Bénin : Le gouvernement béninois s’enfonce dans les abus, selon Anselme Amoussou

Bénin : Le gouvernement béninois s’enfonce dans les abus, selon Anselme Amoussou

«Sous l’arbre à palabre» du quotidien l’Evènement Précis, a reçu ce mercredi 7 mars 2018 au siège du journal, le secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), Anselme Amoussou.

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L’invité a fait le point des médiations dans la crise sociale que connait le Bénin, et les actes d’intimidation que posent le gouvernement. Il a aussi parlé des maux qui minent le système éducatif béninois.

Le 110e invité de Sous l’arbre à palabre du quotidien l’Evènement précis, Anselme Amoussou, a informé que trois médiateurs sont intervenus dans l’actuelle crise sociale. D’abord, le président du Conseil économique et social Tabé Gbian a reçu les centrales et confédérations syndicales afin de les écouter et s’est proposé de faire la médiation pour une sortie de crise. Ensuite, il y a eu l’église de Banamè. Et enfin, les dignitaires des religions endogènes qui ont invité les responsables syndicaux et promis de faire la médiation.

Le secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin) Anselme Amoussou, estime que lorsqu’il y a une situation de crise et que l’intention n’est pas de paralyser le pays, il faut répondre à tous les appels de médiation. C’est dans cette démarche que les responsables syndicaux sont, mais pas grand-chose n’est encore sortie de ces médiations.

Cela dit, le syndicaliste a rappelé que les revendications qui fondent les mouvements de débrayages en cours sont légitimes. Pour lui, le déclencheur a bien été la tentative de retrait de droit de grève à certains travailleurs. Mais avant, il y a que les libertés sont menacées avec le cas Trèkpo, l’interdiction des marches, l’affaire BIBE. A cela s’ajoutent des questions d’ordre matériel avec la demande d’application du statut particulier des agents permanents de l’Etat, les réformes non inclusives, l’augmentation du pouvoir d’achat des travailleurs.

Avec réalisme, Anselme Amoussou estime que toutes les revendications ne peuvent avoir gain de cause en même temps. Mais il y a une démarche et une manière de faire quand on veut faire patienter des gens, dit-il.

«Nous avons un environnement qui permet d’améliorer le dialogue social. On a les structures et le cadre qu’il faut. Malheureusement, les acteurs impliqués ne se mettent pas dans les conditions idoines pour mener le dialogue», a relevé le secrétaire général de la Csa-Bénin.

La mauvaise parade du gouvernement

Face à la résistance des travailleurs et devant l’impasse, le gouvernement a entrepris de défalquer les salaires et de radier les grévistes. «Le gouvernement est en train de s’enfoncer dans les abus», a indiqué Anselme Amoussou qui parle d’une posture d’intimidation… Une mauvaise option selon lui, car si les travailleurs reprennent le travail dans ce contexte, ils vont être plus nuisibles.

Il relève qu’on ne peut pas dire qu’un travailleur a abandonné son poste si ce dernier obtempère à une motion de grève. Et même, en cas d’abandon de poste, les textes ont prévu la procédure et les sanctions à appliquer. Il n’est pas du ressort du gouvernement de décréter l’illégalité d’une grève. Et quand la grève est illégale, on ne défalque pas, mais on confisque plutôt les salaires et on applique des sanctions. Actuellement, la pomme de discorde est la défalcation. Si ce préalable est levé, les syndicalistes sont prêts à aller à la table de négociation et à analyser les propositions du gouvernement. Au passage, Anselme Amoussou pense que la gouvernance Talon doit être humanisée.

Quid du système éducatif

La situation actuelle du système éducatif est préoccupante et interpelle tout le monde. Selon le Sg de la Csa-Bénin, le système éducatif béninois est victime du syndicalisme, des dirigeants du pays et du silence des parents d’élèves. Il a déploré la multiplicité des syndicats (près de 150 au primaire, près de 70 au secondaire). Ceci, fait que les responsables, dans la perspective des élections professionnelles, essaient de plaire aux syndiqués sans toujours leur rappeler jusqu’où le syndicalisme ne peut pas aller. Aussi, le traitement réservé aux responsables syndicaux par les gouvernements suscite des vocations. Dans l’action syndicale, les textes ne sont pas rigoureusement appliqués. On note aussi une politisation à outrance du système et un mauvais accompagnement pédagogique.

Bilan d’un an d’exercice

Amené à parler de la touche apportée à la Csa-Bénin depuis son arrivée à la tête de la confédération, Anselme Amoussou a indiqué que la manière de communiquer et d’être présent dans la presse a changé. Il y a un respect rigoureux des instances et des échéances. La Csa-Bénin dispose désormais de son site Internet et s’est dotée d’un institut de recherche. La bibliothèque a été rénovée et elle est désormais présente dans 10 départements au lieu des six auparavant. La Csa-Bénin essaie aussi d’être plus à l’écoute de ses syndiqués

Commentaires

Commentaires du site 1
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    Voici des propos responsables et objectifs. Le gouvernement pense que c’est sous l’ère de la rupture que les lois ont commencé par s’appliquer. Avec un ministre de la justice avocat du gouvernement, qui se croit plus intelligent que le reste des Béninois. Nous vous soutenons Mr Amoussou et merci pour les innovations.