Loi sur l’embauche au Bénin : illustration de l’insouciance du gouvernement pour les travailleurs

Loi sur l’embauche au Bénin : illustration de l’insouciance du gouvernement pour les travailleurs

La promulgation de la loi n°2017-05 du 29 août 2017, fixant les conditions et la procédure d’embauche, de placement de la main-d’œuvre et de résiliation du contrat de travail en République du Bénin, fait changer les dispositions antérieures sur l’emploi au Bénin.

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Cette loi votée par la septième législature du parlement réserve beaucoup de surprises désagréables aux employés des sociétés. Il faut conclure à un manque d’humanisme de l’exécutif et du législatif.

La loi n°2017-05 du 29 août 2017, fixant les conditions et la procédure d’embauche, de placement de la main-d’œuvre et de résiliation du contrat de travail en République du Bénin, vient chambouler toutes les dispositions légales en matière d’emploi. La sécurité de l’employé n’est plus une garantie pour l’employeur, qui se voit autorisé à renouveler autant de fois qu’il le désire, le contrat de travail qui le lie à son agent.

Cette loi votée au parlement ne garantit aucune sécurité aux travailleurs, comme on peut le constater dans ses dispositions, contrairement aux avantages et privilèges que la loi n°98-004 portant code du travail en République du Bénin a prévu. Ces dispositions de la loi sur l’embauche donnent du fil à retordre aux employés qui sont désormais soumis à un autre régime de travail. Face à cette situation de mépris aux travailleurs, des voix se lèvent pour apporter des réserves sur cette nouvelle loi qui réduit augmente sensiblement les risques de dérives autoritaires, en milieu de travail.

Dans une déclaration sur la grève des magistrats, l’Ordre des avocats fait constater : « La situation s’avère davantage préoccupante lorsqu’on évoque la loi n°2017-05 du 29 août 2017, fixant les conditions et procédure d’embauche, de placement de la main d’œuvre et de résiliation du contrat de travail en République du Bénin ; ou encore la loi n°2017-214 portant recueil du renseignement en République du Bénin. Ceci met en cause une méthode de production législative qui place le citoyen devant le fait accompli ». C’est-à-dire que la loi sur l’embauche vient comme une épée de Damoclès, planer sur toutes les têtes des employés dont le contrat de travail peut être résilié avec une indemnité qui ne doit pas dépasser neuf mois.

Les privilèges ôtés aux travailleurs

L’article 7 de la loi sur l’embauche dispose : « Tout contrat de travail à durée déterminée ou indéterminée, peut être soumis à une période d’essai. La période d’essai est celle durant laquelle les parties apprécient respectivement les conditions de travail et la qualité des prestations effectuées ». La période d’essai permet à l’employeur d’apprécier l’aptitude professionnelle et le rendement du travailleur, et ne peut excéder quinze jours pour les travailleurs saisonniers, temporaires et occasionnels ; un mois pour les ouvriers, manœuvres et employés payés au mois ; et 3 mois pour les travailleurs de la catégorie des agents de maîtrise, des cadres et assimilés, selon les dispositions du Code du travail. Sur la question du contrat du travail, voici les exigences de la nouvelle loi : Article 13 « le contrat de travail à durée déterminée peut être renouvelé indéfiniment. Toutefois, à partir du quatrième terme du contrat à durée déterminée, toute décision de non renouvellement est précédée d’un préavis établi dans les conditions fixées au code du travail. … ».

Cet article est en contradiction avec le code du travail qui détaille qu’il y a deux types de contrats dans une entreprise ; celui couramment appelé Cdd, et le second, le Cdi. Lorsque le contrat est de durée déterminée, selon les dispositions du code, sa durée totale, renouvellement compris, ne peut dépasser 48 mois. Au-delà de 48 mois, le contrat change de nature et devient, de droit, un contrat à durée indéterminée comme le mentionne « La réglementation du travail au Bénin : traité pratique de droit et relation de travail du professeur Nicaise Mèdé ».

De la cessation des relations de travail par licenciement

Le premier alinéa de l’article 30 dispose : « Tout licenciement abusif du travailleur donne lieu à réparation ». A l’alinéa 5 : « Toutefois, le montant de la réparation ne peut être inférieur à trois mois de salaire brut, ni excéder neuf mois ». « Pour la fixation du montant de la réparation, le salaire à prendre en considération est le salaire mensuel brut des douze derniers mois d’activité du travailleur », indique l’article 31 de la loi sur l’embauche. Ces différentes dispositions de la loi sur l’embauche font l’objet d’une saisine de la Cour constitutionnelle par le député Guy Mitokpè, selon qui l’Assemblée nationale a été le réceptacle en ces temps d’une flopée de textes de lois, tous aussi pertinents qu’intéressants, pour la survie de la République.

Lesquels textes sont transmis sous le prisme de la ferme volonté d’améliorer la condition de vie et d’existence des Béninois, mais qui en leur esprit et lettre laissent manifestement transparaître toutes autres intentions. Mais, la Cour dans sa décision DCC 17-179 du 10 Août 2017, a déclaré sa requête irrecevable ; parce qu’elle n’a pas respecté le délai de quinze jours pour être transmis à la Cour. La Cour déclare dans la même décision la loi du gouvernement conforme à la constitution béninoise. C’est un véritable coup de massue pour les travailleurs

Commentaires

Commentaires du site 3
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    Prince Il y a 2 mois

    Si le gouvernement suit ces commentaires ou écoute son peuple. Il réduirait à 50% les maldonne enregistrées ça et là

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    Gombo offline Il y a 2 mois

    Est ce que nous avons un probleme de rigodite du marche de l’emploi au Benin ?
    Avons nous comme en Frace des employeurs qui disent ne pas pouvoir recruter pcq ils ne peuvent pas licencier ?
    NON NON ET NON!
    Comme on le voit Talon et son clan veulent se faire passer pour des champions de reformes, sauf qu’ils reforment ce qui n’a pas besoin de l’etre, ils creent des pretendues solutions a des problemes qui n’existent pas !
    De meme que l’on a fusionne police et gendarmerie sans raison, on vote des lois pour changer le cadre legal existant sans raison!
    Pire le nouveau cadre juridique cree empoisonne les relations sociales, cree un climat de suspicion, tue toute fidelite des employes  aux employeurs!,,
    Voila ce qui arrive quand on des pieds nickeles et des bras casses, incompetents wt manquant de jugeotte, qui se croit investis du devoir de faire de notre pays le laboratoire des societes de conseil qui n’ont jamais rien invente ….
    Pouahhhh