Bénin : Des médias utilisés pour annoncer des poursuites judiciaires

Bénin : Des médias utilisés pour annoncer des poursuites judiciaires

C’est une pratique qui commence à faire recette et qui est devenue avec le temps le modus operandi du fonctionnement d’une certaine presse.

2ème édition des journées médias : les acteurs s’y préparent activement

Un ensemble de médias classiques et des réseaux sociaux sont mis à contribution pour annoncer avec un grand écho des poursuites judiciaires imminentes à l’encontre de certaines personnalités politiques et de les présenter à l’opinion sous un jour complètement sombre.

Le cahier de charges de cette mission recommande à ces médias de faire avant les tribunaux, le procès des présumés mis en cause et de les présenter au public comme coupables et partant, comme ennemis de la République. Tout ceci, en violation du principe de la présomption d’innocence.

C’est le moyen utilisé depuis pour faire accepter à l’opinion des informations parfois cousues de fil blanc. Tout avait commencé vers la fin 2016, à travers l’affaire dite de la découverte des 18 kg de cocaïne. Un certain nombre de médias classiques et des réseaux sociaux s’étaient démarqués en se substituant à la justice en rapportant des faits parfois sans fondement qui étaient présentés à l’opinion comme étant la vérité. L’approche utilisée est celle du matraquage médiatique par lequel un ensemble d’organes de presses : réseaux sociaux, presse écrite, stations de radio et chaînes de télévisiondéclenchent à la fois et avec des traitements identiques des tirs groupés sur le ou les présumés mis en cause. A l’occasion, des articles de presse avaient fait des enquêtes et déclaré en lieu et place de la justice que le mis en cause dans cette affaire de 18 kg de cocaïne est vraiment coupable. Il s’agit là d’une méthode qui vise à préparer l’opinion à considérer avant le procès, un présumé mis en cause comme étant d’ores et déjà coupable.

Le conditionnement de l’opinion

C’est la même approche qui a été utilisée pour le cas des audits dits sélectifs.A peine le conseil des ministres a rendu son communiqué que les mêmes médias ont pris sur eux de revenir sur cette information en présentant les personnes indexées dans le rapport comme étant des délinquants économiques. Ce sont toujours ces mêmes médias qui ont commencé à annoncer bien avant le communiqué du conseil des ministres, des éventuelles poursuites contre Laurent Mètongnon. Ce que le conseil des ministres est venu plus tard confirmer. Ce qui ne peut être une simple coïncidence.Et pendant que le gouvernement a annoncé avoir transmis le dossier à la justice, une avalanche d’articles et de réflexions ont été produites visant à présenter Mètongnon et ses autres co-accusés comme des personnes de moralité douteuse et par conséquent coupables des faits qui leur sont reprochés. C’est dire qu’avant la tenue du procès, Laurent Mètongnon et ses co-accusés, n’ont pas bénéficié auprès de ces médias et de leurs commanditaires d’articles siamois de la présomption d’innocence.

Substitution à la justice

Ce lynchage médiatique vise à préparer l’opinion à considérer les présumés mis en cause comme étant coupables. De telle façon que si la sentence de la justice va dans le même sens, que l’opinion ne soit pas surprise. Nous y voilà encore avec l’affaire dite de la levée de l’immunité parlementaire à 3 députés. A la grande surprise, ce sont encore les mêmes médias (dirait-on les plus curieusement introduits) qui ont la primeur de l’information. Annonçant que cette demande de la levée de l’immunité parlementaire aurait été demandée par la justice et que le dossier serait le début de la semaine sur la table du président de l’Assemblée nationale. On pourrait bien se demander pourquoi ce sont toujours les mêmes médias qui possèdent ces informations ou pourquoi c’est par ces médias que des poursuites judiciaires contre des personnalités sont annoncées?

Des personnes avisées répondront que c’est pour faire le travail de préparation des consciences. Ainsi, lorsque le mécanisme de la levée des immunités sera mis en branle, que cela ne soit pas une surprise pour l’opinion. Surtout qu’en annonçant ces poursuites judiciaires en gestation, ces médias prennentle soin d’organiser des débats à sens unique où les mis en cause sont généralement condamnés avant la tenue des procès. Dans un pays de droit tout le monde est justiciable. Toutefois, il importe qu’avant la tenue du procès, des médias ne se substituent pas à la justice pour condamner les mis en cause. Car être accusé est une chose, mais être déclaré coupable en est une autre. De grâce, permettre aux accusés de bénéficier de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’un jugement au terme d’un procès détermine la culpabilité ou non des accusés

Commentaires

Commentaires du site 3
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    Napoléon1 Il y a 8 mois

    Quelle leconsen tirer de tout cela? que désormais quand des convocations seront envoyés aux présumes dans cette affaire, où ils étaient linchés et jugés d’avance, qu’ils en font de même, saboter la Suite à donner.
    Et si par mégard des agents sur convocation d’amener sont envoyés àleur domicile, que le peuple entier se transforme en bouclier humain pour défendre leur liberté.

    Dans un état de droit la les préliminaires d’ue accusation et jugement judiciaire ne sont pas médiatisés.

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    democrate Il y a 8 mois

    Qui a intérêts à intoxiquer avec une telle information pour distraire le peuple?
    Sans ambages, la réponse est claire, ce sont les FCBE et principalement les personnes indexées.
    Curieusemnt, l´intoxication est distillée dans la presse quelques jours seulement après leur pseudo congrès. Si Djènontin pense qu´il suffit d´être Secrètaire Général d´un parti politique pour s´absoudre des crimes économiques commis par le passé il se trompe.
    Ce qui paraît bizarre dans les discours de certains concitoyens surtout les journalistes défenseurs des causes des FCBE et alliés est qu´ils se contredisent souvent lorsque des dossiers judiciaires sont évoqués. Ils sont les premiers à réclamer la lutte contre l`impunité et au même moment ils ne veulent voir personne devant la justice.
    Hier sur un plateau de TV (Ed-en Tv) un soit disant professionnel des médias a déclaré que : ”la JUSTICE EST EGALE AU POUVOIR”. Et malheureusement ceux-là se font appeler journalistes au Bénin.
    C´est triste.

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    OLLA OUMAR Il y a 8 mois

    Que voulez-vous , ses médias  de mercenaires de la plume , nécessiteux , sont à la solde de ce régime d’apprentis dictateurs , de ruse et de rage , friands des méthodes nazies à la goebels .
    Mais ils se trompent , le peuple n’est pas dupe , et ils sont entrain d’être démystifiés , one by one