Lancement manu militari du Ravip : Un plan suspect pour contrôler le fichier électoral

Lancement manu militari du Ravip : Un plan suspect pour contrôler le fichier électoral

(La classe politique complice) Annoncé comme une réforme majeure de notre politique de gestion des populations, le Recensement administratif à vocatio

Ce que Talon, président du Bénin, ne devrait pas dire à Macron !

(La classe politique complice) Annoncé comme une réforme majeure de notre politique de gestion des populations, le Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip), a tout l’air d’un cheval de Troie dont les initiateurs cachent habillement les vraies raisons.

La précipitation notée autour de la mise en œuvre de ce projet, la politisation à outrance de sa gestion ainsi que les équivoques entretenues par la loi qui l’encadre, amènent à douter de la sincérité de ses chantres.

Depuis Paris où il a annoncé pour la première fois sa volonté de briguer la magistrature suprême, le chef de l’Etat avait mis un point d’honneur à la réforme du système partisan. Il entendait aussi améliorer la gouvernance politique à travers une réforme constitutionnelle. On l’a rarement entendu, sinon jamais sur les réformes du registre national d’Etat civil ou le fichier électoral. Publiquement, le candidat Patrice Talon n’a rien eu à reprocher au fichier électoral qui lui a permis de battre tous les candidats à cette élection, et celui des grands partis surtout.

Il est donc surprenant de le voir, dix huit mois après, en faire une préoccupation et même une priorité. Priorité au point de consacrer toute une loi au recensement de la population. Le 24 avril, l’Assemblée nationale a voté la loi N°2017-08 du 19 juin 2017, portant identification des personnes physiques en République du Bénin. Cette loi, comme bien d’autres, a été goupillée au cours d’un séminaire parlementaire à Dassa Zoumè, où gouvernement et Assemblée nationale, comme deux époux ont convolé en justes noces.

Puis ce vendredi 29 septembre, à la surprise générale, le gouvernement a lancé le recensement. Tout s’est passé en parfaite intelligence avec l’Assemblée nationale dont le président Me Adrien Houngbédji a assisté, aux côtés du président de la République, au lancement du projet. Le même jour, le gouvernement lance manu militari le recrutement des agents qui vont travailler sur ce projet. Cette précipitation notée dans la mise en œuvre du projet amène à se demander les réelles motivations des chantres dudit projet.

60 milliards pour rien…

Avait-t-on besoin tout de suite et de façon urgente d’un tel projet ? Le Bénin venant à peine de faire l’expérience d’une Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Celle-ci a fini d’être confectionnée en 2010 et n’a servi qu’aux présidentielles de 2011, 2016, et aux législatives de 2011 et 2015. Financée par le consortium des partenaires techniques et financiers représenté en son temps par le Pnud,  la Lépi a été conduite dans la précipitation et la tension. On se rappelle encore des marches de désapprobation de cette liste. On se rappelle également des 45 milliards engloutis pour sa réalisation, avec le Parel comme bras opérationnel.

Sa correction intervenue en 2015 a coûté 15 autres milliards. Au total, près de 60 milliards de nos francs ont été engloutis dans la confection d’un fichier électoral informatisé. Jusqu’à ce jour, le Bénin n’a pas encore fait de bilan exhaustif de ce lourd investissement pour en tirer les différentes leçons. Dans un tel contexte et au regard de la morosité économique ambiante, ne devrait-on pas accorder priorité à d’autres dépenses que de chercher à, de nouveau, investir des dizaines de milliards pour avoir un fichier d’Etat civil ? Au total, tout calcul bien fait, le Bénin investirait (Ravip inclu), plus de 100 milliards fcfa en moins de

12 ans pour avoir un seul et même fichier. Or, notre pays dit sous-développé a actuellement bien d’autres priorités, comme la santé, l’éducation, les infrastructures, etc. Toutes choses sérieuses qui nécessitent assez d’investissements.

La Lépi sacrifiée ?

Une autre question mérite d’être posée une fois qu’on a vu la liste du comité de supervision. Tous les membres du bureau sont des hommes politiques. Un ministre et des députés. Sur cinq membres, quatre sont de la majorité présidentielle et un seul de l’opposition. En plus, il y a des ministres très proches du Chef de l’Etat. Question : comment veut-on mettre en place un registre national sans s’en référer aux techniciens ? Pourquoi avoir privilégié les politiques au détriment des cadres de l’Insae. Conclusion : on a l’impression que la gestion de ce projet est militarisée à dessein, pour atteindre un but. Ce dernier transparaît un peu à la lecture de l’article 13 de la loi. « Le registre national sert de base à la production des données nominatives, personnelles et biométriques, à mettre à la disposition de l’organe désigné par la loi pour établir la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Ces données serviront également au recensement administratif à vocation d’identification de la population… ». Ceci dit, cet article consacre la mort de l’actualisation du fichier électoral, puisque désormais les données pour actualiser la Lépi viendront du registre national. Une fenêtre est ainsi ouverte et qui programme la mort de la Lépi. On comprend pourquoi le Chef de l’Etat ne s’empresse pas d’actualiser la Lépi. Il attend sûrement le Ravip. Il s’agit là d’une entorse grave au Code électoral du Bénin. La loi ouvre également une fenêtre qui pourrait déboucher sur des incertitudes. Il s’agit des témoignages pour enrôler certains « sans papier » dans le registre national. On est face à des options politiques très graves qui hélas ne suscitent plus de tollé de nos jours… comme sous Yayi. Bienvenue au cadeau empoisonné

Commentaires

Commentaires du site 2
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    virgile Il y a 1 année

    Marcel ZOUMENOU, nous vous demandons de donner des informations qui puissent nous aider populations Béninoises à connaitre le développement social. Je ne comprends pas souvent vos articles. Ils sont sans fond. Un seul objectif vous Marcel montrer que vous êtes en train de critiquer. Non votre style est trop bancal. Ce tout la majorité de Béninois souhaitaient depuis, va être réalisé et vous, comme un journaliste ou un bien observateur, vous dites que c’est complot. Savez vous vraiment de quoi vous parlez monsieur Marcel? pardon changer de style. je ne vous demande pas de soutenir le pouvoir en place, non non. Vous auriez pu prendre ce projet le décortiquer et faire même des compléments d’idées pour qu’il soit plus robuste et plus enviable. AU lieu d’y voir et d’y mettre la politique. Marcel ZOUMENOU savez les différents avantages économiques, sociaux, scolaires, culturels, juridiques et d’autres bien surs que comporte la réalisation de ce projet? Etes vous vraiment un intellectuel, qui est actuel? voulez vous vraiment le progrès du Bénin? Donc la situation du Bénin en général vous réjouit? Ce est bon pour le progrès du Bénin il faut l’accepter je vous en prie. C’est quoi? quand je lis vos articles je me pose mille question. S’il vous plait sachez faire la part des choses, pour mieux servir vos lecteurs.

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      Quel gros naïf vous faites, non mais.
      Vous le payez pour faire des propositions? Et qui vous dit que ce gouvernement de ruse et de rage tient compte des critiques et propositions des gens. Eux qui font comme bon leur semble depuis avril 2016