Restitution des biens : Macron envoie une mission pour confirmer l’improvisation du Bénin

Restitution des biens : Macron envoie une mission pour confirmer l’improvisation du Bénin

A la rencontre du Président français dans la soirée du lundi 05 mars 2018 à l’Elysée, le Président de la république du Bénin Patrice Talon, a évoqué le sujet de restitution des biens culturels issus du patrimoine béninois et conservés en France.

France : le défaut d’Emmanuel Macron qui énerve ses homologues

C’est un sujet que son gouvernement a commencé par agiter depuis juillet 2016, avec des essais vers la France mais sans aucune mesure pratique et visible à l’interne. Des lettres, des missions de voyage sur la France et des rencontres avec des personnalités du gouvernement français. Et c’est tout.

L’expression de l’envie de l’Etat béninois de reprendre ses trésors royaux actuellement en France et notamment au musée du Quai Branly à Paris pour la plupart après 1982, ne se limite qu’à cela. C’est ce que le Président Talon a encore confirmé lors de sa mission sur Paris cette semaine.

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Pour mémoire, tout est parti du conseil des ministres du 27 Juillet 2016. La suite, le ministre béninois des affaires étrangères Aurelien Agbénonci a, par une lettre adressée à son homologue français Jean-Marc Ayrault le 26 août de l’année, exprimé la demande de restitution au nom du gouvernement. Très administratif, le destinataire a aussi répondu par une lettre. Ce fut un refus de la France avec pour raison, des dispositions législatives dont la convention de l’Unesco de 1970, qui couvre la France mais dont le Bénin n’est pas signataire, et qui n’est pas rétroactif. Il a fallu encore trois mois avant que le gouvernement béninois ne réagisse, et cette fois-ci en envoyant une mission rencontrer des autorités françaises. Puis, c’est tout du côté béninois.

Sur place au Bénin, le gouvernement béninois n’a rien fait de concret d’une part pour réhabiliter ses musées ou entamer des projets de construction de cadres appropriés pour la conservation de ces œuvres. Pourtant, c’est une urgence lorsqu’on sait que le patrimoine muséal du pays se trouve dans un état critique, avec des musées qui prennent feu régulièrement et manquent de moyens pour l’entretien des édifices et des œuvres. Alors, la France essaye de répondre au Bénin toujours par la même voie. Une lettre ou une mission selon ce qu’elle reçoit du Bénin. C’est ainsi qu’en réponse au voyage du chef de l’Etat béninois en France, elle envoie une mission au Bénin.

Stéphane Martin au Bénin pour renforcer sa position

Au sein de cette mission constituée de deux membres désignés par le président Macron, il y a Stéphane Martin, le président du musée du Quai-Branly, celui dont on connaît bien la position sur la question. Laquelle position n’est pas du tout favorable aux expectatives du gouvernement béninois dans ce dossier. Selon ses propos dans une interview accordée à Paris Match en février dernier, la restitution des œuvres ne pourra prospérer que si elle est « supportée par une politique culturelle appuyée par le désir d’avoir un musée porté par des chefs d’Etat africains ». « Avoir une collection est une responsabilité. C’est vraiment un organisme vivant, une tâche lourde et invisible ».

Sa mission au Bénin lui servira visiblement d’occasion pour constater le degré avancé d’improvisation du gouvernement béninois, qui a tendance à attendre tout et faire venir tout de l’extérieur. Mais sur les dossiers de restitution de biens culturels à l’Afrique en général, le président du musée du Quai-Branly est précis : « Il ne nous incombe pas à nous Français ou Occidentaux, de définir le projet qui sera proposé par le pays qui réclame cette restitution ». Que fait l’Etat béninois alors pour être pris au sérieux par la France. Sinon jusque là, tout frise la balade et la plaisanterie, malgré l’importance de cette question de souveraineté nationale qu’a soulevée le gouvernement béninois. S’il pouvait écouter les spécialistes de la gestion du patrimoine culturel du pays et travailler avec eux, il arriverait à remplir ces conditions que souligne Stéphane Martin. Autrement, le lit serait dressé pour un échec total de la demande

Commentaires

Commentaires du site 1
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    OLLA OUMAR Il y a 8 mois

    De la restitution de quelques grelots , babioles , statuettes , que son pays ne saurait conserver , talon veut en faire une affaire , comme la ” proclamation des independances des années 1960 ” 
    Qu’il nous fatigue , on lui dit que les beninois ont faim , les syndicats veulent leur statut particulier, les bonnes dames dame veulent crédit , baisse des taux de douane sur les produits de 1ère nécessité etc etc , et lui talon parle de statuettes et de nègreries , on est où là