Soirée politique à Friedrich Ebert Stiftung : non au retrait du droit de grève

Soirée politique à Friedrich Ebert Stiftung : non au retrait du droit de grève

Un panel de débat initié par la Fondation Friedrich Ebert, sous la modération de Georges Amlon, a regroupé un juriste, un magistrat, un syndicaliste, un expert en droit du travail et un député, hier jeudi 18 janvier 2018.

Crise sociale au Bénin : Les deux parties ne doivent pas perdre la face selon Anselme Amoussou

Au menu des discussions, la sempiternelle question du retrait du droit de grève à une certaine catégorie de travailleurs. Le débat n’a pas arrangé ni le législatif, ni l’exécutif dont l’initiative n’aurait pas ajouté une plus value à l’avancement de la démocratie béninoise. Anselme Amoussou, Secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin, Freddy Yèhouénou, Magistrat, Trésorier général de l’Union nationale des magistrats du Bénin, Louis Vlavonou, ancien syndicaliste, député à l’Assemblée nationale, Prince Agbodjan, juriste et Nanou Gildas, expert en droit du travail. Voilà les panelistes de la soirée politique de Friedrich Ebert Stiftung, sous la modération de Georges Amlon.

Le thème de cette rencontre d’envergure politique et sociale porte sur le droit de grève au Bénin. Dans les discussions, il était question que chaque paneliste clarifie sa conception du droit de grève. Tour à tour, des définitions ont permis de planter le décor. En définitive, le droit de grève a été défini comme un droit, comme tout autre selon certains, qu’il faut exercer. Pour d’autres, c’est un droit particulier qu’on ne peut pas sortir du bloc de la constitutionnalité, un droit fondamental ou encore un moyen que la loi donne aux travailleurs pour défendre leurs intérêts…

De l’appréciation du droit de grève

Selon Prince Agbojan, il faut faire recours à l’histoire du Bénin quand on évoque les questions relatives au droit de grève. « Lorsqu’on parle du droit de grève, il ne faut pas se déconnecter de l’histoire politique du Bénin », a affirmé le juriste qui a rappelé les différents textes qui renforcent l’exercice du droit de grève. Il a fait remarquer que le droit de grève est reconnu depuis le temps du Colon.

Mieux, il a affirmé que la Constitution de 1990 est venue à la suite d’une grève et que le constituant a défini à l’article 31 que l’Etat reconnait le droit de grève, qu’il garantit à tous les travailleurs. Tout autre commentaire sur la question n’est pas le bienvenu. Donc, les autorités ne devraient plus tenter quoique ce soit dans le sens de la restriction de ce droit acquis. La constitution a prévu tous les mécanismes possibles pour dialoguer et trouver solution en cas de crise. Mais les autorités ne respectent pas les textes, pense-t-il.

Il est soutenu dans ses propos par le Magistrat Freddy Yéhouénou, qui note pour sa part que le constituant n’a pas demandé de restreindre ce droit qui permet aux travailleurs de se faire entendre. Il y a selon lui une violation de la Constitution dans l’article 2 de la loi sur l’exercice du droit de grève. Le législatif est allé au-delàs de l’esprit de la Constitution, à travers cet article. Le secrétaire général de la Csa-Bénin fait la même lecture et martèle que les députés ont violé trois lois en voulant supprimer le droit de grève. Il conclut que « les députés ont manqué un effort intellectuel ».

Aussi, ne cautionne-t-il pas qu’on incrimine les travailleurs qui font grève, car il faut utiliser tous les moyens pour ébranler le régime réfractaire au dialogue. Les intervenants au débat ont fait des apports substantiels en battant en brèche toute tentative de suppression du droit de grève. Certains ont noté une collusion entre le législatif et l’exécutif, qui ont remis en cause le titre de représentant du peuple accordé aux députés. Il faut rappeler que le député Orden Alladatin, rapporteur de la commission des lois, a affirmé que : « La loi sur le retrait du droit de grève a été votée de façon incidente ». Il serait à cours d’arguments selon l’assistance sous des murmures. Idem pour son collègue qui demande aux autres panelistes de recourir à l’exécutif pour leurs préoccupations

Commentaires

Commentaires du site 1
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    OLLA OUMAR Il y a 10 mois

    Prince agbodjan était  trés brillant dans ses explications, tout comme le juge yehouenou , et anselme amoussou , c’était une soirée enrichissante et inoubliable pour nous , et nous invitant à ne pas désespérer de l’intelligencia beninoise . Et celui qui a dit que le benin étonnera toujours à bien raison , mais que ces aventuriers pilleurs menteurs et demi-cultivés , apprentis dictateurs ne nous perdent pas le temps