Affaire Ofmas au Bénin : Eugène Azatassou critique sévèrement le gouvernement

Affaire Ofmas au Bénin : Eugène Azatassou critique sévèrement le gouvernement

Certains faits au plan national ces derniers jours défrayent la chronique. La non installation du Cos-Lépi et le scandale financier lié à l’entreprise Ofmas (lire ici), sont deux dossiers sur lesquels Eugène Azatassou, coordonnateur national des Fcbe, s’est prononcé.

Rejet du projet de constitution: réaction des FCBE et du PLP

C’était à travers un entretien accordé à une équipe de la rédaction de la Nouvelle Tribune. C’était le 23 Septembre dernier.

LNT : Selon l’article 219 du code électoral, les nouveaux membres du Cos-Lépi devraient être désignés et installés depuis le mois de Juillet dernier. Nous sommes pratiquement à la fin Septembre, et rien n’est décidé jusque là. Quelles sont vos impressions face à cette situation ?

Eugène Azatassou : Bon ! Vous savez, nous avons affaire à un pouvoir qui aime gérer dans l’opacité. Il y a une loi sur le Recensement à vocation d’immatriculation des populations (Ravip). Jusqu’ici, on ne connaît pas le contenu de cette loi et l’opération va bientôt démarrer. Alors, quelle serait la place du Cos-Lépi dans çà ? On n’en sait pratique rien. Et dès que vous n’avez pas l’information, il vous est difficile de réagir. C’est pour ça que nous avons demandé à nos députés de nous dire ce qui se passe. Mais eux même, dans la mesure où ils sont des députés qui on voté contre la recevabilité du projet de loi pour la constitution, et qu’ils ne font pas partie du Bloc pour la majorité présidentielle (Bmp), j’ai l’impression qu’ils sont victimes d’un black-out total sur les informations. De toute façon, c’est ce qui se passe. Et en l’absence d’information, il ne peut avoir que des supputations. Les supputations, c’est que le pouvoir va tout simplement supprimer le Cos-Lépi, et on va même jusqu’à dire que la Céna sera aura aussi supprimée, alors nous espérons que ça ne sera pas le cas, parce que ces institutions sont issues de l’esprit de la conférence nationale. Alors, sous quelle forme vont se présenter les organes qui vont gérer le Ravip, les organes qui vont gérer la liste électorale permanente informatisée, les organes qui vont gérer les prochaines élections, on n’en sait strictement rien. On n’est renseigné que sur les sur les réseaux sociaux. C’était d’ailleurs le mode de gestion de l’information, et quand des protestations se sont élevées, on a parlé de normo-communication. La bonne information n’est jamais libérée. Celles qui sont libérées portent sur salut du Pag mais les informations importantes qui portent sur la vie des populations, c’est le black out total. Dès que nous aurons quelques bribes d’informations, nous réagirons comme cela se doit.

Monsieur le coordonnateur, à force de continuer à garder le silence, est-ce que ce n’est pas une attitude qui encouragera le gouvernement à évoluer dans le sens où il souhaite aller ?

Non, on ne garde pas le silence. Nous venons de finir une tournée nationale, tournée au cours de laquelle nous avons dénoncé pêle-mêle un certain nombre de choses concernant le pouvoir en place. Nous sommes membre du Front du Sursaut patriotique (Fsp) qui réagit régulièrement sur certains sujets, mais quand on n’a pas l’information, ça va apparaître comme des réactions de prévention et la réaction de prévention à ses limites. En réalité, c’est l’ensemble du peuple qui doit obliger le pouvoir en place à libérer l’information. Vous avez vu ce qui s’est passé récemment avec l’entreprise Ofmas concernant la construction de la route Porto-Novo/Missérété ? Dès que la bribe d’information a été livrée, vous avez vu tout ce que ça a suscité. Ce pouvoir, pour mieux couvrir ses malversations, ses marchés de gré à gré, cherche des prétextes pour que la chose ne soit pas bien perçue. Nous y arriverons et notre peuple y arrivera parce que le pays ne peut pas être géré de cette manière.

Justement, concernant le dossier Ofmas Jacques Ayadji, Dg des Infrastructures dans son point de presse le Mercredi 20 Septembre 2017, déclarait que ce qui a été fait s’est toujours passé au temps du régime Yayi. Comme cela, le temps de votre gouvernance est indexé. Quelle réaction avez-vous face à une telle déclaration ?

Ce n’est pas la première fois que ce gouvernement indexe la gouvernance Yayi. Je crois qu’il y a eu un démenti de la part du député Valentin Djènontin, qui a été ministre des infrastructures portuaires sous Yayi… Toujours est-il que, si cela avait pu être fait on ne sait pas dans quel contexte cela a été fait et dans quel contexte ça l’est maintenant. C’est au détour de l’intervention d’un ministre qu’on se rend compte que de ce qui a été fait. C’est une honte nationale que de dire que les travaux seront entièrement préfinancés par l’entreprise, et que l’Etat en sous-main fasse une avance de vingt milliards. Pire, que l’on essaie de justifier ces pratiques avec lesquelles ils ont décidé eux-mêmes de rompre. Encore qu’il faudra vérifier si cela a été fait de cette manière au temps de Yayi Boni. Mais le prétexte que la population souffre et qu’il faudrait vite agir, est un prétexte populiste. Il a été dit que c’est à cause du pont de Gogounou qui a cédé que le ministre Hêhomey a été limogé (lire ici) et presque une semaine après, le même pont a encore fait des dégâts. C’est des prétextes et c’est honteux de se servir des souffrances des populations comme prétexte pour faire des malversations et faire une gouvernance de honte. C’est des pratiques que le peuple doit pouvoir rejeter.

Commentaires

Commentaires du site 3
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    Karl 4 semaines

    Laissez les se reveler au peuple et le peuple prendra ses responsabilités. Suivez mon regard vers le pays voisin de l’ouest. Qu’ils continuent à diriger avec “ruse et rage”. Ils seront rattraper.

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    sebastien accromessi 4 semaines

    bonjour a tous
    ce qui ce passe dans mon pays est très grave;grave pare ce que le gouvernement pense pouvoir supprimer la CENA pour gagner facilement les élections a venir et comme ça arrange aussi les députés qui de jour en jour perde leur moralité au détriment de l’argent.Mais tenons a vous rappeler que nous vous avons a l’œil;bisard en plus des pères de familles qui doivent éduquer les enfants qui ont une moralité très dégradée quel héritage pour les enfants et pour la nation.mefier vous gouvernement et députés car un peuple qui ne parle pas est un peuple dont la vengeance est efficace .