Bénin : Les malheurs d’une opposition fragmentée, inorganisée et vulnérable

Bénin : Les malheurs d’une opposition fragmentée, inorganisée et vulnérable

Il y a une activité ingénieuse du pouvoir à annihiler toutes entreprises portant à faire de l’opposition au régime en place.

Rencontre Léhady – Azannaï: Les faibles s’associent-ils pour résister face aux forts ?

En dehors des leaders politiques qui ont fait allégeance au système, les autres dirigeants des partis de l’opposition qui se déclarent comme tel, sont l’un après l’autre victime des stratagèmes qui, soit les placent hors d’état de nuire, soit les livrent à la vindicte populaire en les présentant comme des délinquants sociaux.

Malgré cette âpre adversité, les organisations dites de l’opposition continuent d’évoluer en rangs dispersés, inorganisées, devenant ainsi plus vulnérables.

Les sages africains ont vu juste en disant que : « l’union fait la force ». La force de l’unité réside dans l’agrégat d’apports individuels. Pour le cas de l’opposition, l’unité permettra de mettre ensemble les éléments qui disposent de la technique de mobilisation des masses, ceux qui maitrisent l’art oratoire pour la sensibilisation et la persuasion. Ceux qui possèdent la stratégie adéquate ainsi que les détenteurs du pouvoir financier.

C’est une telle opposition réunie avec des atouts divers, qui peut résister à la puissante machine de répression du pouvoir. Ne pas percevoir la nécessité pour l’opposition de fédérer leurs énergies, c’est un peu comme faire un saut dans l’inconnu. Ou plus précisément encore, accepter de se faire broyer par le mastodonte. Cette puissante machine du pouvoir qui rassemble les hommes d’expérience, c’est-à-dire les stratèges, mais aussi les ouvriers aux ordres, et la masse financière nécessaire pour réaliser l’objectif.

Ce serait donc opter pour le suicide que de continuer d’évoluer en rangs dispersés. Le sage africain disait que s’il est facile pour un homme fort de tordre ou de casser un morceau de bois, il lui sera plus difficile d’en faire autant pour un fagot.

Les ennuis de Sébastien Ajavon ont monté d’un cran depuis qu’il a déclaré qu’il optait pour l’opposition. La misère de Sikka Tv doublée des tribulations de Soleil Fm en sont quelques illustrations. Martin Rodriguez était le tout premier à déclarer, au lendemain de l’investiture du président Talon, qu’il lui ferait opposition. La réaction face à ses intentions est connue : reprise de Bénin Marina Hôtel par l’Etat et mise aux enchères de son usine d’égrenage dans le nord du pays. Léhady Soglo a non seulement payé le prix des prises de position politique de ses parents, mais aussi pour son entêtement à être un maire indocile qui a refusé d’être un valet du pouvoir.

Non seulement, il a été éjecté du fauteuil, il s’en est suivi des ennuis qui l’ont contraint à être hors d’état de nuire. Des députés de la minorité parlementaire, qui ont déclaré et qui assument leur opposition au régime, subissent des campagnes de dénigrement qui partent des dénonciations parfois infondées.

Candide Azannaï qui a déclaré et expérimenté son opposition à Talon, devra lui aussi, s’attendre à ce que des poux soient trouvés sur sa calvitie. Entre temps, le Front pour le Sursaut patriotique, cette coalition de partis et formations politiques parmi lesquels : le parti communiste béninois, les Fcbe, le Plp, les syndicats etc., paye actuellement le lourd tribut de son activisme politique. Avec des marches de protestation populaires qui dénoncent le pouvoir en place et appellent à l’organisation des assises nationales au plus tard le 31 décembre 2017.

Les poursuites judiciaires à l’encontre de leur camarade Laurent Mètongnon depuis vendredi dernier, sont perçues par ses camarades et bien d’analystes politiques comme étant le déploiement du rouleau compresseur du pouvoir. Afin que les autres téméraires rompus dans l’opposition au régime réfléchissent par 4 fois avant de poursuivre l’initiative. C‘est donc la grande machine qui se déploie et s’abat sur les opposants au régime, avec à chaque fois la raison d’Etat pour embastiller voire déstabiliser les meneurs de la fronde contre le régime. Si l’opposition à la gouvernance Talon continue d’évoluer en rang dispersé, il y a de fortes chances qu’elle se retrouve dans les serres de la machine du pouvoir, plus structurée et plus organisée.

Commentaires

Commentaires du site 9
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    Bossouko 4 semaines

    Cher Sourou ! je suis entièrement d’avis avec toi. si nous ne prenons pas garde nous aurons encore un opportuniste au pouvoir prochainement et le cycle recommence. C’est une sensibilisation que nous devons faire. La base couche a vendu le pays a Talon pour 5ans. Lui meme se prepare a le racheter chez les elites qu’il va positionner dans les structures de decision.

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    aziza 4 semaines

    La dite opposition ne s en sortira jamais pour plusieurs raisons:
    1- Elle est faite de gens peux instruits en politique. 2- Elle est constituee de gens souvent trempees dans des malversations financieres. 3- elle est contituees des gens qui ont l intention de faire du chantage avec le gouvernement afin de gagner des postes ( Cest les habitudes les plus frequentes) 4- Elle est constituees de gens qui sont interesses par gourmendise aux detournements. C est une opposition fragilisee depuis la nuit des temps et puisque l actuel gouvernement ne cede pas, alors la tache lui sera tres difficile.

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      Tundé 4 semaines

      Un merveilleux Aziza!!!!
      Qui mieux que Talon connaît l’échiquier politique béninois?
      Voilà un président qui ne cautionne aucun regroupement politique, il ne parle même pas et tout Le monde est perturbé.
      Il a choisi de faire le travail…Il va assainir l’espace….je n’étais pas un de ses premiers soutiens, je suis un RB séduit par PIK mais je crois de plus en plus en Talon. Il ouvre l’ère de la responsabilisation gouvernementale, nous devons compter sur nos propres forces. Nous devons bâtir un état fort et craint pour que les pilleurs réfléchissent par 7 fois avant de commettre leurs forfaits. Cette optimisation de la gouvernance va offrir le crédit nécessaire a notre état pour drainer les investissements. 25 ans d’errance démocratique ont mis les charrues avant les bœufs sous la conduite de bouvier comme celui de tchaourou.
      On n’avance

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        Pourtant le climat des affaires sous la rupture fait que les investisseurs sont aussi rares que les cheveux sur la tête d’un chauve

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          Tundé 3 semaines

          Le processus de credibilisation n’est pas achevé… la côte d’Ivoire est le point de captation du moment. Seuls nos efforts dans la lutte contre la corruption inverseront les choses.

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        issa.bio mamadou 3 semaines

        OK mais rien ne montre que talon va mieu faire que yayi

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    Helian 4 semaines

    Talon est plus faible qu’il ne le croit. Ceux qui ont déclarés leur soutien à la rupture avant la formation du gouvernement le ferons encoure jusqu’aux prochaines législatives. C’est la stratégie de la survie face à un pouvoir brutal. Plusieurs amis chefs de parti me demandent d’être patient. Certains montent des dossiers sur les malversations qui seraient en cours.
    Après les législatives, on évaluera mieux l’état de l’opposition. Je parle à toute le monde au Benin et j’ai même des amis rupturiens bon teint qui me disent que cela ne va pas. Beaucoup pensent que Talon sera chassé du pouvoir aux prochaines élections présidentielles car il réalisera qu’il était seul.

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    Sourou 4 semaines

    Parler d’opposition à Talon est mal dit. En réalité, nous avons mis au pouvoir un opportuniste qui veut tout pour lui et lui seul et rien pour les autres. Dans ces conditions, tout le monde, du moins tous ceux dont les intérêts sont menacés deviennent opposants de circonstance, puisqu’ils ne partagent pas les mêmes convictions. Ce qui me fait mal dans cette affaire, c’est que Talon aide le peuple à regretter rapidement Yayi, malgré tout le mal qui a été fait sous nos yeux. En réalité, Yayi a été le tremplein qui a propulsé Talon par le principe de la VICTIMISATION. C’est par ce principe que Kérékou a retrouvé la Marina en 1996. Le même scénarion a été déroulé en 2006. En 2016, la victimisation a permis à Talon de se positionné 2è sur la liste et un peu comme n’importe quel candidat qui se retrouve au second tour avec le FN en France, Talon contre Zinli a donné ce que nous avons. Mais il va falloir que le béninois revienne en lui même en prenant en main son destin. Il faudra que le béninois tourne dos à la facilité en pensant élire un président qui fera tout à sa place et lui ne ferait que profiter passivement. C’est une illusion et tout ceci devrait amener nos frères qui prennent 1 000 f pour échanger leur suffrage de revenir en eux même. Tout ce qui se passe donne raison à Jacques CHIRAC qui avait déclaré en son temps que la démocratie est un luxe pour les africains.

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    OLLA OUMAR 4 semaines

    C’est bien de signaler celà , mais que l’auteur de cet article sache que le génie qui sommeille en nous beninois boue et ne va tarder à jaillir sur ces ruptu… qui sont aux affaires 
    Talon apres son échec de visite ,  disait qu’il était sur des braises non , allez voir ****** (injures)