Bénin : Talon muet face à la fronde sociale

Bénin : Talon muet face à la fronde sociale

La gestion du chef de l’Etat béninois est objet de protestation dans le pays. Les acteurs de la société civile ne partagent pas la méthode de gouvernance du président Patrice Talon.

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Pour exprimer leur mécontentement, les organisations syndicales organisent des mouvements de grèves qui paralysent des secteurs d’activités cruciaux. Ils adressent aussi des mémorandums au gouvernement pour l’appeler au dialogue. Mais le chef de l’Etat reste indifférent à ces multiples interpellations.

« Le manque de dialogue crée tout. La mise en œuvre du Pag ne peut se faire que si le pays est en paix ». Ces propos de l’ancien ministre des Travaux publics et des infrastructures Gustave Dépo Sonon, explique à suffisance la nécessité et l’urgence  de dialoguer avec le peuple dans ce flot de contestations. Le mode de gouvernance du chef de l’Etat est contesté par toutes les couches des travailleurs, soutenues par les centrales et confédérations syndicales. Certains syndicalistes expriment déjà le regret d’avoir appelé leurs militants à faire le choix du candidat Talon, lors de la présidentielle de février-mars 2016. Pascal Todjinou, de passage sur l’émission ce dimanche sur une radio privée à Cotonou, s’est dit meurtri et mal à l’aise face à la gouvernance Talon. Les syndicalistes et les acteurs politiques, réunis au sein du Front pour le sursaut patriotique (Fsp), ont fait le même constat tout en dénonçant la gestion exclusive du pouvoir par le chef de l’Etat. Mais leur main tendue ne reçoit pas encore l’assentiment du président Talon.

Ce silence du président de la République contraint les acteurs de la société civile à sortir de leurs gongs, avec le risque de paralysie des secteurs d’activités importants comme la santé, la plate-forme portuaire ou la justice. A propos du secteur de la santé, la situation est vraiment préoccupante, sauf pour le gouvernement qui reste indifférent. La grève déclenchée par les acteurs du système sanitaire ne manque pas de conséquences. Les usagers des centres de santé et des hôpitaux de zone font les frais de ces grèves avec tacite reconduction. Les syndicats des agents de santé exigent que le gouvernement les associe aux réformes en cours dans le secteur… Les mouvements de débrayage ont aussi touché un autre secteur sensible : celui de la justice. Ces deux dernières semaines, les Cours et les tribunaux sont restés fermés aux justiciables. Toutes les sept confédérations et centrales syndicales ont protesté vendredi 20 octobre dernier, à travers une marche dans les rues de Cotonou. Une occasion qui a permis aux travailleurs d’exprimer leurs ras-le-bol aux représentants du gouvernement, au ministère du Plan et du Développement. Le clou de leurs revendications reste le dialogue avec les travailleurs, face à ce qu’ils appellent « la mauvaise gouvernance et le vote de lois qui mettent à mal les intérêts des travailleurs ». A quoi peut-on s’attendre si ce n’est à un appel au dialogue avec les travailleurs ?

Silence inquiétant et inconséquent de Talon

Les centrales et confédérations syndicales dénoncent avec toute leur énergie l’enlisement du dialogue sous le régime de la rupture. Les entraves à la démocratie et à la liberté d’expression ne sont pas du goût des travailleurs qui promettent d’ailleurs revenir à la charge les jours à venir. Autrement, si le chef de l’Etat ne rencontre pas les représentants du peuple, toute l’administration sera paralysée, selon les dernières informations des différents conclaves des membres du Fsp. « Ce qui se passe aujourd’hui est pire », fait remarquer Pascal Todjinou qui poursuit que : « garder longtemps une distance vis-à-vis des citoyens, sans trouver une occasion de dialogue ni de discussion avec le peuple, va desservir le gouvernement. Le président de la République n’a plus d’autre choix que d’écouter le peuple »

Commentaires

Commentaires du site 3
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    Jean 4 semaines

    Certains parlent parce qu’il y a une vraie rupture avec le système Yayi. Beaucoup d’intérêts sont bouleversés.
    Ces syndicalistes ne parlent pas des réseaux démantelés au ministère des finances ou 8 agents de taillent indûment chaque mois une bagatelle somme de près de 2 milliards de CFA, ils ne parlent pas des réseaux de faux boursiers à la Direction des Bourses etc … etc…
    Todjinou Lokossou et consorts on les connais dans ce pays.
    RAS, rien de nouveau sous le soleil, c’est du vent.

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    Jean 4 semaines

    De qu’elle fronde sociale s’agit-il?