Guerre au Mali : l’attaque de samedi va-t-elle accélérer le processus de paix ?

Guerre au Mali : l’attaque de samedi va-t-elle accélérer le processus de paix ?

L’assaut meurtrier de samedi dernier contre le camp mixte Minusma-Barkhane à Tombouctou, est un autre motif donné à la communauté internationale pour passer la vitesse supérieure dans le règlement de la crise malienne.

Mali : après l’attaque de Bamako, les autorités doivent revoir le plan sécuritaire

Avec l’attaque du camp de la Minusma à Aguelhok le 6 mars dernier, l’assaut de samedi dernier contre le camp de Tombouctou constitue la deuxième attaque contre les forces internationales au Mali, en moins de deux semaines.

L’attaque de samedi a causé la mort d’un casque bleu, notamment un sergent-chef de l’armée burkinabé, causant plusieurs blessés dans les rangs de la force française Barkhane et au sein des populations riveraines du camp. Pour les forces internationales, le bilan humain total de ces deux attaques s’établit à trois casques blues tués en huit (8) jours. Selon les médias, certains assaillants de ce samedi portaient des casques bleus, tandis que d’autres avaient des tenues de l’armée malienne. Ils ont d’abord tiré des roquettes et obus sur le camp de Tombouctou, avant de lancer contre le cantonnement deux véhicules piégés dont l’un était estampillé du sigle des Nations Unies.

Des assaillants de mieux en mieux préparés

La sophistication du mode opératoire employé samedi à Tombouctou, confirme les craintes d’une plus grande spécialisation des terroristes dans la maîtrise des armes lourdes, particulièrement meurtrières. En effet, une opération menée par Barkhane à la fin mars avait permis de neutraliser une trentaine de djihadistes, dont un marocain, présenté comme un formateur des terroristes au maniement des armes lourdes. Malgré la perte de plusieurs de leurs instructeurs dans les opérations des forces françaises, les djihadistes gardent toujours une grande capacité de nuisance. En plus de la guerre asymétrique dont ils sont coutumiers, ils osent désormais des attaques frontales plus classiques, signe d’une certaine confiance en leur puissance de feu.

Mais la détermination affichée par les terroristes est un autre motif d’inquiétude, car l’attaque du camp de Tombouctou a été lancée en plein jour, par des assaillants qui confirme la force française Barkhane, « n’ont pas fui les combats, mais ont résisté ».

La communauté internationale a une autre raison d’aller plus vite

L’attaque de Tombouctou survient alors que la semaine précédente, la communauté internationale a marqué sa volonté d’accélérer le règlement du dossier malien. La dernière réunion du G5 Sahel en Mauritanie, avait annoncé la création au sein de la Minusma d’une force de réaction rapide, donc plus adaptée à la lutte anti-terroriste. L’Union Africaine (U.A) considère que la mise sur pied de cette force mieux équipée et plus mobile, est une urgence parmi les actions militaires.

Sur le plan diplomatique, la communauté internationale sous la houlette de Paris multiplie depuis quelques temps les moyens de pression sur les autorités maliennes, les groupes, les responsables du mouvement de l’Azawad et les autres mouvements signataires de l’accord politique d’Alger.

Grosse pression sur les autorités de Bamako

Le président français avait interpellé son homologue malien lors de la visite que le président Ibrahim Boubakar Kéïta (IBK), avait effectuée en France il y a quelques mois. Paris qui estime que la lenteur dans la mise en œuvre de l’accord politique d’Alger est l’une des causes de la recrudescence de la violence, a entrepris ces derniers jours d’accentuer la pression. Il y a quelques jours, la France a annoncé la préparation par le Conseil de sécurité d’une liste de personnalités qui pourraient être visées par une interdiction de voyager et un gel des avoirs. Cette attaque qui a fait plusieurs blessés parmi les militaires français, est un motif supplémentaire pour Paris, afin de presser les autorités maliennes à en faire plus, face aux préparatifs de la prochaine élection présidentielle.

Les pressions de Paris ne sont pas très bien comprises à Bamako, où l’on estime plutôt que les responsables des blocages sont les terroristes qui occupent encore une partie du pays, et se déploient de plus en plus dans la région centre. Pour les autorités maliennes, la priorité est donc la reconquête de l’intégrité territoriale perdue. Du coup, Paris et Bamako ne sont pas totalement sur la même longueur d’onde en vue du règlement de la crise malienne. On est bien loin des brouilles d’antant, mais des sanctions contre des autorités maliennes pourraient entraîner quelques bisbilles dans les relations franco-maliennes.

Commentaires

Commentaires du site 2
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    Brahim Sbaai Il y a 4 mois

    Messahel s’autosuggestionne sans arriver à s’auto convaincre , ce constat commun entre tous les algeropolisariens trahit la profonde désorientation mental du regime algérien. Je ne serais pas surpris si l’ avion militaire qui a craché dernièrement en algerie transporte en plus des milices du polisario , des milices de Ansarddine , du MUJAO et de l’AQMI ,du fait que le regime algérien les invite d’une façon récurrente pour leur remettre ses ordres et des feuilles de route pour contrecarrer la stratégie des Forces de la MINUSMA ,des forces Barkhane de la France et celle du G5 Sahel .D’ailleurs Messahel se fait trahir en annonçant que AYAD AG GHALI n’est pas en algerie.

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    Brahim Sbaai Il y a 4 mois

    Je ne serais pas surpris si l’ avion militaire qui a craché dernièrement en algerie transporte en plus des milices du polisario , des milices de Ansarddine , du MUJAO et de l’AQMI ,du fait que le regime algerien les invite tout le temps pour leur remettre ses ordres et des feuilles de route pour contrecarrer la stratégie des Forces de la MINUSMA ,des forces Barkhane de la France et celle du G5 Sahel .D’ailleurs Messahel se fait trahir en annonçant que AYAD AG GHALI n’est pas en algerie.