Femmes à l’Assemblée nationale : quid du blocage des partis politiques ?

Femmes à l’Assemblée nationale : quid du blocage des partis politiques ?

Il se tient à Cotonou depuis le 18 janvier jusqu’à ce jour, une conférence sur le renforcement de la participation des femmes à l’Assemblée nationale du Bénin. Cette initiative de l’Assemblée nationale du Bénin en partenariat avec l’Union interparlementaire,

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est de prime à bord à louer. Mais tout ce travail sera sans incidence si l’accent n’est pas mis sur les partis politiques qui constituent des réels goulots d’étranglement. La question de la participation des femmes en politique en général et dans les instances de prise de décisions comme l’Assemblée nationale en particulier, demeure un sujet de permanente préoccupation.

Mais au-delà de ce qui peut paraître comme un acte d’éternel recommencement, il convient pour les organisateurs de faire l’autopsie de ce mal qui empêche les femmes de participer en nombre important aux instances de prise de décision. Les réflexions antérieures ont déjà présenté la faible participation des femmes en politique et au parlement, comme étant un fait sur déterminé, c’est-à-dire influencé par plusieurs facteurs. On a souvent cité entre autres : le poids des traditions, l’analphabétisme des femmes, les pesanteurs phallocratiques, et surtout en bonne place la mauvaise foi des partis politiques qui ne semblent pas accorder une place considérable aux femmes lors de la constitution des listes de candidatures.

Les partis politiques sont accusés de ravaler des femmes, au simple rôle de militantes qui se chargent de l’animation et racoler des voix lors des échéances électorales. Beaucoup de dirigeants profitent de la docilité des femmes au sein des partis politiques pour les garder au rang de bétail électoral, qui n’a pas droit au chapitre. Même les partis dirigés à un moment par des femmes à l’instar de la Renaissance du Bénin avec Rosine Vieyra Soglo, n’ont pas pu faire accepter un nombre important de candidatures féminines aux élections législatives ou municipales.

Pis, dans les formations politiques dirigées par les hommes où règne la domination de la gente masculine. L’Union fait la Nation n’a jamais servi de modèle, encore moins le parti social démocrate. Même le parti du renouveau démocratique du président actuel de l’Assemblée nationale, est loin d’être cité en exemple. S’il est vrai que c’est le parti politique qui détient le plus grand nombre de femmes au parlement pour cette 7e législature,  soit 5 au total, beaucoup reste à faire. A défaut d’une disposition du code électorale qui devra fixer la parité hommes-femmes sur les listes de candidature des partis politiques, comme l’a souhaité la première dame au cours de son allocution, c’est au niveau des formations politiques que l’on devra mettre l’accent.

Question d’appeler les leaders politiques à développer au sein de leurs formations politiques, la culture d’intégration des femmes en nombre non seulement dans les bureaux politiques, mais aussi dans la constitution des candidatures lors des échéances électorales. Ces partis politiques dans le cadre des activités de formation des militants, doivent préparer ces derniers à accueillir les candidatures féminines avec enthousiasme. Rien n’empêche la classe politique béninoise de demander aux acteurs politiques du Rwanda par exemple, le secret qui leur a permis d’intéresser tant les femmes à la politique, au point où le nombre de femmes députées représente 68% de l’effectif du parlement actuel du Rwanda.

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