Bénin: « La gouvernance de Talon ne rassure personne », selon Guy Mitokpè

Bénin: « La gouvernance de Talon ne rassure personne », selon Guy Mitokpè

Le secrétaire général du parti Restaurer l’Espoir, Guy Mitokpè député à l’Assemblée nationale, a exprimé son amertume sur la gouvernance du président Talon.

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Sans langue de bois l’invité de la radio Soleil Fm a clarifié plusieurs sujets, dont la marche constante de son parti vers l’opposition, et l’opacité dans la gouvernance du chef de l’Etat.

Restaurer l’espoir s’oppose au régime Talon. C’est un secret de polichinelle. L’opposition prend place sous la rupture avec les clarifications de Guy Mitokpè, député à l’assemblée nationale, secrétaire général du parti dirigé par Candide Azanaï.  Au lendemain du 3e congrès extraordinaire de Restaurer l’espoir à Abomey ce week-end sur le thème ‘’Mieux s’organiser pour mieux défendre, Guy Mitokpè a annoncé les prémices de la position de son parti politique, engagé à rétablir la démocratie et la bonne gouvernance. Il a souhaité que les personnes qui s’inscrivent dans l’idéologie de son parti les rejoignent, non pour conduire le régime à l’échec mais pour l’aider à mieux gouverner. Il affirme que : « Le président Patrice Talon n’a pas encore montré qu’il peut faire mieux ».

Il n’y a aucun domaine dans lequel on peut percevoir les signaux qui annoncent les couleurs. Il n’y a rien qui prouve que ce régime rassure ». Rappelant les raisons du soutien de son parti, il a indiqué : « Nous pensions que le Bénin sera dirigé par des gens extraordinaires, capables de travailler deux fois plus que le régime précédent ». Il pense pour sa part que « lorsqu’on a le pouvoir, on ne dit pas on va faire, mais on fait ». Aussi, s’est-il résolu à confirmer que : « ni les effets, ni les impacts des actions du gouvernement, ne rassurent ». Selon Guy Mitokpè, dans un ton qui traduit le désespoir, depuis près de deux ans que l’actuel régime officie, « dans aucun domaine il ne donne pas la preuve qu’il est entrain de faire mieux que celui qui l’a précédé ».  

Les casses, la révision de la constitution

L’ancien ministre de la défense n’est pas parti parce qu’il n’y avait pas à bouffer, allègue son Sg. Mais il est parti pour rester en harmonie avec son idéologie et montrer à la jeunesse qu’il y a encore des gens qui peuvent rester cohérents avec eux-mêmes. Le premier point d’achoppement de la démission d’Azanaï du gouvernement Talon, est la casse menée par le régime, a indiqué le secrétaire général du parti RE. « Azanaï n’était pas d’accord avec les casses opérées. Il a fait des propositions, mais il n’a pas été écouté », a confié l’invité. A cela s’ajoute le débat sur la révision de la constitution.

« C’est un acte hautement politique qui engage les acteurs politiques. Mais le président Azanaï n’a jamais été consulté », a martelé Guy Mitokpè.

L’ancien ministre de la défense a bien envie d’expliquer aux populations les raisons de sa démission et de sa rupture avec l’homme qu’il a aidé à arriver au pouvoir. Mais « le préalable est qu’il passe service, mais le chef de l’Etat ne veut pas le faire », a fait constater Guy Mitokpè.

Regret du soutien à Talon, des ralliements, l’opposition  

Guy Mitokpè a avoué ne pas regretter d’avoir soutenu Talon : « Quand on est franc dans son soutien, on ne regrette pas mais on dénonce quand ça ne va pas. Il faut de la franchise en politique. Ce n’est pas parce que vous êtes en politique que vous êtes exempts de la morale, de la foi… », Soutient-il.

Il se désole des ralliements tous azimuts au régime et au Pag, et déplore que les acteurs politiques soient obnubilés par l’avoir, et oublient de défendre la cause des pauvres : « dans un pays où la pauvreté est la chose la mieux partagée, c’est choquant de voir tous ces ralliements ». Il revient selon ses dires que les politiciens disent au chef de l’Etat ce que le peuple attend de lui.

« Si le peuple a accepté d’être cassé, c’est qu’il a donné  sa caution au développement », a-t-il déclaré.

Expliquant par ailleurs qu’il ne donne plus sa caution au vote de ratification d’accord de prêt au parlement. Une démarche qui selon lui vise à éviter d’autres scandales de type Ppea2.    

Logements sociaux, suppression de la gratuité d’inscription, le Ravip, Ofmas

Guy Mitokpè constate que depuis le 16 décembre 2016 où le Pag a été présenté, que le gouvernement est toujours à la case de départ. « Asphaltage c’est où, 20.000 logements sociaux c’est où ? », s’est-il demandé martelant que le gouvernement a fait rêver le peuple. Il a annoncé qu’il y a des choses graves sur lesquelles il compte revenir bientôt.

A propos de la suppression de la gratuité des inscriptions dans les universités, Guy Mitokpè estime que si cette mesure vise à supprimer les 100.000frs qu’on prenait aux étudiants en licence, 300.000frs en master et près de 600.000frs en thèse, alors il applaudit. Mais si ces mesures ne suppriment pas ces centaines de mille, alors il regrette.

Au sujet du Ravip, le député dénonce une opacité dans la gestion de cet instrument de développement purement technique, qui n’est pas dénudé de velléité politique. Le budget du Ravip fait 40 milliards, mais il n’y a aucune information sur cet instrument dont la réalisation est confiée aux étrangers, selon les explications du député.

De l’affaire Ofmas, qui a fait partir Hervé Hêhomey du gouvernement, Guy M. indique : « L’affaire Ofmas sera ce que l’affaire Covas aura été dans les années 70 ».

De la probable candidature de Patrice Talon

Guy Mitokpè a battu en brèche la position de Talon, tenté par un second mandat et rappelle les propos du chef de l’Etat au cours d’une émission : « A titre personnel, je m’engage pour un seul mandat ». Il a dit que quand on est à ce niveau de responsabilité, on doit prendre le peuple au sérieux, puisque le chef de l’Etat même avait martelé que même si son projet de révision de la constitution échoue, il ne se présentera plus

Commentaires

Commentaires du site 1
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    Karl 2 mois

    «La gouvernance de Talon ne rassure personne», vous dites? Nous le savions avant qu’il ne vienne au pouvoir. Vous n’avez encore rien vu. Comme le disent les ivoiriens, la gestion du pouvoir et de son entreprise ca fait deux. Allez vous en prendre à vous-mêmes.