Fin de la gratuité des inscriptions dans les universités publiques : Une décision « saugrenue »

(selon les étudiants)

Fin de la gratuité des inscriptions dans les universités publiques : Une décision « saugrenue »

La décision du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Marie-Odile Attanasso, relative à la suppression de la gratuité des inscriptions dans les universités publiques du Bénin, a été diversement appréciée.

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Si certains estiment que cette décision est en phase avec les exigences de l’Uemoa, les étudiants la trouvent plutôt « saugrenue ». C’est le constat fait hier mardi 03 octobre 2017, dans l’enceinte de l’Université d’Abomey-Calavi.

Depuis l’annonce du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique relative à la suppression de la gratuité des inscriptions dans les universités publiques du Bénin, les étudiants sont remontés. Mieux, ils estiment que ce faisant le ministre place la charrue avant les bœufs. C’est le constat fait hier mardi 03 octobre 2017 à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac). En effet, à l’occasion de la rentrée solennelle universitaire 2017-2018 qui a eu lieu le lundi dernier, Marie-Odile Attanasso a annoncé que désormais les inscriptions dans les universités publiques du Bénin sont payantes. Une décision qui n’a pas reçu l’assentiment des étudiants. C’est d’ailleurs l’avis de Justin Akpo, étudiant en troisième année de géographie.

Une barrière pour les béninois les plus démunis

« Les autorités nous parlent du système Lmd, pourtant ce système exige des préalables. Nous prenons les cours en plein air et dans des conditions exécrables » s’est-il fendu. Le ministre, explique l’étudiant, veut empêcher les béninois indigents de faire les études supérieures. « Cela est triste » a-t-il déclaré.

S’agissant des raisons évoquées par le ministre pour justifier les nouveaux frais d’inscriptions, il a fait savoir qu’un gouvernement responsable n’agit pas en aval, mais bien en amont. Car les ordinateurs et autres choses qui seront achetées afin de permettre aux étudiants d’étudier dans de meilleures conditions, devraient être  acquises en amont. « Tout porte à croire que c’est sur un coup de tête que cette décision a été prise » s’est-il désolé. Abondant dans son sens, Firmin Bodjrenou, étudiant en deuxième année de lettres modernes, a expliqué que cette décision est saugrenue.

Comment comprendre, poursuit-il, que des 15.000f que de nombreux étudiants éprouvaient des difficultés à payer, l’on passe à 25000f. « Veulent-ils empêcher les enfants de pauvres de faire des études supérieures ? », s’est interrogé M. Bodjrenou, avant d’inviter le ministre à revenir sur sa décision pour le bonheur des étudiants et parents. Pour sa part, Narcisse Dègbadji, étudiant en première année de Chimie, biologie et géologie (Cbg1), pense que cette décision du ministre montre qu’elle n’a pas à cœur les souffrances des étudiants.

« Je me demande si dans les décisions de ce régime, la dimension sociale est prise en compte », a laissé entendre l’étudiant. « Je suis foncièrement contre cette décision qui ne respecte aucune norme, comme le prétend le ministre. Sur qu’elle base a-t-elle fixé les frais d’inscriptions », dit Sandra Hounzali pour exprimer sa désolation. Cette étudiante en première année de droit, estime que le gouvernement a plutôt intérêt à se pencher sur les réels problèmes des béninois s’il veut que cette nouvelle rentrée universitaire se passe sans heurts. Avec la décision du ministre, les étudiants en cycle de Licence, Master ou de doctorat, devront payer respectivement 25 000 f, 50 000f et 75 000f cfa

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