Séminaire sur la charte des partis politiques : Une initiative à encourager

Séminaire sur la charte des partis politiques : Une initiative à encourager

Du 15 au 16 février 2018 s’est tenu à l’hôtel Azalaî de Cotonou, un séminaire parlementaire sur initiative du bureau de l’Assemblée nationale.

Le président de l’Association des Universités privés du Bénin, au cabinet de Houngbédji

Ce séminaire qui a réuni les universitaires, les députés, les leaders des partis politiques, les acteurs de la société civile, les autorités religieuses et traditionnelles, avait pour but de recueillir les contributions de l’ensemble de la société politique sur cette proposition de loi qui selon le président de l’Assemblée sera inscrite à l’ordre du jour de la prochaine session.

En attendant de voir l’exploitation que l’assemblée fera des différentes contributions, il y a lieu d’encourager une telle initiative et de souhaiter que cela se pérennise. L’idée du bureau de l’Assemblée nationale de réunir l’ensemble des membres de la société politique pour recueillir leurs avis sur la proposition de lois portant sur la charte des partis politiques, est noble et admirable. C’est une attitude qui traduit l’humilité des parlementaires qui à travers l’organisation dudit séminaire, semblent dire qu’ils ne savent pas tout et qu’ils peuvent recourir aux points de vue des autres composantes de la société pour obtenir leur regard ou appréciation des sujets sur lesquels ils devront se prononcer au parlement. C’est aussi une attitude qui renvoie à une étape de la démocratie que le politiste américain, Jûrgen Habermas appelle : « la démocratie procédurale ». Elle consiste à soumettre au débat public un projet de loi ou proposition de lois avant son passage devant les députés. En invitant l’opinion à se prononcer sur ses sujets avant le vote desdites lois au parlement. Cette pratique a pour avantage d’élargir le champ de pensées des parlementaires sur les lois proposées.

Heureuse initiative

Le fait d’écouter plusieurs sons de cloche, permet aux députés de faire avec du recul une synthèse sur la position à adopter par rapport à ces projets ou propositions de lois. Si un séminaire parlementaire ou un débat public préalable avait été organisé sur le projet de révision de la constitution, peut-être qu’on n’aurait pas obtenu le rejet de ce projet de révision et qui a envenimé les rapports politiques dans la République. Si des séminaires élargies comme ce fut le cas le week-end dernier à Azalaî, avaient été organisés sur l’étude des lois sur le renseignement, sur l’embauche et le placement de la main d’œuvre, sur le retrait du droit de grève, sur le recensement des personnes physiques et même sur le projet de loi des finances, l’Assemblée nationale s’en sortirait grandie et n’auraient certainement pas voté lesdites en l’état. Elle prouverait ainsi de n’être pas devenue une simple caisse d’enregistrement, mais une représentation du peuple qui a à cœur de consulter ce peuple pour s’arrimer à ses aspirations.

Pérenniser les bonnes pratiques

Puisqu’il reste politiquement curieux voire absurde que les représentants du peuple votent des lois impopulaires. Mais comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, il convient de saluer cette initiative du bureau de l’Assemblée nationale avec l’espoir que de tels rendez-vous vont se multiplier. Il vaut mieux créditer les initiateurs de ce séminaire de bonne foi plutôt que d’en douter puisqu’il y a encore du temps de vérifier si cette concertation était juste une simple formalité ou si les contributions des uns et des autres seront considérées dans le rapport de la commission des lois comme l’a souhaité le président de l’institution Me Adrien Houngbédji lors de son discours de clôture. Le Bénin a régulièrement émerveillé le continent et même le reste du monde par sa pratique démocratique. Mais depuis quelques temps, les informations diffusées par les médias étrangers au sujet de la pratique démocratique dans le pays, présentent plutôt une performance en chute libre. De tels séminaires parlementaires élargis à l’ensemble de la classe politique, feraient certainement retrouver à la démocratie béninoise sa considération d’antan

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