Igbo Idasha, une « exception » au sein des royaumes au Bénin

Igbo Idasha, une « exception » au sein des royaumes au Bénin

Gustave Zomahoun est prince héritier des Djaguns au Bénin. Il est membre de la monarchie Igbo Idasha que dirige désormais sa majesté Djagun Egbakotan II de Dassa-Zoumè.

Montpellier – France : Un week-end culturel aux couleurs béninoises le 16 février

Rencontré dans la soirée du mardi 20 février 2018 au Palais des 41 collines sis au quartier à Agbégbé, il défend que ce royaume fait « exception » dans la royauté au Bénin, et «peut-être aussi dans la sous-région», avec son organisation et ses richesses. Il raconte.

L’organisation des Djaguns

«Le trône Djagun a été institué au début du XIVe siècle, et a connu jusqu’à ce jour 26 rois. Donc, c’est le 26e roi qui est là aujourd’hui, -sa majesté Djagun Egbakotan II, depuis le 23 décembre 1996 ndlr-. Notre royaume devenu Dassa-Zoumè depuis 1960, s’appelait Igbo Idaasha. Nous avons une organisation qui fait l’exception par rapport aux autres royaumes au Bénin, et peut-être aussi dans la sous-région. C’est que le royaume a été réorganisé par le 3e roi, Djagun Gagbona, qui a institué un contre pouvoir. C’est un parlement installé à Yaka sur la colline, et qui contrôle l’exécutif du bas ici dirigé par le roi, qui porte le titre de Djagun. Cette dynastie Djagun a été installée depuis le règne du premier roi de Dassa… (Ikéééééé : cri de vénération du roi qu’émettent les princesses, princes et reines).

Voilà un peu comment que le royaume a été réorganisé par le 3e nomarque Djagun Djagbona. Après lui, nous avons connu assez de règnes jusqu’à un autre qui a pris le pouvoir et qui a fait un long règne. C’est Djagun Ogoudou, qui a fait 155 ans au pouvoir. Lui, il a poursuivi la réforme mise en place par son prédécesseur. Après lui, l’autre qui nous a bien marqué aussi, c’est le roi Djagun Adjiboé. Lui, il a renforcé la religion traditionnelle et a beaucoup lutté contre l’esclavage. Le constat de ce qu’il a fait ici, c’est des rempares qui entouraient le royaume et tout le périmètre urbain d’Igbogni Idasha à l’époque, pour empêcher les incursions de l’armée dahoméenne qui venait chercher les bras valides ici à vendre au port de Ouidah. Ce roi a donc beaucoup marqué le peuple Idasha. Après son règne, nous avons connu beaucoup d’autres rois qui ont fait ce qu’ils pouvaient faire en leur temps jusqu’à nos jours. ».

Hospitalité

« Le syncrétisme religieux a dominé notre région ici. Cela a favorisé l’installation d’autres peuples tels que les Mahi, les Ditamaribè, etc., qui cohabitent avec nous. C’est la preuve que les Idasha sont un peuple vraiment hospitalier, pacifique qui accepte tout le monde et invite tout le monde à s’installer dans le royaume ici. C’est la preuve que nous sommes des gens avec qui on peut réellement collaborer, avec qui ont peut vivre. Et d’ailleurs, il y a un village qui s’appelle Gnonkpingnon – Kun yé ton gnon-. Ça veut dire que notre race est une bonne race avec laquelle on peut vivre. Nous pensons que tout ceci a valorisé l’érection de Dassa-zoumè en chef lieu du département des collines. Le pouvoir de Odi accompagne aussi le pouvoir moderne. Nous avons le devoir de soutenir l’administration publique. Quand un maire arrive au pouvoir, le roi doit l’accompagner pour qu’il réussisse sa noble mission. ».

Des atouts touristiques

« Nous avons de nombreux sites touristiques conservés à l’état naturel à Dassa-zoumè. Nous avons par exemple le site de Yaka où siège le parlement dont j’ai parlé au début. Nous avons la divinité Orisha kpata que les Fons appellent Sakpata. C’est le berceau de la divinité que vous croyez être à la base de la variole. Non. Au contraire, elle traite les maladies endémiques et épidémiques. Cette divinité s’est répandue dans le monde entier. Il y a aussi le berceau de la divinité Ogou. Le dernier char d’assaut qui a servi aux Haïtiens lors de la deuxième guerre mondiale, a été baptisé Ogou. A travers toute l’Afrique, vous verrez cette divinité. Son berceau est sur la colline ici. Même le Gargantua africain dont Rabelais avait parlé dans son document, mais dont personne ne savait où il avait vécu, il a vécu réellement ici ; sa tombe est à Modjigangan, et tout ce qu’il a réalisé est aujourd’hui visible. Nous pouvons prendre l’exemple d’Ogédé. Il a construit ce rempare pour encercler tout le royaume afin que les Aboméens n’y rentrent pas pour nous tuer. Ensuite, nous avons le marché des esclaves. Ce n’est pas un lieu où on vendait des esclaves mais un lieu où on faisait le tri de ces esclaves. C’est Odja-èrou. Nous avons beaucoup de sites qui peuvent favoriser le développement socio-économique de notre localité, si on les prenait en compte réellement. Nous avons aussi la forêt sacrée de Dassa-zoumè qui a besoin aujourd’hui d’une grande clôture comme le palais royal. ».

Commentaires

Commentaires du site 2
  • Avatar commentaire
    GbetoMagnon Il y a 5 mois

    Exact, très intéressant.

    “Djagun Ogoudou, qui a fait 155 ans au pouvoir”, “des rempares (REMPARTS)… ” Cependant, il y a pas mal de coquilles dans l’article.

  • Avatar commentaire
    Bénin Passion Il y a 5 mois

    Intéressant….