Affaire Soleil Fm : La Haac déclare son incompétence à réguler les médias

Affaire Soleil Fm : La Haac déclare son incompétence à réguler les médias

Voici plus de trois semaines que la fréquence de la station radio de Soleil Fm est brouillée. Les responsables de la chaîne ont contacté l’institution chargée de réguler les médias qui est la Haac, mais cette dernière à travers sa réaction a démontré qu’elle est incompétente voire impuissante à réguler les médias.

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Il s’agit donc pour les responsables des médias d’une part, et les professionnels des médias en général, de tirer des leçons qui s’imposent.

L’affaire du brouillage de la fréquence de Soleil a permis de mettre en évidence les limites de la Haac. L’institution vient de déclarer à travers son attitude son incompétence à réguler les médias. Saisie depuis sur la fréquence de Soleil Fm qui est piratée, l’institution a brillé par l’indifférence, se contentant seulement de répondre par médias interposés à la requête de Soleil Fm. Les responsables de la radio avaient été notifiés par la Haac de ce que le dossier a été confié au service technique spécialisé. Nous avons fait le tour des responsables de la Haac, sans que personne ne soit en mesure de nous dire à quel niveau de traitement se trouve le dossier de la fréquence piratée. Les différents conseillers contactés nous laissaient toujours croire que le président est la seule personne habilitée à donner des explications à la presse et qu’il était en déplacement en Europe. Plus de deux semaines après notre démarche, rien n’est fait du côté de la Haac. Et la station 106 Fm continue d’être brouillée.

La déclaration d’incompétence

Il n’y a pas autre chose à comprendre à travers ce comportement de la Haac que la déclaration tacite de son incompétence à réguler les médias. Réguler les médias, pour le cas de l’audiovisuel, c’est selon l’entendement ordinaire pouvoir encadrer leur fonctionnement, mais aussi s’assurer que chaque média utilise uniquement la fréquence qui lui est attribuée. Pour ce faire, l’institution de régulation se dote d’un dispositif technique de surveillance qui lui permet de détecter soit des cas d’utilisation des fréquences non attribuées soit des cas de présence d’un média ou d’un pirate sur la fréquence d’un autre. C’est l’ensemble de ces activités qui constitue la régulation. Si la Haac n’est pas en mesure de faire cette surveillance en détectant des utilisations illicites des fréquences, c’est qu’elle n’est donc pas une véritable institution de régulation. A moins qu’à la Haac actuelle, on ait réduit la régulation au fait d’éplucher le contenu des productions audiovisuelles et de la presse écrite pour y déceler des dérapages, de se réunir pour infliger des sanctions et de s’empresser pour les faire appliquer.

L’opportunité de créer un organe d’autorégulation

Cette compréhension réductrice de la régulation qui semble être celle de la Haac, est non seulement erronée mais aussi caduque. Le président de l’Agence de régulation des communications électroniques et de la poste, Arcep, au cours d’une conférence de presse qu’il a organisée en août 2017 à l’hôtel Novotel rappelait que : « le but de la régulation n’est pas d’infliger des sanctions. La régulation consiste plutôt à accompagner les opérateurs du domaine. A discuter avec eux de leurs manquements et arrêter ensemble des possibilités de se corriger. Les sanctions n’interviennent que lorsqu’un opérateur est multirécidiviste et refuse d’appliquer le plan de rectification qu’il s’est proposé ». C’est cela la conception moderne de la régulation, celle qui consiste à aider les entreprises opérant dans le secteur à prospérer en se conformant aux lois.

La Haac actuelle, vu sa conception rétrograde de la régulation et son incapacité à assurer l’utilisation judicieuse des fréquences attribuées, déclare tacitement son incompétence à assumer cette fonction. Il revient donc aux professionnels des médias d’en prendre acte pour créer en leur sein un organe d’autorégulation comme cela se fait sous d’autres cieux. L’Union des professionnels des médias du Bénin, Upmb, très dynamique, devrait saisir l’occasion de cette impuissance de la Haac pour proposer une solution alternative propre à la corporation. La corporation ne devrait plus reconnaitre l’autorité de la Haac, Cette institution aux ordres qui n’inflige que des sanctions alors que l’essentiel réside dans la protection des libertés comme celle d’émettre et d’informer

Commentaires

Commentaires du site 6
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    fofovi 2 semaines

    Tout porte a croire que le régime actuel en a pour quelques chose dans cette situation. Wait and see

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    Akindes 2 semaines

    Nous avons là une démonstration toute dans la logique. Faut-il en conclure que la composition de cette institution telle qu’envisager était pertinente et urgente ? Nous continuons de le penser et de regretter qu’on ait tenté de profiter de l’occasion pour introduire des réformes scélérates.

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    Zacharie 2 semaines

    Je regrette les propos de renard qui visiblement, n’a jamais écouté soleil FM. Je rappelle qu’il s’agit de la 106 FM. Nous parlons d’un piratage, d’une brouille de fréquence et tu le justifies par le fait que c’est la station où parlent les opposants. Je suis convaincu que tu en sais quelque chose, de cette pratique illicite. Et puis, qui appelles tu bas peuple?

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    RENARD 2 semaines

    En quoi SOLEIL fm est plus utile que les autres? Une radio qui distille et diffuse de fausses allégations dénuées d’investigation digne du nom. Ne tendre le micro qu’à des langues d’opposants n’a rien de démocratique. Malheureusement c’est ce qu’aime le bas peuple pour déverser sa bile.

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      ICHA 2 semaines

      Des esprits nain et revanchards qui n’ont rien compris de la démocratie et de l’esprit de la conférence nationale. Ils avaient quel âge même en ce 1990?

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    Paul Ahéhénou 2 semaines

    Bien dit! Qui dit mieux!