Réforme du système partisan ou verrouillage du cadre politique (partie 1)

Réforme du système partisan ou verrouillage du cadre politique (partie 1)

La réforme du système partisan est le nouveau cheval de bataille du président TALON, allié en la circonstance aux bénéficiaires de ses largesses privées et publiques en matière politique,

Système partisan au Bénin : Les propositions de Valentin Djènontin

si l’on en croit les aveux répétés des députés sur l’existence de « télécommande de Paris » ou les déclarations non démenties de la doyenne d’Age –Rosine Soglo.

Nous avions publié en 2016, diverses contributions que nous souhaiterions mettre à jour sur la base des faits intervenus depuis et des directions avancées ça et là au détour d’interviews ou de colloques restreints.

Commençons par rappeler la faillite des partis représentés à l’assemblée nationale, faillite qui a tout le moins devrait donner à leurs dirigeants, une certaine modestie, quand ils parlent de réforme du système partisan, à défaut de les disqualifier complètement.

  • Faillite des partis et banqueroute des entrepreneurs politiques

La situation qui prévalait dans notre pays à la veille de ces élections présidentielles de 2016,  jette une lumière crue sur la faillite des partis –et regroupements de partis- traditionnels –notamment ceux représentés à l’Assemblée Nationale. Un rapide rappel des faits:

  1. Les Fcbe, l’alliance au pouvoir depuis 2006, n’a pu trouver de candidat en son sein et a jeté son dévolu sur Lionel Zinsou, au prétexte qu’il pourrait mobiliser les 5 milliards de francs requis pour se faire élire ! Après les élections, les Kassa, Nago, Gbadamassi, et autres Abimbola vont à la « rivière » Talon, pendant qu’Abiola amer, cherche un « centre » illusoire…
  2. Le Prd de Me Houngbédji, parti dit d’opposition, n’a pu trouver aucun candidat digne de porter ses couleurs –ne serait-ce qu’au premier tour des élections-, et livre – à moins que ce ne soit un bail- son logo au plus offrant ou au cheval présumé gagnant – Zinsou, selon les propos de Me Houngbédji a Jeune Afrique- dans l’espoir d’obtenir des strapontins ministériels (il avouera que son ralliement tardif a Talon lui a procuré 2 strapontins).
  3. La RB dont Léhady Soglo a hérité, n’a  –non plus-  trouvé – aucun militant digne de le représenter aux élections présidentielles. Sous la pression d’élus locaux comme Atrokpo,  les Houézèhouè, se sont fondus dans une nouvelle coalition autour de Zinsou, refusant  par la même  de se définir. Soglo père roulera pour Talon –dont la fortune remonte à son régime -et entre autres- l’achat au franc symbolique du patrimoine de la Sonapra…, Ganiou Soglo pour Ajavon ! Les factions de Bada et Zinzindohoué que Talon encouragera à diviser la RB étaient absentes de la scène politique.
  4. Sursaut Patriotique de Yahouedehou renoncera à présenter la candidature de ce dernier et s’aligne derrière Ajavon.
  5. Autre chose est le cas de l’UN, qui fut créée comme une réponse au syndrome de l’oiseau rare (relisez les textes et discours de Bohicon), se donnant pour mission de former des militants et de les préparer aux responsabilités électives est symptomatique de l’échec patent des partis politiques. Non seulement l’UN n’a pu se choisir un candidat fédérateur, mais les partis le composant, -Psd, Madep, Alternative Citoyenne –une création semble-t-il de Talon-, Restaurer l’espoir etc…- n’ont pas pu désigner individuellement un candidat! Houndété, le champion des questions orales au gouvernement, trouvera soudain des vertus aux Fcbe et son porte drapeau Zinsou! Le PSD passé aux mains de Golou, appellera à voter Ajavon, ce que Talon et Amoussou ne lui pardonneront pas, fomentant plus tard des complots pour diviser ce club électoral !
  6. L’alliance Soleil a préféré appeler à voter Talon, comme seule alternative crédible a un 3eme mandat Yayi plutôt que de soutenir le député Général GBIAN, membre présumé de l’alliance.

Seul ABT présente un candidat aux élections présidentielles, qui est membre de ce parti, ABT étant le parti et le candidat. Le candidat KoupakI  comme la majorité des 35 autres n’est pas porté par un parti préexistant !

  • Tentative de verrouillage du paysage politique par les clubs électoraux à base ethnique

Au total on observe la démission collective des partis représentés à l’assemblée nationale, incapables de remplir la mission première à eux confiée par la constitution à savoir « Art 5. -Les Partis politiques concourent à l’expression du suffrage ».

C’est dans ces conditions que l’Assemblée nationale, où tous ces pseudo-partis sont représentés, entamerait en catimini, des négociations avec les soit disant partenaires techniques financiers –PTF- pour geler le paysage politique, interdire l’émergence de véritables partis, en consolidant la mainmise des clubs électoraux -vendus aux hommes d’affaires- sur le paysage politique.

On prétexte de l’absence de financement public des partis pour justifier leur démission et aplatissement devant les hommes d’affaires locaux, corrupteurs en chef du système.

On veut nous faire croire que l’absence de financement public est lié à la multiplicité des partis (200 et plus) et on appelle à la limitation du nombre de partis à 2 ou3 ou 4 (c’est selon !).

En quelle qualité, ces gens osent ils venir nous parler doctement de réforme du système partisan ? On peut parier sur la mémoire courte des peuples, mais un peu de dignité et d’humilité servirait notre classe politique.

Au vu de la curée en cours, on imagine ce que seront ces 3 ou 4 partis que les clubs électoraux appellent de leur vœux pour geler le paysage politique et permettre aux entrepreneurs politiques comme les Houngbédji et Amoussou –puisque ce sont ces deux délégués du président Talon  qui impulsent ce mouvement – de toucher les dividendes de leur placements dans les entreprises personnelles à caractère politique –pompeusement appelés partis.

Dans la bouche de ces  acteurs politiques, la « réforme du système partisan » est un mot codé pour demander la limitation par décret ou législation du nombre de partis (3, 4 ou plus selon l’humeur du jour). Cette approche est foncièrement mauvaise.

Elle remet en cause le consensus établi à la conférence nationale, par des gens qui n’ont aucune légitimité à le faire !

Au-delà, les projets en cours se combinent avec la politique de privatisation accélérée des fonctions de l’Etat. Les services publics sont transférés à des agences directement rattachées à la présidence, en attendant d’être cédées au privé sous une forme ou une autre.

Les partis existants ont-ils été créés en respectant la charte des partis ?

Leur existence et fonctionnement sont-ils conformes à la charte ?

Il nous semble qu’avant d’édicter de nouvelles lois, il faut commencer par   appliquer rigoureusement la charte des partis existante  de façon à obtenir les comportements voulus.

Nous reviendrons dans un second article sur des propositions sur la question des partis et leur financement qui passent par trois points essentiels :

  • Des partis nationaux construits sur le militantisme et le bénévolat

  • Un financement public ciblé et limité

  • Une limitation draconienne des dépenses électorales et une répression sévère des abus

Jean F.Houessou (Contribution)
Atlanta Usa

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    Article bidon comme dab