Affaire de faux médicaments au Bénin : Les preuves de la légèreté de la Dpmed

Affaire de faux médicaments au Bénin : Les preuves de la légèreté de la Dpmed

La décision rendue mardi 13 mars dernier par le tribunal de première instance de Cotonou dans « l’affaire des faux médicaments », continue de faire de

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La décision rendue mardi 13 mars dernier par le tribunal de première instance de Cotonou dans « l’affaire des faux médicaments », continue de faire des vagues. Tout s’est passé de manière à disculper habilement l’Etat représenté par la Direction de la pharmacie, du médicament et des explorations diagnostiques (Dpmed). Pourtant, il existe des preuves évidentes de ces légèretés ayant conduit à la situation que tout le monde déplore aujourd’hui.

Depuis le verdict rendu par le tribunal de Cotonou sur l’affaire dite des faux médicaments mardi dernier, beaucoup ont douté de la sincérité du gouvernement dans cette lutte. Est-ce vraiment une opération de lutte contre les faux médicaments ? S’interrogent maintes personnes qui n’arrivent pas à s’expliquer les nombreuses contrariétés relevées dans la conduite de cette opération.

Car, en dehors des accusations qui accablent ces grossistes aujourd’hui condamnés à quatre ans de prison et des amendes faramineuses, il y a bien celles qu’on devrait porter à l’Etat et ses structures compétentes. Si tout cela a pu se passer, il faut au-delà de la responsabilité de l’Ordre des pharmaciens voir celle du gouvernement. Il est donc bien curieux de voir que le débat puisse occulter cette lourde responsabilité dans la mesure où l’Etat est responsable de la politique pharmaceutique du Bénin, et c’est lui qui a les pouvoirs régaliens de faire

respecter les nombreuses lois qui régissent le secteur. Deux structures ont des responsabilités dans cette affaire.

Il s’agit de la Dpmed mais aussi du laboratoire national. La première est chargée de la surveillance, de la réglementation et de la délivrance des autorisations et des agréments dans la filière, alors que le laboratoire national s’occupe de faire les contrôles de la qualité des médicaments. Où étaient ces deux structures lorsque ces grossistes répartiteurs contournent la réglementation ? Autant il faut déplorer ce laxisme observé, autant les structures de l’Etat doivent être mises au banc des accusés. La Dpmed a-t-elle joué pleinement ses rôles ? Le laboratoire national a-t-il fait son travail de contrôle de la qualité des molécules ? La réponse est non. C’est pourquoi beaucoup pensent et disent qu’il s’agit d’une sanction sélective et d’autres ajoutent même que les peines sont disproportionnées par rapport à la gravité des fautes commises.

La responsabilité de la Dpmed

La Dpmed a une responsabilité particulière dans tout ce qui s’est passé. Non seulement elle n’a pas joué convenablement son rôle, mais elle a aussi contribué à induire parfois les grossistes répartiteurs en erreur en donnant des autorisations à des structures non habilitées. C’est le cas par exemple de la lettre N° 943/Ms/Dpmed/Slrgp/Damm-R du 22 août 2017. Cette lettre est un visa de commercialisation pour le médicament Tramacel-P, un comprimé pelliculé. Cette autorisation signée du Dpmed a été accordée aux Laboratoires Maverick Healthcare. Elle a été appuyée par la décision N°943/2017/Ms/Dc/Dac/Sgm/Dpmed/Slrgp, portant autorisation de mise sur le marché Béninois du même médicament. Cette autorisation signée du Ministre de la santé est accordée aux Laboratoires Cian Health Care Pvt. Or en vérité, Maverick Healthcare n’est que le représentant des Laboratoires Cian basés en Inde. Dans l’exécution des commandes, les grossistes répartiteurs ont été confrontés à cette situation qui les a beaucoup embêtés. Il existe plusieurs autres exemples similaires qui montrent bien la légèreté des structures compétentes dans l’organisation de la filière. Pourtant, au tribunal aucune de ces structures n’a été sanctionnée. On peut bien croire à une justice à double vitesse

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