Accusés, levez-vous !

Accusés, levez-vous !

Des interrogations fusent de toutes parts : pourquoi Untel, hier, membre de la société civile, défenseur de la veuve et de l'orphelin, devient-il, aujourd'hui, au gouvernement, un affameur du peuple ?

Les marathoniens de l’espoir

Des voix se font accusatrices : Untel, aujourd’hui au pouvoir, montre son vrai visage. Il n’est pas différent des autres. Tous, les mêmes !  Pourquoi cette volée de flèches contre certains de nos concitoyens ? Ils sont montrés d’un doigt accusateur et traités de tous les noms. Quelle faute ont-ils commis pour mériter un tel traitement ? Trois directions de réflexion.

– D’abord, les faits pour cadrer le débat. Le Bénin vit, depuis quelque temps, une expérience politique singulière. Certaines personnalités, hier membres des organisations de la société civile, ont publiquement pris le parti de changer leur fusil d’épaule. Aussi ont-ils posé, au vu et au su de tous, leur valise devant la maison d’en face, la maison de la société politique.

Les Béninois ont-ils pris l’exacte mesure d’une telle mutation ?   Ils retiennent, en majorité, le grand écart par lequel s’étaient illustrés ceux qui, tout en émargeant à la société civile, mais qui, par l’odeur du pouvoir alléchés, ont changé de veste. Saut périlleux plus alimentairement motivé que politiquement engagé.

L’expérience qui, ici, nous occupe est toute autre. Il s’agit de celle que conduisent à ciel ouvert, dans le cadre d’un parti politique dûment enregistré et désormais représenté à l’Assemblée nationale et au gouvernement, les membres du parti Alternative citoyenne. Les fondateurs-animateurs de ce parti – nous l’avons dit – sont d’anciens membres d’organisations de la société civile. L’expérience en question tient à la problématique suivante : comment passer d’une position de porte voix du peuple dans la défense de ses intérêts généraux à une position politique idéologiquement orientée ? Objectif : la conquête du pouvoir d’Etat. Le problème est ainsi posé. Reste à le placer dans son contexte et en dévoiler les finalités et les intérêts cachés ou masqués.

– Ensuite, l’interprétation des faits pour comprendre les termes du débat. La tendance est d’opposer, aujourd’hui, propos et comportements des fondateurs-animateurs du parti Alternative citoyenne à leur propos et comportements d’hier, alors qu’ils étaient membres des organisations de la société civile. Persister à le faire tiendrait d’un malentendu malheureux et regrettable. Cela laisserait à penser qu’on n’a pas compris que le passage de la société civile à la société politique induit un changement notable. De l’une à l’autre, c’est presque du jour à la nuit.

C’est vrai, la société civile et la société politique partagent le même espace publique.  Mais comme l’a dit Mao Tsé Toung : “Ceux qui dorment dans le même lit ne font pas forcément les mêmes rêves”. Par ailleurs, la société civile est aussi politique, tant que son objectif est de construire la cité. Mais elle doit rester rigoureusement non partisane, parce qu’elle est dans la permanence d’une mission. La société politique, par contre, est essentiellement partisane. Elle vise la conquête et la conservation du pouvoir d’Etat. Elle s’inscrit, de ce fait, dans la logique de diverses stratégies. Lesquelles varient et fluctuent selon une foule de déterminants.

C’est assez clair pour comprendre qu’on ne peut plus, aujourd’hui, voir et entendre celui qui entre en politique comme on voyait et entendait, hier, le représentant de la société civile. Différence de position dans l’espace publique. Différence de statut dans l’approche des problèmes de la République. Différence de discours et de méthode d’action.   Quand le tam-tam change de rythme, changent tout aussitôt les pas de danse. Cela n’est ni duplicité, ni double langage, ni   trahison. Parlons plutôt de conformité aux logiques qui sous-tendent des positions désormais différentes, des positions opposées et opposables dans l’arène sociale.

– Enfin, le témoignage des acteurs directement concernés. L’expérience politique en cours est sous la responsabilité du parti Alternative citoyenne. Mais ce parti n’en a pas le monopole. Cette expérience doit servir la démocratie au Bénin qui est notre bien à tous. Cette expérience, par ailleurs, doit offrir à tous de nouveaux repères d’appréciation pour construire une nouvelle citoyenneté. C’est dire combien est attendu, par-dessus tout, le témoignage des initiateurs de cette expérience. Puisqu’ils ont l’avantage de la vivre au quotidien et en temps réel, il est temps qu’ils se lèvent, il est temps qu’ils parlent !

Commentaires

Commentaires du site 2
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    K Thomas Il y a 9 mois

    Cher Doyen, La bouche qui mange ne parle pas!😀😀😀😀

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      Tout est dit …
      Ce parti croupion est constitue de taupes de Talon qui ont savamment manipule les populations…
      Djogbenou, l’avocat et porte serviettes de Talon nous faisait croire qu’il faisait des interventions pro-bon ou qu’il avait le souci de fendre les droits de la personne humaine quand il se precipitait au commissariat au service de Talon…
      On voit aujourd’hui que tout cela n’etait que surpercheries…
      Le monsieur etait attable depuis longtemps au festin de l’es-croc ne…avec une louche…