Déclaration du chef de l’État sur la crise sociale au Bénin : Le réquisitoire du FSP

Déclaration du chef de l’État sur la crise sociale au Bénin : Le réquisitoire du FSP

Le président de la République lors de sa visite à son homologue Français a dit quelques mots sur la crise qui secoue le Bénin. Mais pour une partie de l'opinion, son intervention est mal venue.

Bénin : déclaration du front pour le sursaut patriotique après la marche

Le Comité de suivi du Fsp, à la suite de la marche perturbée et empêchée par les forces de sécurité hier vendredi, a adressé un message au peuple et rappelle : « Le pays est mal gouverné dans une opacité jamais vue, au profit du clan autour du chef de l’État. Ce dernier n’a de souci que de faire prendre des lois scélérates pour une gouvernance de dictature autocratique ».

Au sujet des propos du chef de l’État à Paris sur la crise sociale au Bénin, le Fsp souligne : « Mais le pire, c’est que ce dernier estime que tout va bien… Autrement dit, plus les gens de son pays crient et protestent, mieux ça va pour lui ».

Le Fsp se désole que le chef de l’État tienne ce discours face aux protestations populaires contre la faim qui tenaille les familles, contre la ruine de l’école et du système de santé, contre les privatisations sauvages, contre les le pillage de l’économie, les violations répétées des libertés publiques, des droits de grève et le piétinement de la Constitution. Des commentaires persistants sur les propos du chef de l’État, alors qu’il prolonge son séjour dans l’Hexagone. Lire ci-dessous le message du comité de suivi du Fsp.

MESSAGE CENTRAL DU COMITE DE SUIVI DU FSP

FRONT POUR LE SURSAUT PATRIOTIQUE (FSP)

Cél : 97983565 / 97980179

PREMIERE JOURNEE NATIONALE D’ACTIONS, LE 09 MARS 2018

MESSAGE CENTRAL DU COMITE DE SUIVI DU FSP

Aux manifestants et au peuple,

LE PEUPLE DOIT SE LEVER POUR ARRETER LE DESASTRE !

Peuple du Bénin,

Notre pays traverse une crise du fait de la politique de Talon qui nous conduit au désastre. La faim s’étend et s’aggrave dans les foyers. Le chômage s’étend. La mévente s’aggrave dans les marchés. Les entreprises sont en proie à des difficultés accrues, et des licenciements économiques hantent le quotidien des salariés. L’Ecole en ruine est bloquée. Le pays est gouverné dans une opacité jamais vue, au profit du clan autour du Chef de l’Etat. Ce dernier n’a de souci que de faire prendre des lois scélérates pour une gouvernance de dictature autocratique.

C’est contre tout cela que de partout, les travailleurs, les femmes, la jeunesse studieuse se rebellent. C’est contre ce désastre imminent que tout le peuple crie, dénonce et maudit le gouvernement mafieux et son Chef, Patrice Talon.

Mais le pire, c’est que ce Chef estime que tout va bien. Il l’a dit déjà dans son message à la Nation la veille du nouvel an 2018. Il vient de le redire, de l’extérieur, devant un Chef d’Etat étranger, le 05 mars 2018 : « Je vous ai dit qu’il y a quelques tensions, mais c’est bien le signe que ça va bien ». Autrement dit, “plus les gens de son pays souffrent, crient et protestent, mieux ça va pour lui”.

Voilà la réponse du Président du Bénin face aux protestations populaires contre la faim qui tenaille les familles, contre la ruine accélérée de l’Ecole et du système de santé, contre les privatisations sauvages au profit de l’empire économique et financier de l’homme d’affaires Patrice Talon, contre le pillage de l’économie, contre les violations répétées des libertés publiques, des droits de grève et de manifestations pacifiques consacrés par la Constitution et enfin le mépris des décisions de la Cour Constitutionnelle et le piétinement répété de la Constitution elle-même.

Pour le Président du Bénin, « c’est le signe que ça va bien » lorsque l’Etat employeur confisque, pendant 15 jours, soit la moitié du mois, les salaires de ses employés, le salaire de l’instituteur ou de l’agent de santé sans égard à la vie, à la santé des femmes et des enfants et aux morts innocentes et anonymes que cela va entraîner, sans parler des propriétaires, des vendeuses qui vivent de loyers et du pouvoir d’achat de ces fonctionnaires, ni du système bancaire déjà mis à mal par le non payement des créances de l’Etat. Si ce crime de masse est « le signe que ça va bien », alors notre peuple a le droit et le devoir de se défendre contre la déchéance et la mort auxquelles on le destine, contre la soumission et le silence de cimetière qu’on veut lui imposer.

Travailleurs, jeunes, peuple du Bénin,

Doit-on continuer de subir la politique de famine d’un gouvernement qui demande des sacrifices pendant que les dirigeants se servent grassement, alors que le Chef de l’Etat, dès le premier conseil des ministres après son arrivée au pouvoir, s’est payé les dettes litigieuses avec l’Etat ?

Doit-on laisser celui qui a fait l’aveu par deux fois, ici et à l’extérieur du pays, qu’il a participé activement au pillage et à la ruine du pays, continuer dans la même voie avec la volonté affichée d’écraser et de soumettre le peuple ?

Doit-on continuer de croire au mirage des projets-phares, alors que tout le monde voit qu’il s’agit de propagande et que leur réalisation éventuelle, dans l’opacité totale comme dans l’affaire OFMAS, servira encore et toujours de vecteur au siphonage et au pillage des ressources publiques avec des dettes colossales multipliées pour les générations présentes et futures dont l’avenir est ainsi davantage hypothéqué ?

Doit-on continuer de vivre le cauchemar des violations répétées et arrogantes des libertés publiques, des envois de la police et de la troupe contre les manifestations pacifiques des femmes, des scolaires et étudiants, des citoyens ?

Le gouvernement actuel, par les violations répétées des libertés consacrées par la Constitution, par le refus d’exécution des décisions de la Cour Constitutionnelle, viole la Constitution elle-même et est dans l’illégalité. Face à cela, le peuple, comme le lui reconnaît la Constitution en son article 19, alinéa 2, est également délié du devoir d’obéissance envers un tel pouvoir et en droit d’observer la désobéissance civile.

Face à la faim, face à la ruine accélérée du pays, face à la dictature, face au parjure répété, le FSP appelle le peuple dans toutes ses composantes à se lever pour arrêter le désastre auquel nous conduit le pouvoir de la ruse et de la rage.

Cotonou, le 09 mars 2018

Pour le Comité de Suivi du FSP,

Le Porte-parole

Jean Kokou ZOUNON

Commentaires

Commentaires du site 8
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    paterne kiki Il y a 2 mois

    ce qui est mal c’est que le peuple oubli que l’État est dépendant des Entreprises privées tout le monde veut être fonctionnaire dépendant de l’État,
    Au lieu de critiqué le gouvernement, à sa place qu allez vous faire ? à chaque commentaires proposé des solutions
    patience 😎

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    Amaury Il y a 2 mois

    Ne pas reconnaître que ça ne va pas dans le pays c’est faire preuve de cynisme.
    On a cassé les gagne-pains des pauvres sous le prétexte d’une modernisation les villes mais toujours rien,
    On parle PAG mais on ne voit rien, les ressources peinent à venir.
    On parle de réformes mais que des lois au profit de Pata et son clan.
    On supprime les primes des petits alors que pendant ce temps, ministres, préfets, DC, DAC et autres chargés de mission sont payés grassement.
    On mène une lutte sélective contre la corruption pour faire taire les voix discordantes.
    C’est quoi la rupture qu’on nous a vendu ? Pourquoi cet acharnement contre le peuple ?
    Et il se trouve des gens pour soutenir tout ça. Koyiiiii !

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    Azanhouan Il y a 2 mois

    Tonton kokou zonnon tu as tellement aimé le maquis que tu cherches encore des alibis pour y retourner jusqu’à la fin de ta v8e Non reste sur place pour juger ce gouvernement en 2021 Tu es plus sage que ça

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      Réaliste Il y a 1 mois

      Le gouvernement et le president patrice talon ont transformé le bénin comme etant la republique reforme du benin alors que rien n’est changé,talon a privatisé toutes les entreprises y compris le port.le benin va mal, ils ont investis des milliards dans le RAVIP,dans la construction des voies alors qu’il sont incapables de satisfaire aux differentes revendications que les dieux des enseignants demandent vraiment c’est honteux mr le president.allez-y au burkina,en guinee,au tchad comment les enseignants sont traité,l’argent d’un ministre au bénin depasse même des autres president.merci

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    remocrate Il y a 2 mois

    Hélian@,
    Je veux te voir aider Lionel Zinsou a rembourser les 15 briques que vous lui avez chopés dans le Yinwêland.
    Notre compatriote a appris a ses dépens comment fonctionne le Bénin et désormais il n´acceptera plus les cadeaux empoisonnés venant de qui que ce soit.

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    Hélian Il y a 2 mois

    Chacun est dans son rôle. L’opposition ne lache pas le morceau. le gouvernement quant à lui n’a rien vu venir et cherche désespérément la porte de sortie. Le Benin vit un véritable problème de leadership. Simple.

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      remocrate Il y a 2 mois

      Je veux te voir aider Lionel Zinsou a rembourser les 15 briques que vous lui avez chopés dans le Yinwêland.
      Notre compatriote a appris a ses dépens comment fonctionne le Bénin et désormais il n´acceptera plus les cadeaux empoisonnés venant de qui que ce soit.