Bénin : Le port sec d’Allada décourage-t-il les opérateurs économiques ?

Bénin : Le port sec d’Allada décourage-t-il les opérateurs économiques ?

Le port sec d’Allada est une plateforme créée pour accueillir les marchandises en transit vers les pays de l’hinterland. Le but est de décongestionner le Port Autonome de Cotonou qui reçoit quotidiennement un nombre important de marchandises.

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Mais l’avènement du port est perçu par certains opérateurs économiques comme une cause d’augmentation des dépenses par rapport aux opérations de dépotage. Conséquences, certains d’entre eux témoignent se rabattre sur le port de Lomé qui offre de meilleurs conditions.

Le port sec d’Allada est une initiative de la société Atral, appartenant à un privé pour désengorger le Port Autonome de Cotonou dont l’espace l’exigu n’arrivait plus à accueillir toutes les marchandises. Les opérateurs économiques du Niger, du Mali et du Burkina-Faso, rencontraient d’énormes difficultés à sortir leurs marchandises. La lenteur des opérations, les diverses tracasseries étaient le lot quotidien de ces acteurs. La création du port sec d’Allada avait été accueillie avec enthousiasme par l’ensemble des opérateurs économiques. Mais l’initiative a été vite interrompue en avril 2012 suite au gel des relations entre l’ancien chef de l’Etat Yayi Boni et l’homme d’affaires d’alors Patrice Talon, le principal patron de Atral. Après la prise de pouvoir d’Etat en 2016 par Patrice Talon, le port sec d’Allada a donc repris ses activités. Mais les ennuis des usagers de ce terminal se poursuivent.

Les opérateurs économiques témoignent que le port sec d’Allada vient alourdir les charges et les dépenses dans leurs activités, en raison des va-et-vient qu’effectuent les conteneurs pour les opérations d’empotage. Bien qu’ayant des entrepôts dans l’enceinte du port de Cotonou, les nouvelles règlementations exigent aux importateurs nigériens et burkinabé d’effectuer les opérations d’empotage au port d’Allada. Donc, il faut transporter les conteneurs du Port Autonome de Cotonou vers le port sec d’Allada, et après les opérations d’empotage, les retourner dans l’enceinte portuaire de Cotonou avec tous les frais qu’engendrent ces tracasseries à la charge des importateurs. Ces derniers n’apprécient pas les nouvelles normes. Malgré toutes leurs plaintes, la situation reste inchangée et les importateurs nigériens et burkinabé regrettent déjà la création du port sec d’Allada, dont ils avaient salué l’implantation, mais qui leur crée aujourd’hui plus d’ennuis que sous Yayi Boni.

Le port de Lomé se frotte les mains

Au vu de la situation qui prévaut au Port Autonome de Cotonou, le gouvernement togolais avait organisé une rencontre avec les opérateurs économiques locaux et expatriés, en vue d’écouter leurs récriminations et doléances. A la suite de cette réunion, plusieurs réformes ont été opérées au Port Autonome de Lomé, pour alléger les difficultés des acteurs de la plateforme portuaire. Ainsi, nombre d’opérateurs économiques des pays de l’hinterland ont rallié le port de Lomé pour les facilités qu’ils y trouvent. Les derniers arrêtés pris par le préfet du Littoral interdisant aux véhicules gros porteurs de circuler à certaines heures, constituent un nouveau frein aux activités des opérateurs économiques des pays de l’hinterland en transit au Bénin. Ces derniers affirment perdre assez de temps et d’argent à cause des nouvelles décisions des autorités béninoises. De ce fait, le Port Autonome de Lomé est devenu la préférence de tous ceux qui sont déçus par les opérations de dépotage forcé au port sec d’Allada. Une situation qui affaiblit l’économie béninoise. Les réformes actuelles au Port Autonome de Cotonou ne sont toujours pas de nature à aider cette plateforme portuaire à prospérer. Il appartient alors à l’Etat béninois de prendre ses responsabilités et de proposer des thérapies idoines pouvant permettre au poumon de l’économie nationale de se relever, face à la concurrence.

Commentaires

Commentaires du site 4
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    OLLA OUMAR Il y a 3 mois

    La poule est en agonie déjà ; 
    Dernière sortie de notre douane : ” prévision pour l’année : +/- 405 millards , recette faite sur deux mois +/- 48 milliards à ce train , la prévision ne sera jamais atteinte .
    Et personne n’en parle 

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    Sonagnon Il y a 3 mois

    Est ce que ce que Talon fait du port est sérieux ???

    Je me demande si nous avons des parlementaires à Porto Novo ou simplement des moutons ????

    A t on besoin de faire de grandes études pour comprendre que C’est une très mauvaise idée cette affaire de Port sec d’Allada dans son fonctionnement actuel???

    Et certains sur ce forum osent vouloir donner des leçons tout en soutenant des aberrations du genre!!!
    Je dirai même que cette opération est un acte de sabotage de l’économie nationale et vol du peuple béninois.

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      Madampol Il y a 3 mois

      Pire, même le promoteur du port sec est perdant sur le long terme dans cette configuration. Pareil avec le pvi, il est gagnant si le trafic du port est important. Il n’a pas intérêt à tuer la poule aux oeufs d’or

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    Antoine Il y a 3 mois

    tout est mis en œuvre pour favoriser les entreprises appartenant au chef de l’état et à ses proches. Ainsi va la rupture.