UE : L’Ambassadeur Oliver Nette s’imprègne de la réalité des projets au Bénin

UE : L’Ambassadeur Oliver Nette s’imprègne de la réalité des projets au Bénin

L’Ambassadeur Oliver Nette, nouveau Chef de Délégation de l’Union Européenne au Bénin, est allé cette semaine toucher du doigt la réalité de projets financés par l’Union dans plusieurs villes du pays, outre l’appui

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budgétaire qui constitue la grosse partie de sa coopération avec le Bénin. Très tôt ce mardi 20 février 2018, le nouveau Chef de délégation de l’Union européenne (Ue) au Bénin, à bord d’une Mercedes avec deux collaborateurs et son chauffeur, entame sa première visite de terrain. L’idée est concise.

« Il faut voir, sentir la réalité de la vie, la réalité de comment les choses se passent sur le terrain », dit l’Ambassadeur Oliver Nette. Il s’agit notamment de la réalité des projets financés directement par l’Union au Bénin. Son agenda renseigne qu’il se rendra en deux jours, à Abomey-Calavi, Abomey, Dassa, Allada et Toffo.

Mettre le Bénin au cœur des échanges régionaux d’électricité

En première destination, il arrive sur le chantier de construction du Centre d’information et de coordination (Cic), un site de 37.600 m2 mis à disposition par la Communauté électrique du Bénin (Ceb) dans la commune d’Abomey-Calavi. La construction et l’équipement son entièrement financés par l’Ue pour 30 millions d’euros, indique Kam Sié, représentant du secrétaire général du West african power pool (Wapp), ou système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (Eeeoa). Lancée en 2006, la phase de construction est prévue pour durer deux ans ; celle de l’équipement a démarré en mars 2017 pour une période de 33 mois, à en croire le chef projet, Christophe Gauthier. Il s’agit d’une décomposition du Wapp pour promouvoir des infrastructures modernes de transport d’énergie et d’accessibilité à l’énergie fiable à moindre coût, pour tous les pays de la Cedeao.

Elle permet de faire une exploitation coordonnée, d’assurer la gestion du marché régional de l’électricité et de l’information du réseau interconnecté, dans une approche d’intégration régionale à partir du Bénin. Sur ce site, l’Ambassadeur a échangé avec les responsables mais surtout visité les travaux déjà à un taux d’exécution estimé à 30%, selon les indications du chef de site de la mission de contrôle, Michel Abi Warde.

« C’est un beau site, c’est du concret », apprécie l’Ambassadeur, très heureux de voir ce beau projet avancer.

La décentralisation, un élément clé de la coopération

La délégation quitte Abomey-Calavi avec cette joie pour se rendre sur un autre site à Dassa. Mais elle fait escale à Abomey dans le département du Zou. Elle arrive à la mairie pendant que le conseil communal recevait le maire d’Albi, Stéphanie Guiraud-Chaumeil. Occasion propice pour l’Ambassadeur Oliver Nette dont le but de la visite ici était de comprendre les types de coopération en matière de décentralisation que la ville entretient, les difficultés, les défis et perspectives…

« La décentralisation est l’un des éléments clés de notre coopération au Bénin » annonce-t-il.

Par rapport à la coopération entre Abomey et Albi, il se déclare heureux de voir cette relation entre deux villes autour de la décentralisation. « C’est une approche axée sur le concret parce que les maires sont des acteurs plus proches des populations et des réalités », soutient-t-il. Les échanges avec le maire lui ont permis de revenir sur l’appui budgétaire -75% des apports de l’Ue au Bénin- et les appuis aux projets, mais aussi d’appréhender les souhaits de l’autorité municipale quant à ces deux approches. C’est dans ce même but qu’il a échangé avec le maire de Dassa, Nicaise Fagnon, qui pense vraiment que l’approche doit évoluer surtout dans le domaine de la décentralisation.

De l’eau à 45 mille habitants des collines

A Dassa, les impacts de cette coopération entre l’Ue et le Bénin sont tangibles. C’est l’exemple de ce château d’eau de 40m3 cube de capacité, 12m de hauteur avec un débit de 10m3/h par pompe émergée, implanté à Tré et auquel sont connectés douze bornes fontaines et huit branchements particuliers. C’est une réalisation du Projet intercommunal pour l’accès durable à l’eau potable et aux systèmes améliorés d’hygiène et assainissement dans les collines (Piepha-c), financé par l’Ue à hauteur de près de 136 millions de francs Cfa. Achevé en 2015 dans un contexte où 44,9% de la population rurale béninoise et 43% de la population urbaine n’avait pas accès à l’eau potable, ce dispositif permet depuis, de desservir six communes des collines et d’offrir un accès durable à l’eau potable à près de 45 mille habitants qui n’y avaient pas accès, témoigne le directeur exécutif du Groupement intercommunal (Gic), Denis Ayena. C’est aussi une source de prévention des maladies hydriques et de gain.

« Vous avez fait œuvre utile. Les femmes étaient obligées de consacrer près de 8 heures par jour à la quête d’eau. C’est un gain de productivité énorme », atteste le maire de Dassa, avec qui les échanges en présence d’autres acteurs ont porté sur la pérennisation et le renouvellement de l’infrastructure.

Dassa n’est pas la seule ville bénéficiaire d’une telle réalisation dans le secteur de l’eau, hygiène et assainissement. D’autres villes dont Kpomassè, Toffo et Zè dans le département de l’Atlantique, sont concernées par l’entremise du Programme d’appui au développement local concerté (Padelco), financé à hauteur de 300 millions d’euros par l’Ue, et conduit par l’Ong béninoise Graind basée à Allada. Le Chef de délégation de l’Ue est allé aussi à la rencontre des acteurs directs de ce projet dans la matinée de sa deuxième journée de mission. Il est clair d’après les témoignages des femmes, que l’impact est immense.

« Ça a changé beaucoup de choses chez nous, surtout dans l’assainissement », résume dame Martine do-Santos.

Appuis aux Osc dans la gouvernance et le développement

Dans le Padelco, il est aussi question d’appui à la décentralisation à travers l’accompagnement de la société civile dans une démarche de participation à la mise en œuvre de politiques communales, dont surtout celles relatives à l’eau et assainissement, la gouvernance locale et l‘agriculture. C’est aussi le domaine d’intervention du projet de Renforcement et participation de la société civile (Repasoc), conduit par l’Ong Bénin-Action et soutenu financièrement par l’Union européenne et la Giz dans la commune de Toffo. La rencontre avec les acteurs impliqués dans ce projet en présence du maire de Toffo, a été la dernière étape de la présente mission de l’Ambassadeur Oliver Nette.

Au terme de ce grand tour, il déclare : «Ce que j’ai vu me convainc de l’importance des mairies dans le développement. Il me semble assez parlant de voir sur certains projets que les populations s’engagent quand il y a moyen de s’engager. Il y a également des personnalités qui ont de la volonté de travailler et sont proches de la population. Je ne vois donc pas comment se passer de cette énergie, de cette capacité des acteurs.».

« A travers les différents projets, on a vu cette volonté des acteurs de travailler ensemble. Mais derrière chaque succès il y a des difficultés, des gens qui manquent de formation », renchérit Lennart Deridder, chef d’équipe à la Délégation de l’Ue au Bénin et assistant technique sur la mission.

Maintenant dira l’Ambassadeur, « on peut discuter de ce qu’il faut améliorer ; on peut ajuster encore des choses »

Le bain culturel de l’Ambassadeur Oliver Nette

Au cours de la mission, l’Ambassadeur Oliver Nette a aussi eu l’occasion de vivre les réalités culturelles béninoises hors de Cotonou. Ainsi, dans la cité historique d’Abomey il a pu se faire une idée du visage de la ville et de ses atouts touristiques. Mais c’est surtout à Dassa, quand il a décidé en fin de journée ce mardi 20 février 2018 de rendre visite à sa majesté Djagun Egbakotan, roi du royaume des 41 collines de Dassa, qu’il a eu sa grande surprise culturelle.

D’abord à l’entrée, le diplomate de l’Ue a été accueilli par des dizaines de princesses et reines qui l’ont conduit au palais du roi, avec des chants rythmés par des sons de castagnettes qu’elles battaient soigneusement en ¾. Ensuite, une fois installés en face du roi, l’Ambassadeur et sa suite ont eu droit à l’histoire de ce royaume depuis le premier roi, sa majesté Djagun Oyinbo, jusqu’à l’actuel locataire du trône qui en est le 26e. Il lui a été aussi permis de poser des questions pour mieux comprendre l’histoire de ce royaume. Enfin, Oliver Nette a été fait prince héritier des Djagun par le roi qui lui a porté un bonnet et un collier.

« Je suis vraiment touché par cet honneur et accueil exceptionnels avec autant de chaleur et d’amitié », déclare l’Ambassadeur.

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