Des métiers et des mots

Des métiers et des mots

Il y a des métiers qui cheminent avec des mots et expressions bien connus. A l'image de la nuée qui accompagne l'orage. Ces mots et expressions peuvent tenir lieu de boucliers protecteurs. Ces mots et expressions se tirent à soi comme on le fait d'une couverture.

La liberté de la presse : mode d’emploi

Dans tous les cas, chaque métier porte le masque qu’il estime lui convenir. Derrière ce déguisement de circonstance et de convenance, découvrons la vérité des apparences. Quatre expressions courantes sont convoquées.  Chacune d’elles renvoie à un métier, à un corps professionnel.

L’expression “de sources généralement bien informées“. C’est la mascotte, le porte-bonheur pour ainsi dire du journaliste-plaisantin. Le journaliste en mal de crédibiliser sa source d’information. Au cas où on l’ignorerait, le journaliste, au nom de la déontologie et de l’éthique de son métier, ne doit jamais révéler ses sources. Même sous la torture. Mais il a le devoir de les authentifier après les avoir rigoureusement vérifiées et recoupées. On parlera d’une source “judiciaire“, “policière”, “gouvernementale”, “hospitalière” etc. Mais une source qui voudrait être “généralement bien informée“, ne peut être qu’une source “malheureusement sous-informée, mal informée ou non-informée“. Ne vous y fiez pas. Une information sans source connue, c’est la rumeur. Et la rumeur, c’est de l’intox. Gare aux infections !

L’expression “l’usage disproportionné de la force”. On en trouve souvent la trace dans les communiqués des Organisations de la société civile qui se dévouent pour la cause des droits de l’homme.  Quand, par exemple, lors d’une manifestation publique les forces de l’ordre y vont de leur grosse artillerie contre des civils désarmés, il y a effectivement “usage disproportionné de la force”. C’est comme si l’on se servait d’une masse de 100 kilos pour régler son compte à une toute petite mouche.

Au-delà du raisonnable, on doit admettre avec Jean-Paul Sartre que “quand on se bat, on peut être battu“. Ceci au-delà de tous rapports des forces préétablis. Les guerres de libération nationale l’ont montré, du Vietnam en Algérie, de l’Afrique du Sud en Angola…Pensons à la confrontation biblique entre Samson et Goliath.

L’expression “outrage à magistrat dans l’exercice de ses fonctions“. Sur le terrain du droit, c’est l’expression souvent utilisée par celui qui estime être en posture d’appliquer la loi contre celui qui doit la subir. C’est la parole du premier contre celle du second. C’est le fait du prince, en termes d’exactions et d’excès, contre l’impuissance résignée du citoyen lambda.

C’est vrai que la loi protège ceux de nos concitoyens qui se dévouent pour que force reste, partout et en toute circonstance, à la loi. Mais de grâce, ce n’est pas sain de s’abriter derrière ce baobab juridique pour s’empêcher ou s’interdire de voir l’homme. L’humanité n’a point besoin d’uniforme pour s’imposer comme une vertu cardinale.

L’expression “les dysfonctionnements notés ne sont pas de nature à changer le résultat du scrutin“, c’est le refrain que répètent et ressassent à l’envi les observateurs des élections dans nos pays.  Dans les vielles démocraties, point n’est besoin d’observateurs pour valider les résultats d’une élection. Emmanuel Macron, en France, est sacré et consacré Président de tous les Français, quelques heures seulement après la fermeture des bureaux de vote. Mais pour nous qui sommes encore tenus pour des apprentis en démocratie, les observateurs continuent de s’imposer comme d’incontournables pions dans la chaîne électorale.

Nous voulons bien, mais à condition qu’on ne nous serve plus la même salade de Bamako à Dakar, de Conakry à Nairobi. A cette dernière étape kényane, la machine des observateurs à répéter la même expression s’est fracassée. La Cour constitutionnelle du pays a invalidé, sans autre forme de procès, l’élection. Les observateurs sont hors jeu. Ils sont invités à revoir leur copie. Que vaudra désormais la parole de ces touristes électoraux ?  Qu’ils meurent de leur plus belle mort.

Connaissez-vous le serment d’Hippocrate ? Il régit la profession et la vie de tous ceux qui opèrent dans le secteur de la santé. Ne pas honorer ce serment, c’est choisir de se maudire, c’est appeler le malheur sur soi. Le serment dit : “Si j’y manque, que je sois couvert d’opprobre et méprisé.” Médecins, infirmiers, sages-femmes de notre pays, le saviez-vous ?

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