Bénin : Simon Narcisse Tomety invite Patrice Talon à améliorer sa gouvernance

Bénin : Simon Narcisse Tomety invite Patrice Talon à améliorer sa gouvernance

L’invité de l’émission Sans langues de Bois sur Soleil Fm, l’universitaire Narcisse Tomety, s’est prononcé sur plusieurs sujets de la vie politique, économique et culturelle du pays.

Police républicaine au Bénin : des interrogations sur ce corps en gestation

En attribuant la note de 5 sur 10 au gouvernement Talon, il a expliqué les différents éléments qui fondent son appréciation et son indignation. Il a aussi fait plusieurs constats et suggestions, non sans expliquer les raisons de sa prise de distance vis-à-vis de l’école de la Nouvelle Conscience de Pascal Irénée Koupaki.

Les lacunes du pouvoir Talon

Simon Narcisse Tomety a attribué la note de 5 sur 10 au gouvernement Talon. Parce qu’il trouve beaucoup de lacunes à ce régime et espère que le chef de l’Etat a encore des possibilités de se rattraper. Parmi les faits qu’il décrie, il y a la distance qui sépare le projet de société de Patrice Talon de la réalité. Il a rappelé que le candidat Talon avait dit que son mandat serait un quinquennat de transition et de réformes. A l’expérience, il constate le contraire. Puisque la transition qui suppose, pense-t-il, l’avènement d’une nouvelle culture politique, économique, éducative pédagogique, ne s’est pas réalisée ainsi.

Narcisse Tomety constate aussi que les réformes actuelles sont fragiles et donc susceptibles d’être remises en question par le futur régime. Et pour cause, les acteurs concernés par ces réformes ne sont pas associés à leur élaboration. Mais la grande faiblesse de ce gouvernement selon l’universitaire, porte sur l’absence du volet éthique dans le programme d’actions du gouvernement.

Les constats et suggestions

Narcisse Tomety est convaincu que seule une véritable campagne d’éducation des Béninois à la citoyenneté, serait capable de produire des citoyens nouveaux. Ce sont de tels citoyens qui pourraient mettre fin à la progression inquiétante de la corruption et des détournements de la fortune publique. C’est pour cela qu’il déplore que l’impunité soit devenue un système culturel. Pour ce faire, il recommande que «nos dirigeants cultivent le sens du service», qui doit faire des dirigeants des personnes qui viennent servir et non se servir. L’invité s’est indigné que les salaires des ministres et des préfets soient si élevés dans un pays pauvre. Il trouve que le régime qui gouverne actuellement le Bénin, est ultralibéral et donc plus porté par le développement du capitalisme que la diminution de la pauvreté des populations. Selon Tomety, le régime tend à développer l’enrichissement d’une classe au détriment de la masse : «en privatisant les sociétés d’Etat, ce sont toujours les mêmes qui les achètent : les riches Béninois et les riches étrangers ».

Il recommande que le gouvernement en cas de liquidation de ces entreprises d’Etat, ouvre le capital aux acteurs du secteur concerné pour opérer un développement d’investisseurs locaux. Et pour créer aussi une nouvelle couche d’opérateurs économiques issue de la classe pauvre. C’est ce qu’il a appelé : « la domestication de la valeur ajoutée». Narcisse Tomety trouve que les réformes de Talon ne sont pas à caractère social, ce qui crée un accroissement de la pauvreté. L’universitaire appelle le chef de l’Etat à ne pas banaliser la misère du peuple. Au plan politique, il invite Patrice Talon à ne pas se représenter en 2021 pour respecter sa parole donnée et sacrée. Sur le limogeage d’Hervé Hêhomey, il estime que le président de la République doit désigner un ministre pour expliquer aux populations les raisons de l’acte.

Sur ses rapports actuels avec Koupaki

Il postule qu’on ne peut pas diriger un peuple par le silence, l’indifférence et l’opacité. Sur ses rapports avec Koupaki, il dit qu’au plan humain, ils s’entendent bien, mais qu’ils sont juste divisés au plan idéologique. Il rapporte que ça déception est partie du fait que Koupaki ait été incapable d’intégrer le moindre aspect de la nouvelle conscience dans le PAG. Il s’est d’ailleurs demandé si ce dernier est entré au gouvernement en son nom propre ou au nom de la nouvelle conscience. Par ailleurs, Tomety affirme que : «aucun pays ne peut connaître un essor s’il n’y a pas de complicité entre le gouvernement et les opérateurs économiques, faisant ainsi allusion aux rapports conflictuels qui existent entre Patrice Talon et les opérateurs économiques»

Commentaires

Commentaires du site 1
  • Avatar commentaire
    Paul Ahehenou 3 mois

    Très belle analyse. Malheureusement Talon n’a plus d’oreilles pour écouter un discours aussi pertinent. La raison? C’est qu’il n’est pas en train de se tromper. Il est profondément capitaliste et égoïste. Il veut toute la richesse du Bénin pour lui seul, tant pis pour les pauvres.