Dilutions ou réinterprétations de l’histoire : soyons vigilants par rapport à notre passé

Dilutions ou réinterprétations de l’histoire : soyons vigilants par rapport à notre passé

L’histoire et en particulier l’histoire nationale de quelque pays que ce soit est un domaine important et sensible pour lequel on ne doit pas faire intervenir n’importe qui sans précaution de vérité et de rigueur.

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Et quand des faits relatifs à l’histoire nationale sont diffusés dans les médias, ils requièrent davantage de circonspection compte tenu du rôle pédagogique et civique de ceux-ci.

La présente réflexion se fonde sur l’examen de deux faits intervenus récemment à l’occasion de la célébration du 57eanniversaire de l’accession de notre pays, la République du Bénin, à la souveraineté internationale. Il s’agit de l’émission Les virgules du temps : développement qui rame, diffusée le 31 juillet 2017dans la tranche de 21.00 à 21. 30 sur les ondes télévisuelles de l’Office de radio et télévision du Bénin (ORTB) et de l’exposition d’affiches présentée dans le hall de l’Aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou et dans le cadre de la même commémoration.

1- Oubli, ignorance ou tentatives de révisionnisme historique

Le premier fait dont il est question est bien une émission à la chaîne nationale. Le 31 juillet 2017, alors que le Bénin se préparait à célébrer le lendemain, 1er août, le 57e anniversaire de son accession à la souveraineté internationale, j’ai suivi avec intérêt cette émission présentée à une heure de grande écoute, juste après le journal. L’émission passait en revue l’accession à l’indépendance du Bénin. Elle évoquait entre autres la proclamation de l’indépendance par feu, le président Hubert Maga à la ‘’Place de la République’’ abusivement appelée place de l’indépendance. Un adjoint au maire de Porto-Novo ainsi qu’un sage de la ville sont intervenus dans l’émission. Mais à ma grande surprise, une omission a été commise, celle de la place de l’indépendance sise au quartier Avakpa sur le Boulevard extérieur dont aucune des personnalités interrogées n’a fait cas. Cette tribune voudrait tenter de rappeler cet oubli commis par ces personnalités et ce que l’on pourrait qualifier de manque de recherche de la part de l’équipe de réalisation de l’émission.

D’où vient le problème ? Le 1er août 1960, le président Hubert Maga avait effectivement proclamé l’indépendance à la ‘’Place de la république’’ située devant le Palais des Gouverneurs, édifice construit sous la colonisation et abritant encore notre Assemblée nationale souveraine. Voilà pourquoi la place attenante porte le nom de ‘’Place de la République’’ en référence à la proclamation de la République du Dahomey le 04 décembre1958, quelques semaines après le référendum du 28 septembre dans l’ensemble des territoires français en Afrique. Le monument d’époque qui y est érigé l’indique si bien. En effet, dans le souci de son appropriation après l’indépendance, les inscriptions qui s’y trouvent ont été corrigées au point que le visiteur en face du monument peut s’en rendre compte par la taille des lettres et la différence de couleur.

Mais au fil de notre marche en tant que nation indépendante et souveraine, le besoin s’est fait sentir d’ériger une place qui portera le nom de place de l’indépendance. Celle-ci a été effectivement érigée en 1972.

Le président Justin Tomentin Ahomadegbé, alors assumant son tour de ce qui avait été convenu d’appeler le Conseil présidentiel, y avait célébré l’édition de l’année 1972 de la fête nationale. Cette histoire pas très ancienne, nombre de Béninois l’ont encore vivace dans leur mémoire. Noël Allagbada, ancien journaliste de la presse nationale, que j’ai rencontré après la commémoration de la fête nationale, m’a dit au détour d’une conversation que le 1er août 1972, il était présent à la cérémonie d’Avakpa. Il en avait d’ailleurs fait, en tant que journaliste, son premier reportage paru au quotidien national, Daho-Express de l’époque. Mais comme la place a été abandonnée dans un état indigne, plus personne n’en parle. Les jeunes n’en savent rien. Peut-être s’intriguent-ils à peine de la symbolique du monument qu’elle abrite.

Alors que cette omission de l’histoire retenait mon attention, j’ai été témoin d’un autre fait du même ordre à l’Aéroport international Cardinal Gantin de Cotonou le 14 août 2017.

En effet, dans le cadre des activités parallèles de la célébration de la même fête de l’indépendance, il a été monté une exposition de panneaux photographiques dans le hall de l’aéroport de Cotonou. Les panneaux indiquent que les photographies abordent divers thèmes et ont été prises un peu partout au Bénin par Stéphane Brabant, un photographe expatrié commis à la tâche par l’administration de l’aéroport ou par les autorités national en charge du tourisme. La photographie qui attire mon attention est celle d’un monument érigé sur le site palatial d’Abomey en mémoire des étrangers, Allemands et Belge, qui ont combattu aux côtés du roi Gbèhanzin contre l’Armée française en 1892-1893. Mais les autorités de l’aéroport ne soupçonnent certainement pas les enjeux de mémoire qui peuvent se loger dans le choix d’un artiste étranger. Avant de continuer, je me permets de donner quelques détails de ce monument.

Le monument sur le panneau indique la mention : « Vestige de l’ancien Royaume du Dahomey à Abomey I Département du Zou ». S’il est vrai que le vestige est localisé à Abomey, le titre ne dit rien de ce pourquoi il a été érigé encore moins de l’information iconographique qui s’y trouve.

Dans le même temps, au Centre d’interprétation de la vie et de l’œuvre du roi Gbèhanzin inauguré en 2006 à l’occasion de la commémoration du centenaire de la mort du roi Gbèhanzin, les guides s’évertuent à expliquer l’histoire de ce souverain qui occupe, que l’on veuille ou non, une place de choix dans l’histoire de notre pays. C’est à ce même titre que le roi Tofa est une figure de notre passé. D’ailleurs, lors d’une discussion à son domicile de Djèffa en janvier 2007, alors que les autorités nationales n’avaient pas encore pris l’initiative de la commémoration du centenaire du décès du souverain de Xogbonou, le professeur Joseph Adrien Djivo, historien de son Etat, insistait sur la nécessité d’un tel événement. Car ajoutait-il, si les Français n’avaient pas conquis Agbomè, les Allemands qui étaient également en Afrique de l’ouest l’auraient fait plus tard. Mais avant de continuer mon propos, il est utile de faire une petite analyse iconographique qui justifie le lien du monument avec l’Allemagne.

Le monument, telle que la photographie ci-dessus donne à voir, est un édifice à quatre piliers de forme trapézoïdale. Il est surmonté d’une dalle perforée d’une croix pattée, dont les bras sont étroits au niveau du centre et larges à la périphérie.

Vu de face, la photo du monument présente une riche iconographie qu’il va falloir tenter de décoder en évoluant de gauche à droite. Sur le pilier de gauche, il y a en haut une autre croix pattée et une combinaison des noms forts du roi Gbèhanzin : un œuf porté par deux bras, tous au-dessus d’un requin, symbolisant le souverain. Sous la dalle du monument se trouvent quatre sièges dont les deux, vus de face, portent chacun le même requin d’un côté et une arme blanche de l’autre. Sur le pilier de droite, on retrouve la même combinaison des noms forts du souverain au-dessus de laquelle est inscrit un oiseau représentant l’aigle, armoirie de l’Allemagne.

Cette armoirie, elle-même héritée de l’empire romain germanique, est aujourd’hui utilisée sur les documents officiels du gouvernement ainsi que sur les passeports allemands.

Quelques rares écrits évoquent ces Européens ayant combattu aux côtés du roi Gbèhanzin contre l’armée française et dont le monument est un hommage. Il y a par exemple Edouard Dunglas dans sa Contribution à  l’histoire du Bas-Dahomey (1957, tome III : 76) qui indique ces Européens du nom de : Schultze, Püch et Weckel d’origine allemande et Angles (ou Anglis) d’origine belge. Cette participation européenne dans les rangs des soldats d’Agbomè est également mentionnée par Adolphe Badin, un auteur de l’époque, dans Jean-Baptiste Blanchard au Dahomey : journal de campagne d’un marsouin (1895 : 183). Lors de ma première visite du Centre d’interprétation de la vie et l’œuvre du roi Gbèhanzin en 2006, alors que je conduisais mes travaux de recherches doctorales, le guide n’avait pas pu me communiquer le nom de ses étrangers de l’armée d’Agbomè. Je m’étais donc assigné la mission de mettre la lumière sur cette participation que certains historiens étrangers considèrent comme étant une légende. J’ai évoqué plus amplement ce détail inédit de l’histoire de  la conquête du Danxomè, justifiant l’érection d’un monument avec des armoiries de l’Allemagne dans ma thèse (Effiboley, 2013 : 86-88). Toutefois, il faut signaler que dans cette iconographie du monument, rien ne rappelle la Belgique. Est-ce parce que l’appétit allemand était plus prononcé dans la région que celle de la Belgique sachant que l’influence de cette dernière ne s’est limitée qu’en Afrique centrale ? Toujours est-il que les sources qui informent cet épisode mentionnent la nationalité belge d’un de ces mercenaires au service d’Agbomè.

Mais quels sont les enjeux de ces détails historiques aujourd’hui où les conflits ont disparu ou changé complètement de forme ?

2- Risque d’effacement de faits historiques

Depuis la fin de la guerre froide avec la réunification de l’Allemagne en 1989, la construction de l’Union européenne a reçu un coup d’accélérateur alors que les entités nationales sont encore sous l’emprise de l’émiettement en Afrique. Le dernier cas, pour lequel  tout panafricaniste doit être triste, estle démantèlement du Soudan et la création d’un nouvel Etat du Soudan du Sud.

En effet, l’omission d’un symbole de l’histoire nationale par un média de service public emmène à se poser la question de savoir si ce n’est pas une sorte de censure qui veut faire oublier ce pan de notre histoire. Sinon comment comprendre que l’autorité municipale qui est intervenue dans cette émission de grande écoute et à la veille de la fête nationale ait pu commettre ce forfait en oubli. L’équipe de la télévision nationale, elle non plus, n’a pas d’excuse d’omettre un chapitre si noir, puisse-t-ilêtre,de notre histoire. Commis par ignorance ou par manque de souci de solliciter les personnes dont le métier est de s’occuper de l’histoire, cette omission reste un péché mémoriel. En fin de compte, l’émission qui devait informer sur l’histoire politique du Bénin vient plutôt quelque peu la déformer. Et si un média de service public utilisant l’argent public commet ce genre de forfait, que peut-on attendre des média privés dont la mission n’est pas de service public ?

Quant à la photo du monument dédié aux soldats européens ayant combattu aux côtés du roi Gbèhanzin lors de la guerre de conquête coloniale en 1892-1893, elle reste une preuve des appétits impérialistes de l’époque. Un photographe qui, par ignorance ou manque d’information, refuse de nommer un monument de son vrai nom peut être aussi perçu comme au service d’une stratégie pour gommer des vers dissonants du projet européen que l’Union essaie de construire alors que l’Afrique peine à mettre véritablement en route sur son sol des organisations qui, au-delà de la dimension politico-administrative, prennent effectivement en compte les peuples.

Lorsque des compétences extérieures sont mises à contribution pour la réalisation de projets notamment sensibles, il est important d’avoir une équipe ayant une expertise avérée pour évacuer les points d’ombre détails pouvant être problématiques ou desservir le pays sur le long terme.

3- Vigilance historique citoyenne

Dans le cas de ces deux faits s’inscrivant dans la commémoration du 57e anniversaire de l’accession du Bénin à l’indépendance, on note des délits contre l’histoire. Le premier délit est collectivement commis par l’équipe de presse qui n’a pas poussé très loin l’enquête autour de son élément ; l’autorité municipale qui par ignorance ou par oubli complice a manqué de mentionner cette place de la ville de Porto-Novo et la personne-ressource qui a commis un forfait similaire.

S’agissant du monument d’Abomey, le photographe Stéphane Brabant a commis un forfait similaire puisse qu’il n’a pas cherché à savoir pourquoi le monument qu’il désigne comme étant un simple vestige a été érigé. Mais on ne peut pas lui en tenir rigueur puisqu’il n’est pas Béninois encore moins historien. La responsabilité incombe à l’autorité qui lui a confié la mission de réaliser cette exposition.

La leçon que l’on peut tirer de ce cas est que le choix de l’utilisation (abusive) de l’expertise diasporique et étrangère au mépris des compétences locales, comme c’est devenu un peu la mode dans notre pays, a ses conséquences. Si celle-ci vient suppléer un manque, alors c’est un bon choix. Mais si c’est pour commettre des erreurs, des omissions, des réinterprétations tendancieuses voire des crimes contre l’histoire, elle n’est pas bienvenue.

En guise de conclusion, il est important que l’histoire nationale prenne toute sa place dans la vie publique de notre pays. Et pour cela, les gens dont le métier est de s’occuper du passé, en l’occurrence les historiens doivent prendre toute leur place pour éviter la commission de ce genre de délit. Si nous ne gardons pas une vigilance accrue, le révisionnisme historique, qui guette toutes les communautés nationales, risque de prendre le pas chez nous. Espérons que les volumes de l’histoire nationale du Bénin dont le projet est en cours combleront leurs attentes et nous permettrons  de mettre à la disposition du public une œuvre digne pour une construction solide de la nation béninoise.

Indications bibliographiques

– Badin (Adolphe), 1895, Jean-Baptiste Blanchard au Dahomey : journal de campagne d’un marsouin, Paris, Armand Colin et Cies.

– Dunglas (Edouard), 1957, « Contribution à l’histoire du Moyen-Dahomey (Royaumes d’Abomey, de Kétou et de Ouidah) », Tome II. Études Dahoméennes, vol. XX, Porto-Novo, IFAN.

-Effiboley (Emery Patrick), 2013, Les Béninois et leurs musées : étude ethno-historique. Thèse de doctorat soutenue le 5 avril à l’Université Paris-Ouest Nanterre- La Défense.

Emery Patrick Effiboley
Université d’Abomey-Calavi

Commentaires

Commentaires du site 8
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    Gbaguidi Ignace 3 semaines

    Les lois françaises de la guerre du 19 ème autorisaient les exécutionsous des prisonniers de guerre. En 1974 c’est le conservateur en chef du musée d’Abomey qui m’a raconté dans les détails cet épisode de la guerre franco dahoméenne. La mitrailleuse se trouvait au musée d’ABoney. Aujourd’hui on dit loi de programmation militaire. On ne dit plus lois de la guerre.

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      GbetoMagnon 3 semaines

      “Les lois françaises de la guerre du 19 ème autorisaient les exécution des prisonniers de guerre.” Non M. GBAGUIDI. Depuis le moyen age, la caste guerrière d’Europe (les chevaliers), dont les principes animent encore les écoles d’officiers; en France en tout cas; FAISAIENT OBLIGATION aux chevaliers de faire grâce à l’ennemi qui se rendait. Ce code d’honneur – comparable à celui très différent des samourais japonais – est connu dans le langage populaire comme relevant de “l’esprit chevaleresque”.QUant à la réalité… Hum… Voilà pour les traditions militaires européennes (l’Histoire).

      Les conventions que vous appelez “Loi de la Guerre” se signent entre belligérants.

      Elles sont internationales par nature. Ni françaises ni d’aucun autre pays.
      Les 1ères ratifiées par les pays européens (s’appliquant à leurs ressortissants donc), sont antérieures à la guerre franco-prussienne de 1870. Elles existaient déjà lors de la conquête du Danxomè.
      Il faut simplement y voir un règlement de compte extra-légal ou extra-conventionnel, sur un terrain – l’Afrique – qui à bien des égards reste aujourd’hui, le terrain où tous se permettent tout…

      Sinon, les faits historiques que vous citez sont absolument véridiques. Elles sont dans le livre d’un français de l’époque, Jules POIRIER (à interpréter: la France a le beau rôle…)

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    Jean 3 semaines

    Hélian
    De même qu´il y a des africains suivez mon regard (Cellule afrique de l´Elysée) qui combattent stratégiquement et dangereusement (Combat sans arme de guerre) contre les intérêts des leur concitoyens africains.
    En um mot l´histoire se répète avec d´autres acteurs, mais les objectifs demeurent les mêmes.

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    Gbaguidi Ignace 3 semaines

    Merci pour cette contribution. Les trois allemands et le belge étaient des servants d’une mitrailleuse lourde de fabrication allemande que l’armée prussienne avait utilisé en 1870 durant la guerre franco-prussienne. L’armée danhoméennes a acquis ce matériel auprès des allemands pour accroître sa puissance de feu.Mais les guerriers dannoméens ne sachant pas l’utiliser,le roi à fait appel aux mercenaires. Pour l’acquisition de la mitrailleuse,sa majesté avait dépêché une mission au Togo. Les mercenaires s’étaient enduits le corps avec une substance noire pour ne pas être repérés. Mais l’armée française à fini par les prendre et ils ont été jugé et passé par les armes, conformément aux lois de la guerre.

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      GbetoMagnon 3 semaines

      ” jugé et passé par les armes, conformément aux lois de la guerre.” Non M. GBAGUIDI, les Lois de la guerre (si tant est qu’il y en ait) interdisent formellement de fusiller des prisonniers prisonniers neutralisés. C’était un message envoyé aux européens du TogoLand et du Nigéria: “ici, c’est notre part du gâteau africain, découpé à Berlin.”

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    Tchite' 3 semaines

    C’est aussi honteux, il faut pouvoir le dire et y chercher une solution, que ce soient des étrangers qui en ce 21 ème siècle, raconte l’histoire,  notre histoire à notre place. Ce qui invite à coup sûr à sa déformation pour servir le but du colon.  J’étais écoeuré de voir à Abomey durant une visite des palais y compris ceux de Behanzin que rien que des pages des journaux français de l’époque étaient affichées aux murs.  Pourquoi n’ecrivons nous pas notre propre histoire et pourquoi pas dans nos langues locales.  Ce Brabant est Belge et si commis par son pays à faire ainsi, cela ne m’aurait pas surpris de le voir sciemment supprimer certaines lignes historiques du Bénin. 

    Est ce que la Belgique telle que je la connais payerait elle des étrangers, pire un Beninois pour raconter ou ré raconter son histoire?  Méfions nous de ces “gentils” yovos.

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    Helian 3 semaines

    Mr Effiboley, merci de restituer ce pan important de notre histoire commune. Je n’ai jamais su qu’il y avait des européens ayant combattu la France dans les rangs de la glorieuse armée du Roi Béhanzin.
    Merci pour votre devoir de restitution.