Drone Summit de Riga : l'Ukraine propose son industrie de guerre à l'Europe

Le secrétaire adjoint du Conseil national de sécurité et de défense de l’UkraineDavyd Aloïan, a pris la parole ce 27 mai 2026 au Drone Summit de Riga, en Lettonie, pour défendre la capacité de Kyiv à fournir à ses alliés européens des armements et un savoir-faire militaire issus de quatre ans de guerre contre la Russie« Nous avons l’expérience et les connaissances », a-t-il déclaré devant les ministres de la défense des pays membres de la Coalition internationale des drones.

Kyiv veut transformer son économie de guerre en levier d’exportation

L’Ukraine produit déjà plus de quatre millions de drones par an et vise sept millions d’unités pour 2026, selon le ministère de la Défense ukrainien. Cette montée en puissance industrielle constitue le socle de la stratégie d’exportation portée par Kyiv : le président Volodymyr Zelensky a annoncé l’ouverture de dix hubs de production à travers l’Europecette année, avec une première ligne déjà opérationnelle au Royaume-Uni. En février 2026, Davyd Aloïan avait chiffré le potentiel exportable à plusieurs milliards de dollars pour la seule année en cours, un niveau qualifié de « significativement supérieur » aux exportations ukrainiennes d’avant-guerre.

Des partenariats bilatéraux déjà engagés

Plusieurs pays européens ont anticipé cette ouverture. Le 14 avril 2026, l’Ukraine et l’Allemagne ont signé un partenariat stratégique de défense prévoyant la coproduction de drones, en échange d’un renforcement du soutien militaire allemand — Berlin accédant ainsi à une expertise de combat que ses propres industries ne possèdent pas. La Norvège a également conclu un accord parallèle pour la production en série de drones de frappe à moyenne portée développés par Kyiv. Le 30 avril, cinq pays — la Finlandel’Italie, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni — ont rejoint l’Ukraine au sein du mémorandum CORPUS, une coalition d’achat coordonné destinée à mutualiser les chaînes d’approvisionnement en matière de défense.

La priorité aux besoins du front reste inscrite dans la politique ukrainienne d’exportation : tout contrat pourra être suspendu si les besoins opérationnels l’exigent, selon les autorités de Kyiv. Les premiers contrats d’exportation formels ne sont pas attendus avant mi-2026, après validation par le Service d’État pour le contrôle des exportations et la Commission interministérielle placée sous l’autorité du CNSD.

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