Le Togo, le difficile dialogue

Le Togo, le difficile dialogue

Ils sont nombreux les Togolais qui n’attendent rien du dialogue politique qui a débuté hier à Lomé entre le pouvoir et l’opposition sous la houlette du facilitateur, le chef de l’Etat ghanéen Nana Akufo-Addo.

Crise au Togo : Ce que Faure Gnassingbé dit

Depuis des décennies que dure sa soif d’alternance, le peuple Togolais a connu plusieurs dialogues qui n’ont jamais rien donné. La faute à une opposition quelque fois pas très inspirée, mais   principalement, à cause d’un pouvoir RPT-UNIR qui se maintient depuis près d’un demi-siècle par la fraude électorale et la répression brutale des opposants politiques, des étudiants et autres acteurs de la société civile.

S’il est vrai que l’objectif d’un parti politique est l’exercice du pouvoir d’Etat pour le bien du peuple, il convient de reconnaître que le bilan du pouvoir UNIR est fort peu enviable tant il est marqué par les violations des droits de l’Homme et les difficultés économiques. En 50 ans au total de règne, ni feu le général Gnassingbé Eyadema ni son fils qui lui a succédé n’ont pas vraiment réussi à offrir un meilleur avenir aux Togolais. Le pays est plutôt régulièrement pointé du doigt pour les brutalités policières, la paupérisation croissante de la population.

Peu importe, le parti présidentiel exclut l’idée d’un abandon du pouvoir et veut jouer les prolongations, arguant que la limitation des mandats réclamée par l’opposition ne devrait pas être rétroactive. En face, l’opposition exige le départ du chef de l’Etat, estimant que «le pouvoir à suffisamment traficoté la constitution de 1992 limitant à deux le nombre des mandats présidentiels».

Au regard des positions ainsi présentées et en s’appuyant sur les propos tenus par les acteurs au sortir des réunions préparatoires, on peut presque dire que ce dialogue ne sera rien d’autre qu’une guerre de tranchées. Sans vouloir jouer, les oiseaux de mauvais augure, on peut même penser que ces négociations ont beaucoup de chance d’échouer.

En effet, les observateurs les plus optimistes, devront reconnaître que la marge de manœuvre du facilitateur ghanéen est plus que réduite. Car, en réalité, que va –t-on encore négocier entre le président qui écarte l’idée d’abandonner le pouvoir et l’opposition qui réclament son départ ? Quitter le pouvoir à la demande de l’opposition pourrait être vu comme une honte et cela, le président Faure Gnassingbé ne semble pas prêt à l’accepter. De plus, on a rarement vu un chef d’Etat en exercice, fût-il médiateur, avoir la force de demander le départ de son homologue. Et ce n’est pas cette fois que cela va changer d’autant que la Cedeao que préside le président togolais semble avoir fait le choix de le laisser terminer son mandat.

Mais, en réalité, tout ça, c’est ce qui est de la politique. En interrogeant le bon sens, la question peut paraître plus simple à régler. Quelle démocratie sérieuse au monde, peut accepter le règne d’une même famille sur un même pays pendant près de 50 ans sans alternance ? Il faut reconnaître que cela a quelque chose de choquant qui conduit tout esprit pensant et donc intelligent à y voir une anomalie, une anormalité. L’alternance comme gage de stabilité politique interne, ça marche et c’est prouvé. Les pays dits développés en sont le témoignage. Il est bon de copier ce qui marche. Alors, nos hommes politiques africains, de l’opposition comme du pouvoir, et les chapelles qui les soutiennent doivent intégrer définitivement l’alternance comme un principe inviolable.

Si les acteurs politiques togolais pouvaient entendre ce message, ils rendraient service au peuple qui a tant souffert qu’il semble avoir renoncé à  réclamer des conditions de vie meilleure, pour ne plus souhaiter simplement qu’à essayer autre chose.

Commentaires

Commentaires du site 1
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    ADJRAKATA Il y a 2 mois

    La seule pression rapide et efficace contre un pouvoir qui a assassiné pendant 50 ans opposants et passants sans distinction est une menace d’intervention militaire de la CEDEAO Pour cela le Ghana a besoin de s’entendre avec le Nigeria! Cela donnera un boost a la reputation de leader du Nigeria dans la soous region et sifflera la fin des dictatures en Afrique de l’Ouest et signera aussi un recul important de la FranceAfrique principal frein de progres de la CEDEAO
    Quand au Benin on sait qu’il n a pas de diplomatie a part d aller s’aplatir a Abidjan devant le chef canton francais Ouattara qui de toute evidence soutiendra jusqu’au bout son compagnon de regiment francais Faure Gnassingbe!