Inscriptions académiques payantes au Bénin: Emmanuel Zounon s’insurge

« Il faut combattre cette mesure car elle remet en cause les acquis sociaux »

Inscriptions académiques payantes au Bénin: Emmanuel Zounon s’insurge

L’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb), partage l’avis des étudiants en ce qui concerne la décision du Gouvernement de rendre payantes les inscriptions académiques dans les universités publiques.

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Pour Emmanuel Zounon, le Secrétaire Général du syndicat de qui notre rédaction s’est rapprochée pour avoir l’avis, c’est une manière de fermer l’école aux pauvres et il faut la combattre.

Lnt : Que pensez-vous de la décision du Gouvernement fixant désormais les inscriptions académiques des étudiants des universités publiques à 25 000 fCfa pour ceux du 1er cycle, 50 000f pour le second cycle et 75 000f pour ceux du troisième cycle ?

Emmanuel Zounon : J’avoue que je n’ai pas lu cette réforme qui permet au Bénin de se conformer aux normes communautaires de l’Uemoa en matière de fixation des droits d’inscriptions dans nos universités. Mais, j’estime qu’on ne peut pas demander au Bénin et à la Côte d’ivoire de payer la même chose. Notre Smic ne peut pas être de 40 000f, pour que nous payions la même chose que ceux qui ont 100 000f comme Smic. A mon entendement, la norme peut demander de ne pas dépasser un certain seuil. Mais la norme ne peut pas demander à celui qui est à zéro franc de payer 25 000 f. C’est inacceptable et il faut combattre cette mesure parce que c’est une remise en cause des acquis sociaux. Si le régime précédent a fait l’effort de subventionner, de supporter les droits d’inscriptions, il n’est pas normal qu’on nous dise aujourd’hui qu’il faut payer nécessairement. Pour l’Etat, supporter ces droits d’inscriptions, c’est une manière indirecte de redistribuer la plus-value. Certes les fonctionnaires ont un salaire. Mais pour les 95% qui sont dans l’économie informelle et qui ne bénéficient de rien par rapport aux revenus de l’Etat ? La gratuité c’est une manière indirecte de subventionner l’école pour les enfants de paysans. Il est également inacceptable que les droits d’inscriptions soient une mesure pour faire un filtrage au niveau des inscriptions dans nos universités, parce qu’en commençant aujourd’hui par 25 000, dans deux ans, ce sera 50 000, peut-être à 500 000 dans 3 ans. Et l’école béninoise va devenir une école uniquement pour riches. Il faut également permettre aux pauvres d’accéder au savoir. Non seulement nous sommes contre cette mesure, mais nous allons la combattre. Nous sommes prêts à supporter les étudiants pour ne pas accepter une telle mesure.

A part le fait de se conformer aux normes de l’Uemoa, le Gouvernement affirme que cette mesure contribuera à l’amélioration de la qualité de la formation. Ne le pensez-vous pas ?

La pression fiscale encourage l’inflation. Nous avons déjà trop de taxes dans le pays. Il ne faut plus en rajouter. C’est ça la réalité. Payer ne changera absolument rien. Si aujourd’hui on supprime la gratuité au niveau l’enseignement supérieur, cette subvention que l’Etat donnait servira à quoi ? Cela va rentrer dans la poche des individus… Et il faut que le gouvernement sache qu’on ne fait pas de réforme coup par coup. La réforme se fait dans sa globalité. Il faut que tout le monde s’asseye lors des états généraux pour définir la politique nationale de l’éducation.

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