Bénin : Lutte contre les violences faites aux femmes

Bénin : Lutte contre les violences faites aux femmes

L’hôtel Golden Tulip de Cotonou, abrite depuis hier lundi 18 décembre 2017, un atelier académique sur les violences basées sur le genre (Vbg). Prévu pour prendre fin ce jour mardi 19 décembre 2017, cet atelier organisé conjointement par Médecins du Monde, l’Usaid et le

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gouvernement béninois, rassemble des experts nationaux et internationaux (suisses notamment), qui réfléchissent sur diverses stratégies pour la prise en charge des victimes de Vbg.

‘’Atelier de réflexion des acteurs nationaux autour de la mise en œuvre des procédures opérationnelles standards de prise en charge des victimes de violences basées sur le genre’’, c’est la rencontre qui réunit depuis ce lundi 18 décembre 2017, les acteurs nationaux intervenant dans la lutte contre les Vbg et des experts suisses, à l’hôtel Golden Tulip de Cotonou. Initié par Médecins du monde (Mdm) en collaboration avec l’Usaid du peuple américain et le gouvernement béninois, cet atelier académique permettra aux participants de réfléchir à des stratégies efficaces et durables.  

Près de 69% de femmes et de filles touchées

Selon une étude réalisée par le ministère béninois de la famille et citée par Mdm, le niveau de prévalence des violences faites aux femmes et aux filles est de 69%. Et ces cas de Vbg sont enregistrés aussi bien en milieu communautaire qu’en milieu scolaire, sous diverses formes. De nombreuses filles ont abandonné les études pour cause de violences sexuelles et les acteurs de leurs côtés éprouvent des difficultés dans la réalisation de leur suivi psychologique, juridique et sanitaire. Un état de choses qui entrave l’avenir de ces filles puis de leurs enfants, et qui d’après Mdm nécessite des solutions durables pour le bien-être des victimes.

« Ce sujet de violences basées sur le genre est un sujet brûlant d’actualité, produisant de multiples actions médiatique et autres initiatives, qui malheureusement s’effacent souvent à l’apparition d’un autre sujet brûlant d’actualité. Cet atelier de réflexion commune nous amène à consolider les procédures opérationnelles durables et pérennes pour la reconnaissance des femmes victimes de violences, pour leur dignité et pour que justice leur soit rendue. », a expliqué Dominik Schmid, le président de Médecins du monde, cette Ong médicale présente au Bénin depuis plus de dix (10) ans.

Les participants à l’atelier doivent donc réfléchir à trouver les voies et moyens pour améliorer la réponse du Bénin contre les Vbg.

Nécessité de l’implication de tous les secteurs ministériels concernés

L’ambassadeur des Etats-Unis près le Bénin, Lucy Tamlyn, espère quant à elle l’implication de tous les départements ministériels dans la lutte contre ce phénomène qui touche près de 70% de femmes au cours de leur existence. Pour elle, les femmes victimes de Vbg ont besoin de l’aide du ministère de la santé pour les soins médicaux, de l’aide du ministère des affaires sociales pour des soins de santé mentale, de réadaptation et de réinsertion, du secours du ministère de l’intérieur pour leur protection et leur écoute par la police.

Elles ont aussi besoin du soutien du ministère de la justice pour la poursuite de leurs bourreaux, ainsi que du ministère des finances pour être priorisées lors de l’utilisation des fonds spéciaux, a déclaré Madame l’ambassadeur des Usa près le Bénin, faisant aussi appel à l’engagement des ‘’hommes’’ dans ce combat contre les Vbg. Lucy Tamlyn a ensuite invité les participants à contribuer aux discussions, car estime-t-elle, l’élimination des Vbg apportera un plus au développement du Bénin.

« Avec moins de femmes obligées de s’absenter du travail à cause de la violence, le Bénin aura plus de personnes pour contribuer à sa croissance économique. Avec moins de cas de mariage forcé et de harcèlement sexuel dans les écoles, le Bénin aura plus de filles scolarisées, et par conséquent, une main-d’œuvre capable de rivaliser avec celle de ses voisins de la région (…) », a fait observer Mme l’Ambassadeur.

Procédant à l’ouverture officielle de l’atelier, le Directeur adjoint de cabinet du ministre de la santé, Landry Yansounou, a montré par le biais de statistiques l’ampleur du phénomène au Bénin. Pour lui, cet atelier vient à point nommé, surtout pour les thématiques qui y seront abordées.

« La mise en œuvre des procédures nationales standardisées pour la prise en charge des victimes est donc la bienvenue, car les rubriques suivantes sont prévues pour être développés au cours de cette assises : délégation des tâches au personnel para sanitaire, prise en charge, délivrance du certificat médical et mise aux normes, généralisation, système national de collecte des données,… », a insisté Landry Yansounou, déplorant que 6 femmes sur 10 trouvent légitimes les Vbg au Bénin.

Commentaires

Commentaires du site 2
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    LEHMAN Maimouna Il y a 3 mois

    Cette initiative est fort louable, car en parler contribue `a eveiller les consciences sur ce phenomene ancres dans nos mentalites et meme dans les menages et spheres les plus insoupconnees. brvo aux initiateurs/initiatrices.
    cependant, un aspect que nous occultons bien souvent est la disponibilite d’abris pour les filles et femmes victimes/survivantes; dans bien des cas elle ne denoncent pas les abus dont elles sont victimes parce qu’elles sont exposees a leur bourreau ou sont obligees de cohabiter avec lui meme dans les moments qui suivent l’aggression. Il serait souhaitable que tous les acteurs conjugent leurs efforts pour que nos dirigeants investissent plus de budget dans le domaine.

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    Napoléon1 Il y a 5 mois

    Le Bénin est un pays à majorité polygamme. La violence aux femmes est plutôt enracinée dans les pays à majorité monogamme comme en Europe. Là-bas l’homme est Exposé tout le temps au Penchant irrationnel de sa femelle. Il n’a pas d’alternatif. Et surtout quand les filles apprennent depuis leur bas âge que l’homme est essentiellement leur ennemi à abattre. Une conviction collective de l’occident que je n’ai pas compris.

    Mefions-nous donc de vouloir intégrer ces débats exagérés dans notre société africaine, où l’harmonie et la tolérance est la philosophie de vie.

    parler de violence aux femme à l’excès est un peu comme inciter les africain à accepter laculture de l’homosexualité.