Crise sociale au Bénin : Est-ce l’enlisement ?

Crise sociale au Bénin : Est-ce l’enlisement ?

Nicéphore Dieudonné Soglo et Thomas Boni Yayi, tous deux anciens présidents de la république sont sortis de leurs réserves. Leur présence est plus audible que des mots.

Bénin : M. Le président, le mensonge des princes

Ils se sont prononcés sans détours sur tout ce qui constitue à leurs yeux des atteintes graves à notre loi fondamentale sous la gouvernance Talon. Il est vrai que la situation socio-économique est préoccupante. Ne pas l’admettre serait faire preuve de myopie politique et de sécheresse intellectuelle.

Leur implication étonne, mais pouvait-il en être autrement rien qu’à considérer les débrayages en cours dans l’enseignement, dans la maison justice et dans le secteur de la santé depuis trois longs mois ? Comment ne pas s’inquiéter du risque d’une année blanche ? Est-il admissible la mise en congés de Pâques de nos élèves alors qu’il est plus que question de mettre tout en œuvre pour sauver l’année scolaire ? Devant cette situation et tant d’autres, les simples citoyens semblent impuissants.

L’implication des anciens chefs d’Etat se comprend alors. Ce qu’il nous a été donné de voir comme parterre de personnalités politiques, activistes et têtes couronnées révèle qu’il y a problème, que le pays va mal et qu’il urge de sortir de la zone de turbulence. Les arguments avancés, expliqués et explicités lors de ses assises de Djèffa ne manquent pas de pertinence. Les griefs retenus contre la gouvernance Talon ne viennent-ils pas d’opposants avides de pouvoir ?

C’est d’emblée non si l’on n’est pas déconnecté, si l’on est dans la vérité et si une lecture objective et non-partisane est faite du drame qui se joue sous nos yeux : les déguerpies de l’espace public n’ont pas fini de s’essuyer les larmes, les limogeages pour un oui ou pour un non, les arrestations à la va-vite et les grèves dans les secteurs aussi sensibles sont logiquement brandis pour justifier la naissance de cette grande coalition. En effet, le gouvernement n’offre guère une heureuse perspective à voir sa manière de manager la crise. On se comprend sans être d’accord ; chacun campant sur sa position. Est-ce pour autant qu’il faille laisser la situation pourrir en se disant que la guerre prendra bien fin à un moment ou à un autre, faute de combattants ? Cette stratégie martiale ne permettra pas de maitriser la situation, de sortir de l’impasse. En faire cas, c’est interpeller le chef de l’Etat à se rendre maître de l’enjeu ; la crise est en train de déborder, de prendre une dimension disproportionnée. La vieille recette de grand-père est toujours, nous semble-t-il, de saison : se parler, s’écouter, se comprendre et enfin s’entendre. Le peuple au nom duquel l’on se bat ne rêve que de paix et de mieux-être.

C’est pourquoi, la naissance de cette coalition semble être une réponse à la gestion un tantinet autoritaire du pouvoir actuel. Le lieu choisi est peut-être inapproprié à première vue. La coalition en se donnant rendez-vous chez Ajavon Sébastien, le faiseur de roi de mars 2016 n’avait certainement pas le choix. Observons à ce propos les interdictions courantes des réunions publiques et des marches de protestation. Nous convenons qu’il y a meilleure tribune pour exprimer leur ras-bol par rapport à une gouvernance qui gagne en impopularité sans s’en inquiéter.

Les présidents Soglo et Yayi comme le doyen Albert Tévoèdjrê affichent ainsi leur position radicale à la gouvernance actuelle. Ces personnalités de premier plan ont décidé de quitter le rôle de médiateur qu’ils sont supposés jouer dans la république. Cet aspect de la chose dérange tous ceux qui ne sont pas dans leurs confidences. Peut-être qu’ils ont tout essayé en vain ! Maintenant il n’y a qu’à espérer le triomphe de la raison sur la passion.

Commentaires

Commentaires du site 7
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    virgile Il y a 3 mois

    Nous voyons le type de Béninois que vous êtes, vous parlez de quelle armée? qui viendra sauver quel peuple. Le peuple vous dit qu’il a un problème?
    C’est plutôt vous qui avez des problèmes d’aliénés. SOGLO, YAYI, TEVOEDJRE ces vieux qui ont arriéré le Bénin, l’autre depuis 1960, l’un à la tête de la mairie pendant 10 sans résultats, et le dernier avec 10 ans de crimes économiques et politiques ( IIC services, Dangnivo). C’est ceux là que vous jeunes appelez sauveurs. Le peuple Béninois n’a plus besoin d’eux c’est fini. c’est le cas AJAVON qui m’attriste.

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    Bla bla bla 

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    Les béninois aiment trop se faire peur.

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    OLLA OUMAR Il y a 3 mois

    à defaut d’un petit caporal soudard , le peuple descend dans la rue , article 66 de notre constitution aidant 

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    L’armée doit sauver ce peuple