Bénin : Nécessité de publier les salaires des ministres et du Président

Bénin : Nécessité de publier les salaires des ministres et du Président

La polémique sur les salaires exorbitants des ministres s’est invitée dans les échanges entre le président de la république et les responsables de cen

Bénin – Conseil des ministres du 28 juin 2017 : La Cour déclare contraire à la constitution le point 2.6.3

La polémique sur les salaires exorbitants des ministres s’est invitée dans les échanges entre le président de la république et les responsables de centrales syndicales, mardi 06 février à la Marina. Bien qu’il ait nié l’existence d’un salaire de 16 millions pour ses ministres, Talon n’a hélas pas réussi à mettre fin à la polémique. Au contraire…

Une réponse frugale, expéditive, vague. C’est ainsi qu’on peut qualifier celle servie mardi dernier à la présidence de la république par le président Patrice Talon aux secrétaires généraux des centrales syndicales, qu’il a invités pour obtenir un dégel de la tension sociale. Répondant à la question d’un syndicaliste, Patrice Talon a affirmé qu’ « aucun ministre ne gagne 16 millions ». Cette réponse qui devrait mettre fin à la polémique sur les salaires exorbitants des ministres n’a semblé convaincre personne.

En tout cas, pas les interlocuteurs du Chef de l’Etat de cette soirée du mardi, au point où l’un d’eux -Noél Chadaré de la Cosi- invité hier soir sur Canal3, a relancé la même polémique en demandant au chef de l’Etat de publier les salaires des ministres. Selon lui, seule la publication pourrait rassurer les uns et les autres et donner raison au président. Elle donnera force à l’argument qui consiste à dire que l’augmentation des salaires des Dc et Sg des ministères, vise à rationnaliser les dépenses du gouvernement en ceci qu’elle a regroupé en une seule paye (primes et indemnités diverses incluses) les émoluments de ces cadres, et éviter les multiples emplois qui reviennent souvent plus chers au gouvernement.

Lorsqu’on publiera les salaires des ministres, on saura par exemple s’ils sont en dessous des cinq millions perçus par les préfets, et là on pourra bien chercher à comprendre comment on passe d’un salaire de 1,7 million des ministres de Yayi, au 5 millions avec les seules primes et indemnités diverses perçues par les ministres. Si le salaire actuel d’un ministre dépasse celui d’un préfet, ce qui paraît logique, comment expliquer là aussi une si grande différence avec uniquement l’ajout des primes et indemnités ? La publication des salaires des ministres devient dans ce cas un élément déterminant de l’analyse, et ne pas le faire expose le gouvernement aux mêmes critiques. Sauf si le gouvernement est dans une logique autre que de convaincre et de dire la vérité aux populations.

Quid de la liste civile du Président ?

Partout ailleurs dans le monde et surtout dans les pays sérieux, le salaire du président ou liste civile n’est nullement un secret d’Etat ou un « secret-défense ». Il est rendu public et tout citoyen lambda peut chercher à le connaître en s’adressant aux services compétents. Il suffit d’un petit clic sur le net pour voir les salaires des

présidents dans plusieurs pays du monde. Le site français : « votresalaire.fr », nous en donne la parfaite illustration. On y lit les salaires des présidents Macron, Trump, Poutine, Merkel… Et ce n’est pas tout, car sur notre continent, on peut y voir les salaires des présidents sud-africain, zambien, angolais. Mais ici, l’information est entourée de mystères, tout autant que l’agenda présidentiel. Ceci est d’ailleurs dans la logique de gestion opaque du gouvernement qui met sous le sceau de la confidentialité les salaires des ministres, des conseillers techniques, des Directeurs de ces nombreuses agences créées pour se substituer à l’administration publique, et des collaborateurs extérieurs (rwandais, français et autres du président). Au Bénin, la constitution du 11 décembre 1990 en son article 48 alinéa 2,  a pourtant clarifié : « La loi fixe la liste civile du Président de la République, et détermine la pension à allouer aux anciens présidents de la République ».

Mais depuis 1990, aucun président de la république n’a vraiment œuvré pour l’adoption de cette loi qui va aider à officialiser leur salaire. Plusieurs fois sous Yayi, ce sujet est revenu sur le devant de la scène lorsque la rumeur avait couru qu’il gagnait 17 millions. Puis, plus rien. Talon qui a engagé plusieurs réformes n’a jamais pensé au vote de cette loi qui permettra d’avoir une idée de combien il gagne. Il préfère ainsi entretenir le flou comme les nombreux avantages qu’il tire du pouvoir et dont l’officialisation donnera plus de crédit à son discours à tout vent, de « réduction du train de vie de l’Etat » et de lutte contre la corruption

Commentaires

Commentaires du site 5
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    Ces polemiques sur fond de suspicion constituent selon moi des pertes de temps et d’energie.

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    virgile Il y a 9 mois

    J’appelle cela de la lâcheté CHADARE aurait pu calmement dire au président de la république et devant le monde entier de publier simplement les salaires des membres du gouvernement. Ceci constituera une transparence.Mais qu’il vienne le dire après la rencontre, cela prouve qu’il n’est pas un bon responsable il n’est pas franc.Le peuple est là et observe tout maintenant.

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    ALLOMANN Il y a 9 mois

    Pour atténuer la portée des rumeurs et affabulations colportées ici ou là, je voudrais apporter mon point de vue et quelques éclairages sur la question des salaires des Ministres, en particulier ceux des Ministres issus de la diaspora.
    De mon point de vue, la transparence exige que les salaires des Ministres ainsi que liste civile du Président de la République soient publiés, et ceci dans la limite des exigences liées à la sécurité nationale.
    S’agissant du niveau de ces salaires qui font des gorges chaudes, il y a lieu de mettre en exergue la volonté du Président Talon de mettre les plus hauts responsables de l’Etat dans les meilleures conditions pour éviter la perpétuation des pratiques corruptives qui font du Bénin, le pays où le prix du KM de route est le plus élevé de la sous-région, ce qui contribue à une perte continuelle de la substance économique du pays. Cette stratégie se met progressivement en place et devrait concerner les plus hauts corps de l’Etat.
    Pour opiner sur les émoluments des Ministres de la diaspora, il faut relever qu’il est difficile de débaucher ces hauts cadres des institutions internationales sans leur assurer un traitement équitable sur place. Ces situations ont toujours existé au Bénin et dans tous les Etats de la sous-région. En me référant au Président Wade dans les années 2000, celui-ci a justifié la nécessité de rémunérer son premier ministre des Finances, à la hauteur de ses revenus à la Banque Mondiale. Et pour cela, il aurait recours à ses Fonds politiques (Fonds Spéciaux au Bénin) pour prendre en charge le différentiel… Par conséquent, il existe des solutions pour prendre en charge les salaires de ces Ministres afin de tirer parti, non seulement de leur compétence avérée dans leurs domaines respectifs, mais également de leur vision moins abîmée par la béninoiserie ambiante. Et puis, de toutes les manières, lesdits revenus sont loin de leur garantir les fortunes qu’exhibent nombre de fonctionnaires qui pillent le pays pour se s’acheter immeubles et appartements tant au Bénin qu’à l’étranger.
    Et le recours aux fonds spéciaux du Président de la République me paraît le véhicule le plus approprié pour une solution équitable à cette problématique. Ces fonds spéciaux contribueraient ainsi à ces ajustements au lieu d’être utilisés personnellement, comme Yayi Boni, à la multiplication de résidences de luxe au Bénin comme à l’étranger.
    Ceci dit, je ne nie point le malaise que provoque ces disparités, pourtant justifiables, dans le contexte du Bénin où le souhait le mieux partagé est le nivellement de tous, vers le bas…….

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    Napoléon1 Il y a 9 mois

    Le Bénin n’avancera jamais tant que les Présidents élus ont le pouvoir de fixer les salaires des ministres et collaborateurs. C’est là la source de toutes les dérives. Dire que celui qui à la marmite Sous sa main, va prendre très peu de la Sauce est une Illusion. Cela ne tient pas.
    Ailleurs, ce n’est pas le Chef du Gouvernement qui décide des salaires à Payer et pas même pour lui.
    Cessons ces Genres de corruption et de détournements déguisés au Bénin.

    Qu’est ce qui justifie cela?

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      Agadjavidjidji Il y a 9 mois

      Je suis d’avis qu’il serait pertinent de fixer tout ça à travers des lois divulguées et connues de tout le monde.

      Ces polemiques sur fond de suspicion constituent selon moi des pertes de temps et d’energie.