Levée des barrières concernant le Planning familial au Bénin

Levée des barrières concernant le Planning familial au Bénin

La Plateforme nationale des structures religieuses (Pnsr) engagées pour les questions de santé de la reproduction, créée au Bénin en début d’année 2017, entre dès 2018 dans une phase où elle aura besoin plus de moyens pour mieux travailler à lever

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les barrières religieuses, dans le but de repositionner la Planification familiale (Pf) au Bénin. Il est mis sur les fonts baptismaux depuis le 31 janvier 2017 au Bénin, une Plateforme nationale des structures religieuses (Pnsr) engagées pour les questions de santé de la reproduction. Elle réunit une quinzaine d’entités dont les célestes, les méthodistes, les évangéliques, les catholiques, les musulmans et les religions endogènes.

Son avènement est un acquis important pour le Bénin en termes de Planification familiale (Pf). C’est l’une des réponses majeures pour relever l’un des quatre principaux défis en matière de Pf notamment celui relatif à l’environnement habilitant clairement souligné dans le Plan d’action national budgétisé pour le repositionnement de la  Planification familiale au Bénin (2014-2018). La genèse de cette plateforme que nous raconte son président, le Pasteur Nazaire A. Hounkpadoté remonte jusqu’en 2014. En cette année, l’Ambassade des Pays-Bas en partenariat avec l’Abms s’est rapprochée des confessions religieuses pour les aider à atteindre leurs objectifs en matière de santé de la production, notamment la promotion de Pf.

«Nous avons eu à réfléchir et retenir des actions à mener autour de la santé de la reproduction, de la promotion de la planification familiale», informe le Pasteur.

A la constitution de la plateforme en 2017, ces structures religieuses ont continué à travailler sur ces sous projets avec les mêmes partenaires.

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«Le contenu des sous projets, c’est essentiellement la promotion de la planification familiale en milieux religieux. Des leaders religieux toutes tendances confondues, s’étaient donné le devoir d’abord de faire des plaidoyers à l’endroit d’autres leaders en premier plan, pour que ces leaders puissent sensibiliser les fidèles aux questions de Planification familiale » raconte le Pasteur.

Ces activités regroupées dans le projet « les religieux s’engagent » ont été d’une grande importance pour la promotion de la Pf au Bénin, à en croire Dr Gaston Ahounou, chef service Pf et santé des adolescents et jeunes à la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (Dsme).

«L’objectif, c’était de changer la mentalité des religions. On est même allé au-delà puisqu’ils ont commencé même à offrir des services Pf dans leur centre de santé confessionnel. Et ceux qui n’avaient pas de centre de santé se référaient aux structures sanitaires avoisinantes. Ça a permis en trois ans, de recruter 4250 nouvelles acceptantes de Pf rien que par les religieux», rapporte-t-il pour démontrer l’utilité de cette plateforme.

2018, une année décisive

Jusque là, la Pnsr n’a travaillé que sur les sous projets pour lesquels les différentes entités religieuses retenues par les Pays-Bas et l’Abms s’étaient engagés. Mais ces projets arrivent à terme le 31 décembre prochain. La plateforme se trouve désormais face à l’urgence de concevoir ses projets et de décrocher des financements. Apparemment, le bureau en a conscience et prend déjà des dispositions à propos, d’après le président.

«L’année de travail réel sera l’année 2018. Alors, la plateforme est en train de poser les jalons pour un plan d’action 2018», informe le Pasteur Nazaire Hounkpadoté.

Certes, les anciens partenaires ont jugé important de continuer le partenariat vu les résultats, mais il est envisagé une diversification des partenaires, indique-t-il. C’est capital en ce sens que les questions d’ordre religieux ont été longtemps un frein majeur à la promotion de la Pf au Bénin. Et il n’y a que les chefs religieux qui puissent vraiment aider à lever ces barrières qui persistent encore dans certains milieux.

« Par endroit rappelle le président, il y a eu des poches de résistance parce que certains trouvent que la planification familiale va à l’encontre de leurs convictions religieuses», confie le président de la Pnsr.

L’un des atouts à l’en croire, c’était de savoir, au-delà des statistiques démographiques, les réalités sociologiques et socio-économiques, utiliser aussi les textes sacrés pour convaincre leurs pairs et leurs fidèles ou adeptes.

« Nous formons les gens régulièrement, même après nos cultes. Même le coran nous a demandé l’espacement des naissances. C’est par ce bout que nous prenons pour expliquer et faire adhérer des gens », renchérit l’Imam central de la commune de Tori-Bosito, Abdoul Razak Djèkémi, président du collège des imams de la commune et membre de la Pnsr.

Pour lui, le défis lié à l’adhésion des religieux à la Pf demeure et nécessite le renforcement des moyens de la plateforme. « On ne peut pas dire qu’il n’y avait pas d’aide, mais si on peut avoir un peu plus de moyens ce sera bien », plaide l’Imam qui invite ses collègues impliqués déjà dans la sensibilisation à ne pas se décourager. Pour sa part, le Président de la Plateforme exhorte les religieux de tout bord à examiner de manière un peu plus objective les questions de la planification familiale, qui défend-t-il n’est en réalité pas la limitation des naissances.

« C’est une manière de réfléchir et mieux organiser les naissances, les espacer, et aussi tenir compte de la responsabilité qu’induit la mise au monde des enfants », souligne-t-il

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