M. Le président, la ruse machiavélique des rusés

M. Le président, la ruse machiavélique des rusés

Un homme jurera qu’il ressent toutes les angoisses de l’effort. Quand le fou finit par jeter un regard de l’autre côté du mur, c’est pour s’apercevoir que la souffrance qu’il a passé sa vie à imaginer y règne a l’état brut.

Bénin : Projet de révision de la constitution, Patrice Talon l’incompris

La lisière est loin de lui sauf si l’on admet que la souffrance est endurable, uniquement si elle sert à mettre fin à celle-ci et à combattre la terreur, les gens anciens pour un nouveau départ? A bon vin point d’enseigne. On ne peut faire du bon vin avec de vieilles outres.

La compétence et la popularité des fils et des petits politiciens de caméléons, ont démontré par leurs présences scéniques les séquences de couleurs qui ont fini par rendre nombre d’entre nous daltoniens. Ayons le courage de vous féliciter : la dynastie se renforce de jour en jour. Bienvenue au club, ministres et ’’ministricules.’’ Quelle rupture ? D’avec quoi, l’ordre ancien ? Nous sommes dans un monde où les vertus sont combattues et les vices exaltés. Laissons les poètes à leurs besognes et allons notre chemin.

Monsieur le président, pour les laissés pour compte, nous sommes heureux tout comme on peut dire d’une natte servant de couche à merveille, quand plein d’énergie après le départ du dernier invité, l’époux saute sur la jeune épousée toute tremblante. Cette race de politiciens vautours et versatiles a reçu une leçon de plus de votre part. Les soutiens se tempèrent désormais pour laisser place à la frustration et à la déception. Les partis politiques maudissent le malheureux qui se refuse à manifester sa gratitude méritée. Mais seul un bouffon stupide prodigue ses remerciements comme oiseau de la basse-cour  éparpille ses aliments sans se demander où ils tombent. Quiam puisque morit in hac se exerceat. Que chacun s’applique au métier qu’il connait.

La réflexion individuelle forme de liberté, nait de l’exercice du discernement. Il ne s’agit pas de tout aimer d’un politique. On peut néanmoins suivre son cheminement intellectuel et peser ses arguments. En éveillant notre sens critique, nous apprenons la lucidité, en particulier sur les réalités désagréables. En cela nous reconnaissons à Judas des décennies précédentes sa témérité, plus encore qu’aujourd’hui. Agir ainsi ce peut être un art de vivre un peu plus pleinement.

Monsieur le président, la gestion d’un Etat doit vous apprendre à penser et à douter, impliquer l’intérêt pour d’autres modes de pensées et enseigner la tolérance. Nous pouvons nous tromper et revenir sur notre  erreur. Saepe fit ut erremus. Il arrive souvent  que nous ne pensions pas juste. Plus notre vision du monde se diversifie, plus nous sommes amenés à penser que bien des opinions contiennent une parcelle de vrai, quelque peu  surprenantes qu’elles soient parfois. La grandeur d’un chef d’Etat ne se mesure pas seulement à sa capacité à opposer ses prérogatives constitutionnelles, à ses détracteurs mais encore à sa hauteur d’esprit devant les défis auxquels son pouvoir devra faire face.

Monsieur le président, la luxuriance de la méthode de vos actions est comparable au désert de l’âme qui se presse en lisière, est telle qu’elle menace quotidiennement de ses lianes et racines l’espace libéré par votre prédécesseur. Les prouesses vivaces de la tyrannie en démocratie ne se cantonnent pas seulement en périphérie, mais s’insinuent jusqu’au cœur même des hommes et des femmes, individuellement ou en groupe soumis à leurs pulsions s’ils ne prennent pas garde de les maitriser chaque jour en se soumettant aux règles qui font vivre leur démocratie.

Monsieur le président, nous avons l’optimisme chevillé au cœur qu’un jour vous comprendrez le désidérata de votre peuple, que dis-je ? Vous n’avez pas le choix, les faits vous y conduiront. Malgré la déception, vos concitoyens espèrent beaucoup de vous… Les hommes s’attachent surtout à celui dont ils espèrent le plus

Commentaires

Commentaires du site 5
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    GbetoMagnon 3 semaines

    Autrement dit pour faire court: “gouvernement de la rupture, vous n’aviez déjà pas cassé 3 pattes à un canard, mais là les béninois pensent que vous nous les brisez menu”

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      aziz 3 semaines

      3 pattes de canards…?

      Si tu es adeptes du vodoun…il faut le dire…pour qu’on sache..

      Si!!..si!!…si….j’ai déjà vu un canard…à 18 pattes…chez la foudre…en dehors de ses poulets bizarres

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      aziz 3 semaines

      Tu n’es pas..bon…!!! et on le savait..puisque tu nous a prévenu..

      De là à vouloir..nous envouter avec ton canard..à 3 pattes..il y ajuste un pas

      Rassures toi..on se laissera pas faire…

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    Sourou 3 semaines

    Bonne réflexion. Mais ne perdons pas de vue que les dictateurs les plus craints de ce monde ne sont pas tombés du ciel. Ils ont été les fruits des applaudissements quotidiens et continus de leurs concitoyens. Hitler a été l’exemple le plus pathétique du siècle dernier. Lorsque je regarde encore ces films sur la chaîne Toute l’Histoire, je comprends que les peuples se sont toujours ressemblés et se sont comportés de la même manière. Aujourd’hui, tout le monde s’est subitement tu. Plus de critique. Plus d’insinuation sur les faits et gestes du président. Tout ce qu’il fait est bon. Un véhicule peut-il rouler sans forces de frottement ? Si elles l’empêchent d’atteindre sa vitesse de croisière, elles lui sont naturellement utiles au moment du freinage. C’est dire que dans la vie tout n’est pas si nuisible pour autant. Il faut en faire usage au bon moment. Aujourd’hui, tout le monde s’active pour ôter toute opposition au président. On s’empresse pour proposer des texte de lois, qui seront voter de façon scélérate, pour permettre au président de construire le Bénin en 5 ans. Tout le monde au travail, tête baissée et le ventre creux. Cela n’arrive pas qu’aux autres. Souhaitons pleins succès au président, tout en lui posant la question suivante : lorsque le PAG sera réalisé, reviendrait-on sur ces lois scélérates comme celles relatives à la suppression du droit de grève à certaines corporations ? Si un jour, on arrivait aussi à avoir un hitler béninois, on ne s’en prendra qu’à nous-même. Wait and see.

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      GbetoMagnon 3 semaines

      Merci “Sourou” “ruse et rage” disent-ils ?

      “Wait and see” répond “Sourou..

      Car il sait lui que : “Andan ma ka hin to nin, Sourou wè hin tô”* 🙂 🙂 

      *”Ce n’est pas par la rage qu’on tient le pouvoir, mais par la patience…”