Bénin: L’Unamab dénonce l’invasion des politiques dans le Conseil Supérieur de la Magistrature

Bénin: L’Unamab dénonce l’invasion des politiques dans le Conseil Supérieur de la Magistrature

Dans un communiqué de presse en date du 10 janvier 2018, le bureau exécutif de l'Union nationale des magistrats du Bénin dénonce l'invasion des hommes politiques dans le Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Fin de grève à la justice : Les mises en garde de l’Unamab au gouvernement

Après la tentative de retrait du droit de grève aux magistrats qui fait paralyser les cours et tribunaux en début de la semaine, une seconde source de tentions est en perspective dans la maison justice.

Il s’agit de la réforme de la loi portant composition organisation attributions et fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature. L’Union nationale des magistrats du Bénin remarque une invasion spectaculaire des hommes politiques au sein de cette institution à travers la réforme du CSM envisagée par les députés de la majorité parlementaire et attire l’attention de l’opinion nationale et internationale sur ce danger qui risque de décrédibiliser le secteur de la justice.

Selon l’Unamab les députés de la majorité parlementaire sont dans leur logique de parachever l’oeuvre de musellement et de déstabilisation du pouvoir judiciaire qu’ils ont insidieusement consacré une prise d’assaut du CSM par les membres du gouvernement et les représentants du bureau de l’Assemblée nationale.

Cette odieuse invasion, dont la finalité est d’asseoir l’hégémonie du politique sur le pouvoir judiciaire aux fins de représailles et de règlement de comptes, contraste avec les recommandations du système des Nations Unies et l’organisation Internationale de la Francophonie qui demandent aux États membres d’adopter des instances de gestion de la carrière des magistrats débarrassées de toute incursion politique“, précise l’Unamab dans son communiqué.

Pour l’Unamab, il s’agit d’une nouvelle atteinte à l’ordre institutionnel issu de la Conférence Nationale qui mérite d’être vigoureusement combattue, à l’instar de la disposition tendant à retirer le droit de grève aux magistrats. Il faut remarquer que les magistrats sont prêts à lutter pour une justice indépendante, gage de paix et de progrès et n’entendent pas céder aux intimidations et la propagande médiatique du gouvernement et du bloc de la majorité parlementaire, devenue très inefficaces contre la détermination actuelle de l’Unamab.

COMMUNIQUE DE L’UNAMAB

Le 28 décembre 2017, sans aucune discussion préalable avec les acteurs concernés, l’Assemblée nationale a unilatéralement modifié la loi portant statut général de la fonction publique, à l’effet de retirer subrepticement le droit de grève aux secteurs de la santé, de la justice et de la sécurité publique.

Non satisfait de ce coup de force et déterminés à vassaliser le pouvoir judiciaire, les députés du Bloc de la Majorité Parlementaire, réunis en plénière le 02 janvier 2018, ont examiné la loi portant statut de la magistrature en interdisant le droit de grève aux magistrats, alors que l’article 31 de la Constitution du 11 décembre 1990 reconnaît et garantit ce droit à tous les travailleurs béninois.

Soucieux de parachever l’œuvre de musellement et de déstabilisation du pouvoir judiciaire qu’ils ont entreprise, les députés de la majorité parlementaire ont, insidieusement reformé la loi portant composition, organisation, attributions et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) en consacrant une prise d’assaut de cette institution par les membres du gouvernement et les représentants du bureau de l’Assemblée nationale.

Cette odieuse invasion, dont la finalité est d’asseoir l’hégémonie du politique sur le pouvoir judiciaire aux fins de représailles et de règlement de comptes, contraste avec les recommandations du système des Nations-Unies et l’Organisation Internationale de la Francophonie qui demandent aux Etats-membres d’adopter des instances de gestion de la carrière des magistrats débarrassées de toute incursion politique.

Cette nouvelle atteinte à l’ordre institutionnel issu de la Conférence Nationale, mérite d’être vigoureusement combattue, à l’instar de la disposition tendant à retirer le droit de grève aux magistrats.

C’est pourquoi, le BE/UNAMAB, tout en félicitant les magistrats pour l’exécution sans faille du mot d’ordre de grève en cours, les invite à ne céder à aucune pression ou à la provocation de certains députés consistant à publier sur les réseaux sociaux et dans la presse les prétendus avantages alloués aux magistrats.

Tout en réaffirmant son attachement à une justice indépendante, gage de paix et de progrès, le BE/UNAMAB rappelle au gouvernement et à la majorité parlementaire que les intimidations et la propagande médiatique sont inefficaces contre la détermination actuelle de l’UNAMAB.

Le BE/UNAMAB prend l’opinion publique à témoin et rend le gouvernement et les députés du Bloc de la Majorité Parlementaire responsables des conséquences douloureuses qui découleraient de cette malheureuse crise.

Fait à Cotonou, le 10 janvier 2018
LE BE/UNAMAB

Commentaires

Commentaires du site 32
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    rien que d’alignement de mots de ses magistrats; ils n’ont qu’a démissionner les jeunes sont formes pour prendre leur place.

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    Partout où sont passés les hommes politiques béninois, c’est le désert qui s’installe et avance. Il faut préserver la Maison JUSTICE de ces vauriens, sinon, c’est la fin des haricots…
    Ceux qui défendent cette invasion devraient regarder un peu plus loin que le bout de leur gros nez.

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    Bossouko Il y a 5 mois

    Talon dit je veux vous donner l’indépendance de justice , le president ne va plus siéger au conseil de la magistrature ; mais vous avez dit non en préférant votre constitution de 1990; il dit alors je siege et mieux j’aurais de renfort politique de mes alliées politiques et maintenant vous criez ????? il fallait réfléchir un peu avant de rejeter la revision de la constitution. C’est ainsi va la vie , on ne peut tout avoir au meme moment. La vie c’est un choix! Chaque choix a ses avantages et ses inconvénients.

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      Donc, il venge d’un peuple qui lui a quand tout donné, il s’est quand même enrichi sur le dos des pauvres paysans, 

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    A mes amis ollah et big….!!!

    Le sultan…est toujours lucide..mais réaliste…n’est ce pas..

    Ne pas reconnaitre…que ce pays..ses hommes..sont à reformer…par celui…qui s’en donne les moyens…c’est ne pas rendre service..au benin..

    Kérékou..a voulu..liquider l’anciennne politique..à travers…..mais n’a pas réussi…

    Yayi a voulu..refonder…et a échoué…

    Zinsouiste convaincu…je crois et je pense…que sans un dégraissage…sans une fondation..sans casser…des briques…lz…n’a aucune chance..

    Talon…le fait….et je dis tant…mieux…et de ce point de vue…et dans ce contexte…je suis…plus qu’un rupturien….

    Et j’assume…..

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      Arrête toi de rêver toutes les nuits à une hypothétique, possible retour de Zinsou. Tu sais très bien que cela n’est pas possible.

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    Pour qui ils se prennent ces corrompus de magistrats ? 

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    Gouvernement Talon = Gouvernement yayi -(marches de soutien +messes de remerciement)
    Mais je suis sûr que les deux gouvernements vont s’égaler d’ici peu

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    ALLOMANN Il y a 5 mois

    De quoi parlent Adjaka et ses affidés au sujet d’une soi- disante indépendance du Conseil Supérieur de la Magistrature ? Ils convoquent la Conférence Nationale à tout propos alors que la constitution issue de cette Conférence n’a jamais proposé l’exclusion des politiques de cette instance. De même, aucune recommandation d’institutions internationales ne dénie aux politiques le droit de gérer les magistrats (Cf les USA où les membres de la Cour Suprême sont nommés par le Président de la république après accord du Sénat-que des politiques). Que de faux prétextes et de fausses justifications pour satisfaire les velléités corporatistes de cette clique de juges paresseux et corrompus….
    Nous ne cèderons jamais au gouvernement de juges dont la corruption et l’irresponsabilité ont atteint des niveaux jamais égalés……

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    Il est temps que vous cessez de prendre le peuple en otage chers magistrats.Si c’est le droit de grève que vous voulez avant de travailler vous avez tirez à terre car la cour va accepter cette loi il ne vous reste qu’à démissionner.

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    OLLA OUMAR Il y a 5 mois

    Tundé, par les temps qui courent en ce moment au benin , où des brigands , menteurs , pilleurs gouvernent , vaudrait mieux une république des juges ; c’est peut-être cette peur qui vous anime , qui justifie votre rage à les priver de droit de grève et de poursuite , afin de vous coffrer 

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      Tundé Il y a 5 mois

      Tu as trop fumé ce soir.
      C’est le politique qui détermine la gouvernance, le judiciaire exécute.
      Que la grève continue, votre Metongnon va poireauter en cellules. Les magistrats en grève deviennent de facto, nos alliés actifs sur cette affaire. Bande de couyons

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    OLLA OUMAR Il y a 5 mois

    Helian , talon et ceux qui l’entourent connaissent quoi en developpement, ! Que des charlots  brigands pilleurs oui 

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    OLLA OUMAR Il y a 5 mois

    Aziz , toi tu dois le complexe de celui qui a été recalé à sa thèse à La Sorbonne 

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    Helian Il y a 5 mois

    Le PR est tombé dans le piège des politiques et maintenant il ne fera que de la politique et pas de développement. Le Benin révelé sera le Benin rêvé …
    A force d’ouvrir les bagarres on ne fait qu’augmenter le nombre de coups à recevoir. Comme le dit SPD, là les coups sont fréquents et de plus en plus forts. On sent l’éssouflement de l’exécutif.
    Pas facile le pouvoir….en tout cas plus compliqué que la revente d’intrants à la sauvette…je veux dire par décret ministériels.

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      Bien fait pour lui. Il vivra l’enfer dans lequel il a plombé le mandat de son prédécesseur

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    Tundé Il y a 5 mois

    Adjaka rêve d’une république des juges dont il sera le président.. un coup dEtat par contournement …..de vrais rêveurs

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    Helian Il y a 5 mois

    Liser ce article de Jeune Afrique:

    http://www.jeuneafrique.com/508591/economie/benin-selon-le-fmi-la-bonne-performance-economique-cache-une-hausse-sensible-de-la-pauvrete/

    Tout ce bruit pour juste ça. On a affaire à un vrai désert de compétences managériales au sommet de l’état.

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      Tundé Il y a 5 mois

      Dites nous dans quel pays africains la pauvreté recule , su lieu de niaiser. Ce n’est pas un scoop si la pauvreté avance dans un pays destructuré par un docteur cupide et chef mafieux ….

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        Helian Il y a 5 mois

        cela fait déjà 2 ans que Boni est parti.LOOL Dites-nous que c’est encore lui la cause et je vais éclater de rire…Le gouvernement actuel est le plus incompétent que je n’ai jamais vu au monde….je dit bien au monde…et je pèse mes mots.

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        Helian Il y a 5 mois

        Cap-Vert
        Cote d’ivoire
        Bostwana
        Namibie
        Rwanda
        Ethiopie
        Niger

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          Tundé Il y a 5 mois

          Niger……..le mensonge vous obture les neurones….
          Tout est dans le désastre laissé par 10 ans d’errance et de foutaises. Vous êtes peu crédible pour juger ce gouvernement, petit haineux jaloux

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    Manifestement…les corporatistes..professionnels…nous prennent..pour des moins que rien..

    La technique est connue..

    L’étendard de la démocratie..à la main…et la const comme moyens..de diversion…..on prend une posture…celle de nous imposer..un état des juges…dans l’état

    C’est comme une bande…d’ouvriers…qui veulent prendre des décisions à la place du C.A

    A ces lascars…je dis…ils sont dans une position d’employés…et non d’employeurs…donc pas de confusion de genre…

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      Helian Il y a 5 mois

      Cher Aziz, bonne année en passant. Une chose que je veux partager avec toi est que les entreprises les plus performantes sont celles qui écoutent leurs employés:
      General Electric
      Tesla Motors
      Google
      Facebook.
      Ce sont aussi les entreprises les plus innovantes.

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      Nationaliste Il y a 5 mois

      Tout le monde est employé. Même le gouvernement. Car seul le peuple est employeur. Même le Président de la République est employé.

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    Elijah Il y a 5 mois

    Apparemment leurs revendications viennent par saison. Ils gagneraient à un peu plus de cohérence.

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    #Democrate
    Bonne remarque, c’est des fainéants ses magistrats.

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    Democrate Il y a 5 mois

    L’Unamab auxille au gré du vent.
    Elle revendique tout et rien à la fois.
    Le chef de l’état avait émis le voeu de ne plus siéger comme président du conseil supérieur de la magistrature et cette volonté avait été inscrite dans le nouveau projet portant révision de la constitution. En son temps les mêmes magistrats s’étaient opposés à cette réforme et aujourd’hui ils viennent nous dire que ce conseil est prise en otage par les politiques.
    Posons les vrais problèmes dans ce pays et arrêtons de penser que les autres sont des cons.