Les TIC et leurs incommodités

Les TIC et leurs incommodités

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication, aussi fabuleuses qu’elles paraissent, ne sont pas pour autant sans incommodités. Il est vrai qu’ils sont d’une utilité indéniable en ce sens qu’elles ont amélioré fondamentalement nos conditions de vie.

Cadeau de fin d’année

Mais depuis l’avènement de ces nouveaux médias il s’est produit une véritable métamorphose dans nos manières de faire, de penser, de parler, de communiquer, dans nos relations à autrui, de sorte qu’on se pose la question de savoir ce qui nous reste de nos libertés, de notre « self-control », de notre faculté à disposer de nous-même.

Cette façade de technologies prodigieuses que nous présentent ces nouveaux médias, dissimule en réalité une forme d’auto-aliénation et une carence informative profonde.

L’esclavagisme digital

Les nouveaux moyens de communication avec leur cortège de fonctionnalités ont bouleversé fondamentalement nos comportements. En effet une simple observation de la déformation de nos habitudes de tous les jours permet de se rendre compte de l’ampleur du phénomène. La résonance de la sonnerie de votre téléphone ou de sa messagerie suffit pour vous déconcentrer. Vous mettez alors en branle toute votre faculté, laissant la tâche à laquelle vous étiez occupé pour courir vers le téléphone dans un état second. Ainsi, si de mauvaise foi, je veux vous perturber, ou troubler votre sommeil depuis ma paisible retraite, il me suffit de vous appeler ou vous envoyez un message pour que vous vous mettiez aussitôt à courir dans tous les sens , à chercher le téléphone et à défiler la messagerie pour lire le message qui n’est, au fait et généralement, d’aucune utilité ou d’aucune urgence . Trop souvent, c’est un message que vous avez déjà reçu. Sur tous les réseaux sociaux( WhatsApp, facebook, youtube), ce sont les mêmes messages qui circulent en boucle, les mêmes images, les mêmes vidéos . Le paradoxe est que nous sommes pris à ce piège comme des sujets volontairement soumis.

Où est donc passé notre liberté, notre libre arbitre. Auparavant, l’on pouvait refuser de recevoir un courrier dont le destinateur ne nous est pas particulièrement sympathique, mais aujourd’hui il s’introduit directement et sans intermédiaire dans notre intimité, dans notre agenda sans prévenir. Nous ne sommes plus libres de nous défouler au cours d’une manifestation festive au risque de nous faire filmer et de retrouver notre image sur WhatsApp ou sur les autres réseaux sociaux avec des commentaires tendancieux dans le seul dessin de ternir notre réputation.

Somme toute, depuis que le digital a pris le contrôle de notre manière de vivre et notre quotidien. Nous sommes devenus des esclaves volontaires, enfermés dans une tour aux contours invisibles. Leur moded’immiscions dans nos vie est d’une subtilité déroutante car ils s’y introduisent comme des virus pour modifier et prendre progressivement le contrôle de nos habitudes afin de déprogrammer le logiciel de nos traditions et usages construits pourtant sur des générations.

Illusion médiatique

D’un média ou d’un support à un autre, nous vivons le règne de la répétition (redondance). Les mêmes nouvelles se diffusent en boucle. Les agrégats de contenu, florissants sur l’Internet, concourent à cette illusion médiatique : en une journée, si Google ou Yahoo peut offrir à la curiosité des internautes des milliers d’articles, ceux-ci ne concernent généralement qu’une petite portion de sujets. Tout le restant est constitué de redites. Seulement une petite partie des notes postées sur les blogs, les forums, offrent une information originale, l’essentiel relève souvent du commentaire. L’offre médiatique est très abondante. Et pourtant, la diversité réelle de l’information se réduit de jour en jour. Cette pléthore de messages médiatiques cache en fait une pénurie informative sur le fond.

Roch Elie ADJOVI
Expert, consultant en marketing management et en communication

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