Face à la contagion des coups d'État ouest-africains, le Nigeria affiche sa ligne rouge

Le ministre nigérian de la Défense, le général Christopher Musa, a déclaré vendredi 29 mai 2026 sur la chaîne Arise Television que tout projet de coup d’État au Nigeria était voué à l’échec, quelques mois après le démantèlement d’un complot militaire visant à renverser le président Bola Tinubu.

Musa a présidé le comité d’enquête chargé d’examiner le complot déjoué en octobre 2025, au cours duquel seize officiers issus de l’armée de terre, de la marine et de l’armée de l’air ont été arrêtés à la suite d’opérations coordonnées par les services de renseignement militaire. Le ministre a indiqué avoir lui-même figuré sur la liste des cibles des putschistes, qui prévoyaient de l’abattre en cas de résistance.

Seize officiers en attente de jugement

Le complot, décelé fin septembre 2025 grâce à un renseignement conjoint impliquant le Département de la Sûreté de l’État (DSS) et l’Agence de renseignement de la Défense (DIA), aurait visé l’élimination physique du président Tinubu et du vice-président Kashim Shettima. Musa a qualifié les présumés putschistes d’« individus confus » ayant entraîné de jeunes officiers dans l’aventure. Les accusés seront jugés avec accès à un conseil juridique de leur choix, selon les déclarations du ministre sur la chaîne TRT World. L’État prend par ailleurs en charge les familles des officiers détenus.

Une fermeté ancrée dans le contexte régional

Le Nigeria est le seul grand État d’Afrique de l’Ouest à avoir résisté à la vague putschiste qui a emporté le Mali, le Burkina Faso, le Niger et la Guinée-Bissau en l’espace de quatre ans. En décembre dernier, Abuja est intervenu militairement au Bénin à la demande du président Patrice Talon pour neutraliser une tentative similaire. Le chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Aneke, a appelé les commandants à maintenir leur neutralité politique à l’approche des élections générales de 2027.

Le procès des seize officiers arrêtés en octobre 2025 n’a pas encore été daté officiellement. Son ouverture constituera la première mise à l’épreuve publique de la version des faits présentée par le gouvernement depuis le début de l’affaire.

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