Concession des ports de Conakry & Lomé : La justice doit s’intéresser aux acteurs africains du “Bolloregate”

Concession des ports de Conakry & Lomé : La justice doit s’intéresser aux acteurs africains du “Bolloregate”

Annoncée en début de soirée par le porte-parole du groupe, la mise en examen de Vincent Bolloré au terme de 30 heures de garde à vue n’augure rien de bon pour le milliardaire breton et son empire.

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Mais, la justice va-t-elle s’intéresser aux acteurs africains de ce Bollorégate ?

On est encore bien loin d’un procès, mais la mise en examen de Vincent Bolloré, patron du groupe du même nom est un pas de plus dans la gadoue pour le richissime homme d’affaire français dont les déplacements en Afrique mobilisaient souvent des puissants amis dont des gouvernements entiers et même des présidents. Alors, Vincent Bolloré a-t-il corrompu ses amis pour avoir les concessions des ports de Conakry et de Cotonou ? Les juges français semblent penser que oui.

Avec cette mise en examen, les magistrats interdisent donc à Vincent Bolloré tout déplacement en Guinée et au Togo signe qu’ils disposent de suffisamment d’indices à charges contre le milliardaire breton et ses deux collaborateurs. La mise en examen hier soir de Vincent Bolloré suscite des questions. Quels éléments d’indices à la disposition des juges ont bien pu motiver cette mise en examen de Vincent Bolloré généralement présenté comme « un homme prudent qui se laisse rarement surprendre » ? Les magistrats ont-ils réussi à faire parler les pièces à convictions récoltées lors de la perquisition effectuées dans les locaux du groupe Bolloré il y a quelques mois ? Est-ce les collaborateurs de l’homme d’affaires qui sont passés aux aveux ?

En attendant d’en savoir un peu plus sur les indices qui accablent le patron de Bolloré, ce dont on peut déjà se convaincre et qui n’a certainement pas échappé aux enquêteurs c’est d’une part la coïncidence de deux contrats portuaires avec le soutien apporté par Havas, société de communication du groupe Bolloré, aux campagnes victorieuses des présidents Guinéens et togolais en 2010. D’autre part, les conditions assez surprenantes dans lesquelles les concessions des ports de Conakry et de Lomé sont tombées dans l’escarcelle de Bolloré sont assez révélatrices de ce qu’il y a quelque chose de louche. Dans les deux cas, le concurrent qui avait déjà la concession a été purement et simplement viré.

En Guinée, les autorités ont carrément recouru aux forces de l’ordre pour fermer les bureaux de l’opérateur Necotrans, déjà concessionnaire pour 25 ans, et ont dans la foulée attribué le contrat à la Société Delmas-Vieljeux (SDV) devenu aujourd’hui Bolloré Africa Logistics. A lui seul, cet agissement des autorités guinéennes était suffisant pour entraîner l’ouverture d’une information judiciaire localement. Mais, quel magistrat guinéen aurait pu s’attaquer au groupe Bolloré dans une affaire impliquant le chef de l’état Alpha Condé ? C’est finalement en France que Necotrans obtiendra réparation avec le condamnation du groupe Bolloré à lui verser un peu plus de deux (2) millions d’euros à titre de dommages.

S’intéresser aux acteurs africains de ce Bollorégate

Maintenant que l’information judiciaire est ouverte en France, il est souhaitable que la justice s’intéresse aux acteurs guinéen et togolais de cette affaire. Depuis le placement en garde à vue du patron de Bolloré, des noms circulent dans certains milieux d’affaires. Et, la justice française devraient interroger ces personnalités qui comme les collaborateurs de Vincent Bolloré sont les présumés exécutants dans ce Bollorégate.

«Quand on donne des conseils au chien, il faut aussi en donner à l’os », dit un proverbe africain.

Après avoir mis en examen, le présumé corrupteur, la justice doit lorgner vers les présumés corrompus. Ceux qui, en Guinée multiplient les déclarations pour défendre le contrat passé avec le groupe Bolloré en savent certainement beaucoup sur cette affaire. La justice doit donc leur donner l’occasion de venir verser leurs parts de vérité au dossier pour sauver leur honneur et celui des gouvernements auxquelles elles appartiennent. En le faisant, ces responsables africains contribueront à la réalisation d’un enfeu plus grand encore, à savoir la lutte pour la moralisation de la vie publique sur le continent.

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Commentaires

Commentaires du site 2
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    Remocrate Il y a 4 mois

    https://youtu.be/m5ohzGaKKj0

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    Remocrate Il y a 4 mois

    Il faut que la justice française enquête sur l’octroi du projet de ferroferroviaire au groupe Bolloré par les gouvernements Yayi Boni du Bénin et Mohamed Issouffou du Niger au détriment du groupe Petrolin ayant normalement gagné l’appel d’offre international.
    Qu’est ce qui s’était passé dans cette affaire?
    Cela s’appelle aussi soupçon de corruption.