Partis politiques au Bénin : Les conséquences et les non dits du financement public proposé

Partis politiques au Bénin : Les conséquences et les non dits du financement public proposé

Le débat sur la réforme du système partisan a pris de l’ampleur ces derniers jours, avec la tenue du séminaire parlementaire. Si la création de l’agen

Bénin : Des partis politiques disent soutenir Talon sans rouler directement pour lui, selon Wallis Zoumarou

Le débat sur la réforme du système partisan a pris de l’ampleur ces derniers jours, avec la tenue du séminaire parlementaire. Si la création de l’agence nationale d’enregistrement et de suivi des partis politiques a suscité une désapprobation généralisée, le financement public des partis tel que proposé par la nouvelle charte est une véritable hydre. Car, en lieu et place de l’assainissement voulu, il offre une grande possibilité de perversion.

La réforme du système partisan agitée ces derniers jours comme une ingénieuse innovation du gouvernement de la rupture, se révèle de plus en plus comme un véritable pétard mouillé. Une petite comparaison avec la charte de 2002 jamais mise en application, montre bien que les innovations apportées ne concernent que la procédure d’enregistrement et de financement public des partis politiques. L’idée de faire enregistrer les partis politiques par une agence (l’Anesp), logée à la présidence de la république, est si saugrenue qu’elle n’a pas manqué de susciter des réactions, même des proches du régime.

Elle lève un coin de voile sur les vraies raisons de la réforme, qui au regard de ce qu’on voit, apparaît comme un instrument de caporalisation de la classe politique par la main mise sur deux ou trois grands partis politiques. Le vrai dessein politique caché sous cette réforme c’est la caporalisation la classe politique par la maîtrise de ces deux ou trois grands partis qui vont se dégager du lot pour bénéficier de financements publics. Pour faire simple, on veut utiliser le financement public des partis pour atteindre un objectif politique éminemment personnel. Lorsqu’on lit attentivement l’exposé des motifs de la proposition de loi de l’honorable Louis Vlavonou, on se rend compte que l’esprit de cette réforme a pour sous bassement le financement public. Sur les dix paragraphes de ces motifs, sept sont consacrés à la question de financement des partis. On voit clairement l’engouement de la classe politique pour ce financement public attendu comme une panacée pour régler les problèmes des partis politiques. Habilement et subrepticement, la majorité parlementaire a réussi à faire braquer tous les regards sur la création de l’agence d’enregistrement et de suivi des partis politiques, faisant oublier le grand débat sur le financement des partis politiques.

Une dangereuse sélection

Lorsqu’on lit les articles de la nouvelle charte, on se rend compte que le modèle de financement proposé ouvre la voie à une sélection dangereuse qui risque d’affecter la qualité du débat politique. En effet, l’article 45 de la nouvelle charte stipule

que : « Ne peuvent bénéficier du financement public que les partis politiques ayant obtenu lors des élections législatives précédant l’exercice au cours duquel le financement est acquis pour la durée de la législature, un nombre de députés correspondant à un cinquième (1/5) du nombre de députés composant l’Assemblée nationale, et provenant d’un nombre de circonscriptions électorales équivalent au minimum à deux cinquièmes (2/5) du nombre total des circonscriptions ». En résumé, les partis politiques qui bénéficieront des financements publics sont uniquement ceux qui obtiendrons au moins 1/5 du nombre de députés, soit au moins 17 députés de 10 circonscriptions au minimum. Ces deux critères cumulés amènent à avoir au terme de la sélection deux ou trois partis politiques. Ce sont ces partis qui devront, selon toujours cette charte, se partager 0,5% des ressources intérieures nationales de l’année précédente selon ce que stipule l’article 44. Ces dernières années, les ressources intérieures de notre pays avoisinent les 400 ou 500 milliards FCFA. Si cette charte était votée, ces trois partis auront à se partager la cagnotte de 2 ou 2,5 milliards. Cela fait beaucoup d’argent à gérer pour des partis politiques pris en otage par des «présidents » qui sont plus que des Pdg. Nul n’ignore qu’au sein des partis, la bonne gouvernance est le dernier des soucis. Il suffit de faire un tour à la chambre des comptes de la Cour suprême et voir les bilans de campagne pour s’en rendre compte. Dans une telle situation, le financement public viendrait plus pour pervertir un milieu que l’assainir. Plus grave, un tel financement basé sur une sélection va faire disparaitre à tout jamais les partis minoritaires dont nul ne peut dénier l’influence idéologique dans le débat politique national. Et c’est là tout le danger de cette charte qu’il faudra bien amender avant tout vote.

Commentaires

Commentaires du site 4
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    paul le benin,a ce qu il faut pour que tout le monde au benin vive decemment bien.Tu as parle des commissions ce n est qu une il y a bcp de trucs qu il faut simplement supprimer et distribuer l argent aux fonctionnaires aux citoyens directement sans contre -parti pour que chaque beninois pris individuellement ait le capital pour vivre. construire des hopitaux des ecoles de ce nom, allez voir nos ecoles nos hopitaux ds quel etat ils sont, mais non on veut faire le tourisme comme ce qui est en afrique du nord pourque les autres viennent passer leur vacances au moment òu les populations sont affamees. c est ca le developpement? et durable? non Talon peut avoir les bonnes intentions il n a pas la solution

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    A voir la précipitation et l’intérêt que portent le gouvernement et le président de l’Assemblée sur le système partisan,je demande à toute la classe politique et à la société civile si existe encore à doubler de vigilance sur la question.Car talon ne fait rien au hasard. Veuillons bien sur ça comme celle de la révision constitutionnelle

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    il y a des hopitaux à construire des ecoles bcp de choses le cytoyen meme pris indivuduellemnet à s occuper on laisse tout cà et on dit qu on contruit des routes. Talon est restè en europe c èst comme cà il a compris que les pays europèens sont gères. arretez monsieur. il faut revoir toute la struture ètatique qui absorbe tout ce qui est collectè comme recepte et ce n`est pas ce que fait talon. C`est ce que nous avons cru au dèpart mais les faits donnent tort à talon.La politique de Talon conduit le Benin excatement dans la servitude ds qlq annèes

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      Merci mon frère. je me demande pourquoi les gens ne le voient que maintenant. quelqu’un qui est tout le temps resté dans l’ombre à tirer les ficelles. je n’attendais pas mieux de lui. j’espère que les gens vont enfin se lever. je ne peux vous dire combien de mes connaissances ont déjà perdu leurs emplois alors que chaque fois on crée des commissions budgétivores. après ils vont employer une cinquantaine de jeunes qu’ils vont filmer pour dire qu’ils ont trouvé du travail à des jeunes ou parler de promotion de l’excellence. j’espère qu’un jour ce peuple va apprendre à se servir de son cerveau