore du chemin à faire.
      Parce que Faure ne lâchera rien. Ne comparez pas le cas du Faso au cas du Togo.
      Compaoré a été lâché par Paris. Faure tient toujours la route pour le gouvernement Français.
      Voilà la réalité. L’opposition Togolaise n’étant pas crédible. Tout simplement.