Indifférence face aux récriminations du secteur de la santé: Le dialogue social sous la rupture ou la dictature

Indifférence face aux récriminations du secteur de la santé: Le dialogue social sous la rupture ou la dictature

Déjà plus de deux mois que le personnel de la santé de différents corps de métiers, manifeste son mécontentement par rapport au chantier des réformes initiées par le gouvernement dans ce secteur.

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Ce même personnel demande également à l’Etat de surseoir à l’idée de mettre en concession le Centre national hospitalier universitaire Hubert Koutoukou Maga de Cotonou. Face à toutes ces récriminations, le gouvernement a opté pour le silence, afin de mieux imposer ses décisions unilatérales. Aucune des interpellations des syndicalistes n’ont trouvé d’écho favorable auprès d’un gouvernement qui proclame pourtant son ouverture au dialogue.

C’est peut être la conception de l’esprit de dialogue de ce gouvernement, qui n’est pas perçue de tous. Parler de dialogue social pour ce gouvernement renvoie à imposer ses points de vue à ses partenaires sociaux. Dialoguer pour le gouvernement, c’est s’assurer de la docilité des interlocuteurs. Et si ces derniers se montrent réticents à donner leurs avis sur l’objet des échanges, c’est le silence, l’indifférence et mêmes des actions unilatérales, sans tenir compte de leurs observations. C’est exactement ce qui s’est passé avec le personnel de la santé. Le gouvernement a foncé tête baissée dans la décision unilatérale de mettre en concession le centre national hospitalier universitaire, Cnhu.

Malgré toutes les protestations des agents de la santé, des observations faites sur la question par les spécialistes, le pouvoir en place est loin d’entendre raison. Autre détermination, autre dictature, c’est le chantier des réformes initié par le gouvernement. Ceci s’est fait sans l’avis des acteurs de la santé. La commission a été constituée en majorité des professeurs en médecine, qui ne sont pas des acteurs de terrain. Ce sont ces universitaires qui ont réfléchi à huis clos sur les aménagements à apporter. La constitution des membres de la commission n’a pas inclus les différents corps de métier du secteur de la santé, encore moins les syndicats. Le plus étonnant a été le refus du gouvernement de transmettre aux syndicats du personnel de la santé, le rapport de cette commission.

Cette attitude d’indifférence, doublée d’une incurie ostentatoire vis-à-vis du personnel de la santé, démontre à suffisance la psychologie de condescendance, qui caractérise le régime de la rupture. Exténués par l’attitude du gouvernement, les syndicats se sont vus obligés de passer à une autre dimension de leurs revendications. En lançant un mouvement de grève d’avertissement de 2 jours, du mercredi 30 au jeudi 31 aout 2017. Une grève qui a été largement suivie sur l’ensemble du territoire national, selon des rapports de médias. Heureusement que pour la circonstance, les syndicats ont respecté l’exigence de laisser un service minimum dans les hôpitaux. Reste à souhaiter que ladite grève d’avertissement ne devienne pas à durée indéterminée. Le secteur de la santé est vital pour toute la société, dans le sens vrai du terme. Ce faisant, il devrait être chérit par tous les gouvernements, de quelque pays que ce soit.

Ce n’est malheureusement pas le cas.  Le personnel de la santé ne semble pas trouver grande considération aux yeux de notre gouvernement. Et pourtant ! Qui ignore le parcours laborieux qui conduit au rang de médecin spécialiste par exemple. Après 6 ans d’études primaires, 7 ans au secondaire, 8 ans au supérieur pour soutenir la thèse de doctorat en médecine, en plus de 4 ans de spécialisation, cela fait 25 ans à passer à l’école pour devenir cardiologue, gynécologue, dermatologue, ophtalmologiste etc. C’est  donc étonnant que des personnes qui aient passé autant d’années à l’école pour servir les populations, ne reçoivent pas la reconnaissance de l’Etat, ne fut-ce que pour leur haut degré de technicité. Dans tous les cas, un Etat soucieux de la qualité des soins de ses citoyens devrait avoir plus d’égard et de considération pour le personnel chargé de les soigner. Il n’est peut être pas encore trop tard pour que le gouvernement revienne à de meilleurs sentiments

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