Dialogue social au Bénin : Les défalcations plombent les négociations

Dialogue social au Bénin : Les défalcations plombent les négociations

Prévue pour se tenir ce jeudi 22 février 2018, la rencontre entre le gouvernement et les centrales et confédérations syndicales pour le dégel de la situation sociopolitique ne s’est plus tenue

Bénin : l’attitude du gouvernement qui fragilise le dialogue social

Pour cause, la volonté manifeste du gouvernement à ne pas rétrocéder aux salariés la tranche de leur paie défalquée pour fait de grève, a conduit les responsables syndicaux à vider la salle. C’était à l’Infosec à Cotonou.

« On ne peut pas vouloir une chose et son contraire ». J’emprunte volontiers cet adage pour montrer la mauvaise volonté du gouvernement à nous sortir de la crise sociopolitique qui paralyse depuis plusieurs semaines nos administrations publiques. Après trois séances d’échanges lors de la première session extraordinaire de la commission de concertation du dialogue social, les différentes parties (gouvernement et centrales syndicales) devraient se retrouver hier jeudi 22 février 2018, à l’Infosec à Cotonou, pour faire un point et évoluer sur les questions restées en suspens afin de sortir de cette impasse.

Mais la ruse et la rage du gouvernement en place, semblent avoir plombé ces négociations. En effet, après décision en conseil des ministres, le gouvernement a décidé de procéder à des défalcations sur le salaire des travailleurs pour fait de grève. Pourtant, la loi 2001-09 du 21 juin 2002 portant exercice du droit de grève, dispose en son article 5 que les grèves qui portent sur les droits acquis et sur les violations des libertés fondamentales ne peuvent pas faire l’objet de défalcations. Les syndicalistes ont donc demandé au gouvernement de revoir sa manière de procéder, qui n’est non seulement pas de nature à apaiser la situation, mais qui viole aussi les lois. Mais pour le gouvernement, ces défalcations sont conformes à la loi su-citée.

Une position tranchée du gouvernement

C’est d’ailleurs ce qu’en pense le ministre d’Etat et président de la commission, Abdoulaye Bio Tchané.

« Je veux rappeler que les défalcations faites sont conformes à la loi sur la grève. Concernant ces défalcations, nous avons dit qu’il y a des recours possibles. Le chef de l’Etat a laissé ses portes ouvertes en leur disant qu’il sera leur principal avocat au sein du gouvernement sur un certains nombres de sujet », a-t-il déclaré.

Après avoir rappelé les différentes avancées obtenues lors de la première session extraordinaire, il a fait observer que cette suspension des négociations permettra aux uns et autres de réfléchir sur la question des défalcations.

Les défalcations, une question préjudicielle

Foncièrement contre ces défalcations, les secrétaires généraux des centrales ont vertement dénoncé cette attitude du gouvernement. Pour le secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb), Kassa Mampo, c’est une provocation. « Le gouvernement ne veut pas d’apaisement » a-t-il martelé, avant d’expliquer que personne ne peut comprendre cette façon de poignarder les travailleurs, en prétendant organiser des discussions. « Toutes les confédérations ont boycotté les négociations » a-t-il précisé. Selon ses explications, le gouvernement veut qu’ils ajoutent la défalcation à leurs revendications, mais ils ne le feront pas. Il faut donc que cette question de défalcations soit réglée avant toute négociation ou discussion. « Cela montre que ce gouvernement est un gouvernement de dictature. Ils ne veulent donc pas négocier avec les travailleurs, ils veulent faire usage de force » s’est-il désolé.

Abondant dans son sens, Noel Chadaré le secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin), a fait remarquer que tant que ce qui a été défalqué aux travailleurs ne leur est pas rétrocédé, les négociations demeureront dans l’impasse : « Nous n’allons pas venir nous asseoir avec des gens qui posent des actes de guerre, et qui montrent au monde entier qu’ils veulent la paix. Aujourd’hui on n’a pas véritablement bougé dans la négociation… voilà le genre d’actes qui sont posés, et qui font croire que les politiciens nous manipulent. Nous ne sommes pas des pantins désarticulés que les politiciens vont manipuler. Nos revendications trouvent racines dans les problèmes sociaux des travailleurs ». Face à cette attitude du gouvernement renseigne le Sg, ils ont décidé de vider les lieux pour être en phase avec leurs militants qui sont très mécontents de ces défalcations. Cette situation annonce un durcissement à venir du mouvement de grève

Commentaires

Commentaires du site 1
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    OLLA OUMAR Il y a 2 mois

    Agadjavi , Adjaka mon tchatchabouloukou , avec calme , sérénité vous le di : ” la rupture adore la grève , la rupture n’aime pas la paix ” et moi j’ajoute , la rupture aime pavoiser devant les caméras de l’ortb, la rupture aime voler , piller , mentir , empoisonner , tracer des lignes rouges , casser les baraques etc etc , la rupture sera dégagée